Notre-dame-des-Landes : Royal veut « arrêter les frais »

Nouveau virage dans le débat autour de l’éventuel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Hier, la ministre de l’environnement a plaidé pour l’abandon du projet.

Rédigé par Maylis Choné, le 17 Oct 2016, à 9 h 32 min

Dans les colonnes du Journal Du Dimanche, Ségolène Royal estime qu’il faut « arrêter les frais ». Rappelons que les riverains appelés à se prononcer dans un référendum au mois de juin ont voté en faveur de la poursuite du projet et le début des travaux. Et par conséquent, Manuel Valls avait assuré, mardi dernier, l’évacuation de la ZAD à l’automne, et ce malgré les fortes mobilisations sur place. Le débat n’était-il pas clos ?

La fin du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?

Suite aux propos de Ségolène Royal, l’Organisation Des Ailes pour l’Ouest a réagi dans un tweet : « les habitants de la Loire-Atlantique ont été 260.000 à dire oui à NDDL », et dénonce un « déni de démocratie ».

Une question de priorité et de finances

La perspective d’affrontements lors de l’évacuation a en parti motivé Ségolène Royal à se prononcer contre l’aéroport, car « Imaginons seulement qu’il y ait mort d’homme, parmi les forces de l’ordre ou du côté des manifestants. Ce serait gravissime ! », prévient encore la ministre, rappelant le décès de Rémi Fraisse lors d’un affrontement avec des gendarmes sur le chantier du barrage de Sivens (Tarn) en octobre 2014.

NDDL, aéoport Grand Ouest, Ségolène Royale

Les barricades à NDDL sont toujoutrs dressées © Non à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (CC BY 2.0)


Elle se questionne également sur les priorités actuelles de l’État sur un chantier coûtant entre 800 millions et 1 milliard d’euros, et dont l’utilité est remise en cause par des experts indépendants : « Aujourd’hui, un tel projet, qui remonte à des années, mal engagé, ne serait pas autorisé. » Sur ce plan, elle est largement soutenu par Julien Bayou, porte parole d’EELV, qui a déclaré dans la foulée sur le plateau de l’émission « Dimanche en politique » : « On a des forces de police épuisées, sur les nerfs, qui ont cumulé des journées harassantes vis-à-vis du terrorisme et des manifestations pour surveiller l’ordre public. Les envoyer dans le bocage nantais uniquement pour les profits de Vinci, c’est clairement pas la priorité. »

Travaux ou pas, ces nouvelles déclarations viennent exacerber les divisions de la majorité à quelques mois des élections présidentielles.

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3 commentaires Donnez votre avis
  1. Et je parle pas des dégâts écologiques de la construction de cet aéroport inutile pour les hommes, dangereux pour la nature. On a plus besoin de terres agricoles que d’aéroports.
    On s’étonne des inondations de plus en plus graves, ce n’est pas seulement en raison du changement climatique, le bétonnage de la France en est largement responsable. Toute l’eau qui coule sur du ciment finit par se précipiter avec force sur nos routes, ruisseaux et rivières les transformant en dangers publics causant la mort et la ruine des riverains.

  2. Nous avons en France beaucoup d’infrastructures surdimensionnées, reflet de la corruption et de la mégalomanie de quelques élus et autres ministres qui croient que l’argent public est là pour servir leurs intérêts. Il n’y a aucun besoin d’un second aéroport dans cette region!
    Ségolène Royal est honnête dans cette affaire et connaît bien les besoins de cette region. J’espère que le bon sens triomphera, mais ce n’est pas gagné!

  3. Développer des micro fermes à proximité des grandes villes : c’est ce que proposent les Zadistes de Notre Dame des Landes, au lieu d’implanter un méga aéroport qui détruirait plus de 1.200 ha de zones humides protégeant cette région des inondations et des sécheresses, alors que l’aéroport actuel de Nantes est loin d’être saturé puisqu’il a la superficie de celui de Genève avec trois fois moins de trafic ! Ne laissons pas les politiques nous imposer leur mégalomanie. Souvenez-vous de la construction de bureaux à outrance de l’ère Chirac à Paris aboutissant à une pénurie de logements alors que de nombreux bureaux sont inoccupés. ? L’opinion publique doit dénoncer ces scandales écologiques, financiers, sociaux pour contrer les intérêts des lobbies qui dirigent nos politiques.

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