Le Tour de France, en vélo ou en bus ?

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le Tour de France n’est pas qu’une course cycliste : de nombreux transferts véhiculés sont également au programme.

Rédigé par Anton Kunin, le 15 Jul 2017, à 12 h 45 min

Si le vélo est l’essence du Tour de France, le bus, le TGV et même l’avion s’invitent également dans la course cycliste. Ces dernières années, ces transferts prennent de plus en plus d’importance.

2015, l’année record en terme de transferts pour le Tour de France

Au Tour de France, 2015 est entrée dans l’histoire comme une année record : non pas en matière de médailles, mais en matière de kilomètres parcourus en bus et en avion. Cette année-là, les coureurs ont parcouru 3.360 kilomètres à vélo pour 4.018 kilomètres à bord d’un autre moyen de transport. Autrement dit, pour un kilomètre de vélo, il y a eu 0,83 kilomètre de transfert. Lorient-Pau en avion (807 kilomètres), Grenoble-Paris en avion (640 kilomètres)…

le tour de france

Le convoi des vélos lors du Tour de France © kovop58

L’édition 2017 ne battra pas ce record certes, mais elle s’en approche largement : 3.627 kilomètres seront parcourus à bord d’un moyen de transport. Les éditions 2013 (3.653 kilomètres de transfert), 2004 (3.509 kilomètres), 2005 (3.474 kilomètres) ou encore 2014 (3.220 kilomètres) n’ont pas été radicalement différentes sur ce point.

Le Tour de France 2017, c’est 3.627 kilomètres de transferts contre 74 kilomètres en 1967

Cette tendance à multiplier les transferts est récente. L’édition 1980 a été la première où les coureurs ont parcouru plus de 2.643 kilomètres à bord d’un moyen de transport. La décennie précédente avait commencé avec seulement 664 kilomètres de transferts et en 1960, la Grande Boucle ne comptait que 273 kilomètres de bus. Et la toute première édition en 1906 ? Sans surprise, c’est elle qui décroche la palme de l’édition où le recours au bus a été le moins conséquent : 69 kilomètres seulement pour un parcours en vélo de… 4.505 kilomètres !

L’année 2015 détient également le record du parcours le plus long en avion : 1.724 kilomètres. L’édition 2017 n’a pas vu ce chiffre baisser beaucoup : 1.569 kilomètres, soit seulement 9 % de moins. Quand on sait qu’un Boeing 737 consomme 10 litres de carburant par kilomètre, un vol de 1.569 kilomètres nécessite donc 15.690 litres de carburant… Sans compter les consommations particulièrement importantes au moment du décollage. Côté émissions, cela correspond à 4.863 kilos de CO2 rejetés dans l’atmosphère.

Tour de France : des parcours de plus en plus longs, mais de moins en moins faits à vélo

L’objectif de ces transferts est d’épargner aux coureurs les étapes les moins adaptées au parcours en vélo, mais surtout de leur faire parcourir la distance la plus élevée possible, tous moyens de locomotion confondus. L’édition 2017 a ainsi débuté en Allemagne, en passant par la Belgique et le Luxembourg, avant d’arriver sur le sol français. Et cela, avec transfert d’est en ouest (Chambéry à Périgueux), puis du sud au nord (Marseille à Montgeron, en région parisienne) en avion.

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Le parcours du ©Tour de France 2017

Ajoutons à cela qu’aujourd’hui, la ville d’arrivée n’est plus la ville de départ le lendemain. Et bien souvent, l’hôtel où dorment les coureurs ne se trouve ni dans la ville d’arrivée, ni dans celle de départ. Faute d’infrastructures hôtelières adéquates sur tout le territoire, les coureurs sont donc obligés de prendre le bus… Pour mieux reprendre leurs vélos le lendemain matin.

Illustration bannière : Le Tour de France – © Guaxinim
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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