Nettoyage des océans : où en est le projet Boyan Slat ?

Vous vous souviendrez certainement de son projet, sinon de son nom : en 2013, ce jeune Néerlandais (il a alors 19 ans) fait les unes de journaux et les plateaux TV avec une idée simple mais géniale de récupération des débris plastiques dans les océans. Après le buzz, les caméras TV étant passées à d’autres sujets, où en est Boyan ?

Rédigé par Hugo Quinton, le 28 Jun 2016, à 14 h 40 min

Un jeune étudiant à la rescousse des océans

A 21 ans à peine aujourd’hui, Boyan est déjà considéré comme l’un des meilleurs espoirs du monde pour la défense de l’environnement. Il est par ailleurs fondateur de l’association « The Ocean Cleanup ». Son projet de nettoyer les fonds marins lui est venu en 2011, lors de vacances en Grèce. Boyan Slat, alors âgé de 16 ans, fait de la plongée sous-marine lorsqu’il est attristé par le spectacle qu’il voit sous ses yeux : de nombreux déchets plastiques entassés dans les profondeurs maritimes.

A lire aussi : Le projet fou de Boyan Slat : et si dépolluer les océans en 5 ans était possible ?

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Ainsi germe l’idée de remédier à ce désastre en étudiant le problème autrement. Son idée est simple : il s’agit d’une barrière en forme de V de près de 2.000 mètres qui se chargera de collecter tous les débris ramenés grâce aux courants marins, cette barrière permettra de retenir les déchets plastiques en s’aidant des courants, sans aucune dépense d’énergie et naturellement, sans nuire à la vie sous marine. Dans un premier temps, il sera déployé au large des côtes de Tsushima, une ile située entre le Japon et la Corée du Sud.

Chaque année, ce sont 6,5 milliards de kilos de déchets plastiques qui sont déversés dans les océans et qui finissent en micro-particules ingérées par la faune marine. C’est face à ce constat que Boyan a réussi à financer son projet pour nettoyer les océans. En moins de dix ans, la moitié des déchets de l’Océan Pacifique pourrait être récupérée et exploitée. Le début de son projet pourrait prendre forme au printemps 2016.

Mis à jour de l’article, le 28 juin 2016

L’annonce a fait grand bruit dans la presse internationale, Boyan Slat, après quatre ans de recherches et de développement, a enfin dévoilé son prototype mercredi 22 juin 2016. C’est grâce à un tweet du jeune homme que l’on a pu apprendre la nouvelle :

Ce prototype pouvant supporter une charge de 80 tonnes a trouvé sa place dans la mer du nord, près des côtes néerlandaises. La barrière sera testée pendant un an et si celle-ci ne mesure que 100 mètres, le jeune inventeur souhaiterait pour 2020, une barrière allant sur 100 kilomètres de long au coeur du Pacifique.

Les bienfaits du crowdfunding

Pour réaliser ce projet, Boyan Slat a fait appel au crowdfunding, une campagne de financement participatif. A travers son association, le jeune écologiste a récolté 1,54 million d’euros, soit deux millions de dollars. Pour cela, 38.000 personnes de 160 pays différents ont répondu à son annonce.

Son travail ne fait pourtant pas l’unanimité

Le succès engendrerait-il les jalousies ? En tout cas, l’enthousiasme n’est pas partagé par tous. Patrick Deixonne, Chef de Mission de l’Expédition 7e Continent, déclare ainsi : “Après ma quatrième expédition dans les gyres, j’ai beaucoup de doutes sur l’efficacité de la méthode proposée. Oui, nettoyer les océans est une noble cause, mais cela peut être dangereux. N’oublions pas que dans les gyres, les plastiques sont sous forme microscopique, mélangés à la vie marine. Beaucoup d’énergie et d’argent seront dépensés pour un résultat quasi nul et des effets désastreux sur l’écosystème au ratio des plastiques récoltés. Les obstacles que l’on rencontre dans les gyres sont nombreux pour le genre d’opération que propose Boyan Slat. Son dispositif crée également un effet DCP (dispositif de concentration de poisson, utilisé dans la pêche hauturière) et nous savons que ce genre de chose aura un effet très négatif pour le milieu. Je ne peux ici, détailler toutes les anomalies de son système car la liste serait trop longue »…

La surmédiatisation aurait-elle causé un phénomène d’emballement, à la mesure de l’espoir suscitée par la perspective d’une solution au terrible problème du plastique dans les océans ? Patrick Deixonne a raison de rappeler que, quoi qu’il en soit, la solution « est à terre » : nettoyage, recyclage, changement des modes de consommation. ConsoGlobe ne peut qu’approuver !

