Dentifrice, déodorant… enfin débarassés des microplastiques ?

Rédigé par Alan, le 3 Apr 2015, à 11 h 57 min

Les microbilles et microplastiques de moins de 0,1mm de diamètre, utilisés dans les produits cosmétiques les plus courants – dentifrice, déodorant, eye-liner, masque de gommage… – constituent une menace pour les océans, et votre santé. Vous pouvez toutefois les éviter, certaines marques se sont engagées pour les éliminer de leurs produits en 2015. Vous pouvez donc maintenant les éviter. Suivez le guide…

Les microplastiques finissent dans les océans…

Vous vous en êtes toujours doutés : les océans sont peuplés de monstres. Seulement il y a une nuance : pas les animaux au physique étrange des fantasmes de Jules Verne, mais des éléments indésirables introduits par l’homme. Vous allez vite comprendre. Prenons cette photo :

contre les microplastiques plastique cosmétiques océans

Êtes-vous capable de distinguer le sable des minuscules morceaux de plastique présents ? Non ? Eh bien, les poissons non plus.

Que du plastique se retrouve dans l’océan n’est hélas pas une nouveauté. Le problème est qu’une nouvelle génération de déchets plastiques ressemble à la photo ci-dessous, ce qui, mettez-vous à la place d’un poisson, ressemble beaucoup à des oeufs d’un autre poisson… Pas étonnant si les Anglosaxons appellent les microbilles les « larmes de sirène » :

 

Du fait de leur très petite taille et extrême flottabilité, elles échappent aux traitements des eaux usées. Les systèmes de filtrage n’étant pas adaptés, elles sont aujourd’hui très nombreuses dans l’océan, jusqu’à dépasser les quantités de plancton, et sont considérées comme de la nourriture parmi les animaux marins une fois dans l’eau.

… et commencent dans nos cosmétiques et produits ménagers

Les microbilles de plastique sont, plus exactement, de petites billes de polyéthylène. On les trouve essentiellement dans les produits suivants, pour leur donner, prétendument, douceur, fluidité, ou effet gommant.

microplastiques de Cospheric

microplastiques de Cospheric

Visitez le site de la société Cospheric (cospheric.com), qui en fabrique une large gamme, et vous constaterez l’omniprésence de ces produits :

  • La plupart de ces microbilles de plastique sont en réalité issues de crèmes pour les mains, parmi les fameux nettoyants hydroalcooliques, de nettoyants pour le visage, et autres gommages. Un flacon de 200 ml de cosmétique peut contenir jusqu’à 21 grammes de micro-plastique !
  • Dans les dentifrices, les microbilles sont prétendues aider à enlever les taches sur les dents.
  • Dans les crèmes anti-rides, les billes pouvant être colorées et couvrir la peau.
  • Vous en trouvez également dans les produits ménagers, dont elles peuvent constituer jusqu’à 10 % du volume.
  • Les panneaux réfléchissants et, bientôt, le papier électronique.
  • Dans les peintures, les adhésifs, certaines encres

2015 : année de la fin des microplastiques par les grandes marques ?

microplastiques-plastique-cosmetiques-02

La pression des ONGs – Plastic Soup Foundation, Greenpeace, Surfrider, Marine Conservation Society, Seas at Risk, et d’autres – a payé. Décembre 2012, Unilever annonce qu’elle arrêtera d’utiliser des microbilles de plastique dans ses produits cosmétiques « d’ici à 2015 ». Idem pour Body Shop. Puis Beiersdorf et Colgate-Palmolive lui ont emboîté le pas. Procter & Gamble a fait savoir que ses produits seraient exempts de microbilles « au plus tôt en 2017 ».

De même, en 2014, Johnson & Johnson indiquait espérer terminer la première phase de changement de formule d’environ la moitié de ses produits « d’ici fin 2015 ». Idem pour Target, le grand distributeur américain. Pour le très vendu dentifrice Oral-B, l’échéance est fixée à mars 2016.

L’Oréal s’y est résigné de mauvaise grâce pour fin 2017, tout en faisant bien valoir « qu’il [n’était] pas été démontré que les microbilles soient nocives pour l’environnement. » Comme quoi vos attentes en tant que consommateurs peuvent l’emporter sur les réticences économiques des plus puissants…

microplastiques-plastique-cosmetiques

Toutefois, vous l’aurez constaté plus haut, la liste des applications est très longue pour lesquelles la pression publique est faible, voire absente. Pas d’engagement de fait de ce côté-là. Vous devez donc vous-mêmes trouver les solutions contre les microplastiques.

