Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons le muscardin

Le muscardin est présent dans nos forêts ou, pour être plus exact, à la lisière de nos forêts. Mais qui d’entre nous connait vraiment ce petit rouquin étonnant ? Mignon, il faut bien l’admettre, il fait pourtant face à plusieurs menaces…

Rédigé par Julien Hoffmann, le 15 Jan 2021, à 17 h 25 min
Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons le muscardin
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Le muscardin (Muscardinus avellanarius) est un micro-mammifère présent sur près de 80 % du territoire français. Il évolue dans nos forêts, sans pour autant être particulièrement connu. Partons ensemble à la découverte de ce petit animal bien de chez nous qui mérite un peu de notre attention.

Le muscardin, un petit rongeur nocturne et farouche

Amateur de forêt et de lisière forestière épaisse donc, le muscardin apprécie les ronciers et autres végétations abondantes au sol. C’est d’ailleurs dans ces endroits-là que vous aurez le plus de chance d’observer ces membres de notre biodiversité ordinaire (bonne chance) !

Relativement petit, du haut de ses 6 à 9 cm, sa queue en mesure autant. Pouvant vivre jusqu’à 4 ans s’il n’est pas croqué au passage par un de ses prédateurs (la martre des pins ou la chouette de Tengmalm), le muscardin hiberne d’octobre à avril.

Malgré ses 40 g (maximum !), le muscardin peut avoir deux portées par an, de juin à août, selon les années et la disponibilité en nourriture des lieux.

Les particularités du muscardin

Le muscardin est un petit animal nocturne qui n’attend guère longtemps après que la nuit soit tombée pour sortir de sa cachette et aller chercher de la nourriture.

Sa cachette justement, parlons-en… Son nid doit se situer à une hauteur comprise entre 1 m et 5 m. Il va y passer sa vie, ses hivers mais aussi s’y reproduire.
Sa queue lui servant de balancier pour sauter, il peut facilement occuper des trous dans les arbres, des buissons, une anfractuosité dans une écorce épaisse ou même une souche pour se réfugier.

À table petit muscardin ! © slowmotiongli

Statut de protection de l’espèce

Classé en « Préoccupation mineure » en France par l’UICN (Union Internationale de la Conservation de la Nature), le muscardin est classé en Annexe 3 de la convention de Berne qui régit strictement les notions de commercialisation ainsi qu’en Annexe 4 de la Directive Faune-Flore-Habitat de l’Union Européenne qui rend l’espèce strictement protégée.

Les menaces qui planent sur le muscardin

La disparition de son milieu naturel

… Ou plutôt la modification de son milieu naturel due à l’exploitation forestière. C’est là la première et la plus flagrante menace qui pèse sur le muscardin à la fois à travers un trop grand entretien de la forêt (disparition des ronciers, enlèvement du bois mort, etc.) et aussi à cause de la plantation de forêts de résineux, alors qu’il apprécie les feuillus.

La fragmentation de ses milieux de vie

Le muscardin a également besoin de ce que l’on appelle des continuités écologiques, c’est-à-dire la capacité à se déplacer sur d’autres lieux pour assurer un brassage génétique de l’espèce.

Actuellement les milieux sont de plus en plus entre-coupés que ce soit par des parcelles agricoles ou par des infrastructures notamment de déplacement (routes, autoroutes…).

Le réchauffement climatique

La chose est encore peu étudiée, mais le muscardin est sensible autant aux hivers trop rudes qu’à ceux qui sont trop doux. En effet quand les hivers sont chauds comme tous les animaux qui hibernent, il a tendance à se réveiller plus souvent de son hibernation. Or, se « réveiller » pour se rendormir ensuite est quelque chose qui demande énormément d’énergie.

Le manque de neige augmenterait également grandement sa mortalité par prédation car tous les animaux qui s’en nourrissent le trouveraient plus facilement, quand il n’est pas dissimulé par la neige.

Comment aider les muscardins ?

Le muscardin a besoin d’habitats favorables alors si vous habitez près d’une forêt, essayez de laisser pousser un roncier dans un endroit de votre jardin ou de votre verger qui ne vous dérange pas.

Facilement reconnaissable à sa couleur dorée, le muscardin est aussi un petit curieux © Miroslav Hlavko

Vous pouvez également, si vous avez une haie (pas une haie de thuyas, cela ne sert à rien) y placer un nichoir en bois avec l’ouverture collée contre un tronc pour qu’il puisse s’y faufiler en s’y sentant en sécurité.

Enfin, si vous n’avez pas de haies alors que vous êtes proche d’une lisière forestière qui pourrait accueillir des muscardins, vous pouvez vous lancer dans l’aventure de plantation en visant des essences locales et diversifiées qui pourront alors l’accueillir… À défaut, votre haie servira sans aucun doute à d’autres animaux !

Illustration bannière : Couple de muscardin deviendra bientôt famille ! © slowmotiongli
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