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6 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faudrait bien, bien, bien plus pour dépolluer les océans. La quantité de polluant que l’on rajoute chaque jour. C’est un grain de sable au milieu d’un désert. Quand à l’emzyme, il serait dangereux pour tout écosystèmes de produire un tel emzyme car généralement ils n’ont jamais réelement fait de tests. Et qui plus est, pour être réelement éfficasse contre les déchets, il faudrait que se soit des bactéries (peut-être des eucaryote) qui le produise. En plus, on a une très grande diversité de matèriaux (même les plastiques son différent), donc fatalement, la mollécule serait holistique et non ubiquitaire. Mais si on produisait un OGM capable de produire l’emzyme, le jour ou cet organisme ateindrait son climax, ne pourrait tel pas se modifier et par exemple dégrader la céllulose? Dans se cas la elle deviendrait un pathogène. Les humains se développe plus comme un champignon que comme un virus. Mais si on regarde bien les chose, même les matèriaux recyclabe son très polluant, car avant d’être entièrement dégrader ils se dévelloperont en microparticules. la seul solution est de faire l’opposer de se que l’on fait. A savoir que tous le monde jete des déchets alors tous le monde doit se mètre à ramasser. Le problème est que l’on voit beaucoup de fetes écolo ou la plupart des gens jete quand même leur déchets pa terre, alors on ai encore loin du compte.

  2. Laissons le mener a bien son projet au moins lui en a UN….Que font tous les Etats et gouvernements et tous les autres chercheurs de la planete pendant ce temps..? Il est peut etre idealiste mais voleur je ne pense pas.. J aime son ideal et son energie

  3. J’ai lu, il y a qq temps, un article faisant état d’un autre procédé plus pertinent il me semble : une enzyme issue des algues et capable de digérer le plastic. Le chercheur cherchait du financement pour déployer sa solution qui n’en était qu’à la phase prototype en laboratoire. Cela avait le mérite de s’attaquer aux particules de plastic sans nuire à la biodiversité marine.
    Quoi qu’il en soit, il est plus qu’urgent d’adopter des comportements moins délétères envers le reste du vivant.
    L’espèce humaine, qui se développe comme un virus parasite, se donnerait plus de chance de survie si elle cessait de tuer tout ce qui vit sur le paradis qu’elle a reçu en héritage. A force de scier la branche sur laquelle elle trône, elle finira bien par se casser la gueule. Et plus le siège est haut, plus la chute est rude. A bon entendeur…

  4. Bel esprit d’initiative mais reste a savoir comment ce barrage dérivant va se comporter au milieu du trafic maritime qui lui ne s’embêtera pas de cette installation, peut-être même certains bateaux ne remarqueront pas ce barrage ! Ce jeune concepteur n’a t-il pas besoin d’autorisation pour la mise en pratique effective du barrage ?

  5. Pas mal, mais je constate que les ambitions de ce projet ont été divisées par au moins 4, voire beaucoup plus, entre votre article de 2014 où l’article mentionnait : “Un concept qui permettrait de retirer 7,25 millions de tonnes de plastique (cela pollue 71 % de la planète) des océans en 5 années seulement.”
    et celui d’aujourd’hui où je lis : “En moins de dix ans, la moitié des déchets de l’Océan Pacifique pourrait être récupérée et exploitée.”
    Aujourd’hui on ne parle déjà plus que de l’Océan Pacifique, alors demain quand le prototype sera créé, peut-être s’apercevra-t-on qu’il a coûté plus en énergie, en CO2, en MP que ce qu’il aura permit de nettoyer !
    Je pense que le véritable sujet journalistique, c’est Boyan Slat lui-même. Ce serait en effet une bonne information pour nous lecteurs de savoir qui il est, quelles sont ses compétences réelles dans la dépollution etc.
    Peut-être n’est-il qu’un des nombreux aventuriers de ce début de siècle, beau parleur comme un VRP, sachant animer des show TEDex pour pouvoir surfer sur les ailes de la renommée médiatique, récolter des fonds, lancer un ou des projets qui après dix années de “brassage” se révéleront être un éléphant accouchant d’une souris !?
    Ce que nous, pauvres citoyens apeurés par le battage et la résonance médiatique, entretenue par notre sacro-saint “système (démocratique?)” pouvons être naïfs…
    Sachons raison garder : le plus simple dans cette histoire de pollution des océans serait d’éduquer ceux qui ne savent pas, ceux qui jettent et qui polluent encore et en commençant par les enfants (encore faudrait-il qu’ils soient tous scolarisés!). Là serait à mon sens le seul “vrai” projet à soutenir. Mais pourquoi faje vous l’accorde du point de vue sociétal “médiocratique” il est plus valorisant de parler, voire de soutenir de tels projets un peu fumeux tels que cette usine à cash de ocean cleanup !

    • … je termine de façon plus claire (la fin est partie trop vite)

      Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer : je vous l’accorde du point de vue sociétal « médiocratique » il est plus valorisant de parler, voire de soutenir de tels projets un peu fumeux tels que cette usine à cash de ocean cleanup !

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