Lire page suivante :
5 conseils pour lutter contre les microplastiques au quotidien

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Ayant parmi ses passions la musique, la photographie, et les différentes cultures du monde, Alan est journaliste, webmestre et photographe, principalement...

10 commentaires Donnez votre avis
  1. je sais le niveau de pollution mais ce qui est encore plus grave est qu’elles participent activement à l’acidité de plus en plus accrue de nos océans avec tous les phénomènes écologiques envisagés.
    Nous n’avons dans notre société de consommation actuelle que la possibilité de les éliminer.
    Nous possédons effectivement des robots pour ce faire mais à l’approche des failles celles ci sont inopérantes…
    Une solution s’offre à nous par l’introduction de l’algue Chlorella vulgaris (voir ses propriétés environnementales)mais nous redoutons vu son fort pouvoir de reproduction une prolifération de celle ci qui pourrait par la suite modifier les chaines alimentaires dans les océans.

    Un autre problème s’est greffé: l’élimination de ces dernières en zone continentale.

    le coût de cette élimination doit il engendré une écotaxe supplémentaire dans le système financier international puisque cette dépollution ne peut se faire en grande partie que par les entreprises du privé?
    Ne faut il pas sans alarmer à outrance faire prendre conscience à l’opinion publique du danger que cette pollution engendre au niveau sanitaire?
    le problème de cette dépollution est majeur à l’approche des failles sismiques océanes mais reste entier quant au risque de prolifération de cette algue…

  2. il faut obliger les fabricants à compléter les étiquettes, marquer tout ce qui est nocif pour la santé et la planète
    Mais voilà tout est question de gros sous

  3. visiblement, ça ne concerne pas que les gommages mais aussi les gels douches, shampooings, dentifrices, etc.
    J’achète des produits labellisés Nature & Progrès, ou Cosmebio, etc. : est-ce que ça suffit ?? on voit souvent écrit “sans pétrochimie”, mais sont-ils obligés de le marqué si c’est des nano-particules ?
    Ecrire aux fabriquants pour leur demander si leur produit en contient me semble autrement une bonne solution en cas de doute. Et appuyer une législation qui impose aux fabriquant d’indiquer les nanoparticules ajoutées à leurs produits…

  4. pareil pour ma femme, elle utilise le marc de café. sinon, pour 11 euros le sac de 35 kilo de chez sibelco, vous avez du corindon, c’est un produit abrasif issue des résidus de combustion , c’est complètement neutre et c’est utilisé pour le sablage des pièces mécaniques.

    les vrais écolos sont les politiciens actuellement montrés du doigt comme étant des fachos et des nationalistes !!!!

    seules les productions locales, régionales et nationales sont respectueuses de l’environnement….

    consommons sain, consommons français, défendons nos entreprises de taille humaine face aux multinationales qui alimentent les comptes suisses de nos politiques verreux !!!!

    votons français !!!!

  5. Eh oui, pour ceux qui ne le savent pas encore, nous vivons au sein d’un circuit fermé.
    Ceci dit, cela n’empêche pas ceux qui le savent pertinemment, les chercheurs et les scientifiques engagés par les labos des multinationales de faire pleins de conneries voire de se suicider… (à long terme bien sûr !)
    Comme quoi la connerie n’est pas toujours l’apanage de ceux auxquels on penserait en premier lieu ! On le sait d’ailleurs depuis longtemps : “la BETISE est humaine”…malheureusement pour nous !
    Les moins “cons” n’achèteront pas ces produits (c’est le seul pouvoir qu’il nous reste).

  6. Personnellement je n’utilise pas de produit de gommage, je regarde toujours la composition des produits. Par contre quand je veux des produits de beauté j’achète plutôt dans les magasins diététiques. Il faut que le gouvernement ouvre les yeux avant qu’il ne soit trop tard.

  7. Cosmétiques : peut-on éviter les micro-plastiques dans les océans ?
    Peut-être tout simplement en élaborant des produits sans chimie de synthèse.

  8. Perso je n’ai jamais utilisé de produit de gommage, et je ne m’en porte pas plus mal. Mais on peut utiliser un gant de crin, et les particules de la peau humaine, biodégradables, sont une bonne nourriture pour les micro organismes

  9. pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour pousser un coup de gueule??
    pourquoi ne pas l’interdit,on produit des dechets qui polluent,qui tuent,qui asphixient nos mers,et on laisse faire
    certaines marques,n’utilisent absolument pas de billes polystene,ni autre chose
    refuser quand apparait des boites avec les billes

  10. Abandonner ad vitam eternam la bouteille plastique jetable, adopter une gourde en inox et opter pour le marc de café pour les gommages de peau ! C simplissime et en plus économique!

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