Bonne résolution : je vais au travail à vélo

Aller au travail à vélo est bon pour la productivité mais aussi pour la santé et l’environnement.

Rédigé par Stephen Boucher, le 29 Aug 2016, à 18 h 25 min

On les appelait les hirondelles : la cape au vent, chevauchant leurs vélos éponymes, les policiers de l’époque d’Arsène Lupin fusaient dans leur costume noir à travers les rues pour attraper voleurs et autres brigands. Aujourd’hui, tels des rebelles urbains, les cyclistes de ville sembleraient plutôt être ceux qui sont hors-la-loi. Filant entre les voitures tels des marginaux indésirables, toisés du regard par les automobilistes énervés de voir ces radicaux libres leur filer entre les files, les professionnels qui choisissent d’aller au travail à vélo sont pourtant plus rapides, plus en forme, plus à l’heure. Bref, plus pros. Et si, pour faire un geste pour la planète et le climat en amont de la COP21, vous aussi rejoignez le rang de ceux qui roulent entre les lignes, sinon de l’histoire, en tout cas de la circulation.

C’est prouvé : aller au travail à vélo est un gage de productivité

Les études le montrent : rouler à vélo en ville permet de gagner du temps. Dixit la très officielle ADEME :

  • Un vélo roule en moyenne à une vitesse de 15 km/h, contre 14 km/h pour une voiture ! Sachant que la moitié des trajets en milieu urbain sont inférieurs à 3 km, le vélo est de loin le mode de déplacement le plus rapide en zone urbaine dense sur ces distances, devant la voiture (et pensez au temps pour se garer) et les transports en commun.

Saviez-vous que le vélo est le moyen de transport le plus rapide en ville ? Dès que la distance à parcourir est comprise entre 1 et 5 km, le vélo est imbattable.

  • La moitié des déplacements intra-urbains sont inférieurs à 3 km.
  • Dans cette configuration, le vélo est le moyen de transport le plus rapide : 1/4 d’heure.
  • Comparaison vitesse moyenne vélo-auto en ville : 15km/h contre 14 km/h.

Autrement dit, si vous vivez et travaillez dans la même ville, il n’y a pas photo. Finis les embouteillages et les énervements dès le matin.

voitures-embouteillage-velo-ville

Autre point sur lequel on gagne du temps : le stationnement ! Là encore, plus besoin de chercher une place pendant 1/4h ou de se garer à des kilomètres du bureau. Le vélo s’attache au pied de l’immeuble et en un claquement de doigts, vous êtes frais et dispo pour commencer votre journée de labeur.

Vous comptabiliserez donc de précieuses minutes gagnées, et autant d’économies à la clé.

Comparatif vélo / auto

Faisons un rapide calcul en comparant deux mêmes trajets domicile/travail, l’un en voiture, l’autre à vélo(1). Avec un bureau situé à 3 km du domicile :

  • En voiture, je dépenserai 621 euros sur l’année, dégagerai 388,86 kg équivalent CO2 et consommerai 151,95 litres équivalent pétrole.
  • À vélo, il ne m’en coûtera que 63 euros sur l’année et je ne produirai aucun gaz à effet de serre ni ne consommerai d’énergie.

Au point de vue santé, il est évident que le quart d’heure ou les 20 minutes à pédaler chaque matin et chaque soir ont un impact très positif. Beaucoup se plaignent du manque de temps pour pratiquer un sport. L’activité physique régulière permise par le trajet quotidien à vélo est bien plus salutaire que les 3h de sports mensuels pour « rattraper le coup » !

C’est aussi prouvé : rouler à vélo préserve des maladies vasculaires et cérébrales, réduit les risques de cancer de 15 à 40 %, mais aussi de diabète et des maladies coronariennes. Qui plus est, se mettre au vélo permet de perdre 6 kg en moyenne dès la première année d’usage régulier !

velo-travail-subventionEt vous serez surpris : ce sont les cyclistes qui respirent le moins de polluants dans les rues citadines. Moins que les automobilistes enfermés dans l’habitacle de leur véhicule. Moins que les piétons. Les raisons de ce miracle ? Contrairement aux idées reçues, le cycliste est moins exposé que l’automobiliste à la pollution de l’air, même avec un taux d’inhalation plus élevé du fait de l’exercice. La pollution se concentre au ras du sol, or les cyclistes sont au-dessus des voitures.

Le vélo en ville procure des avantages individuels bien sûr mais aussi collectifs.

On n’y pense pas forcément de prime abord, pourtant, le fait d’utiliser davantage le vélo que la voiture entraîne une plus grande longévité des infrastructures. En effet, elles sont beaucoup moins sollicitées par les cycles par rapport aux modes de transports motorisés.

Les espaces s’en trouvent moins saturés puisque les cycles ne nécessitent que peu d’espace pour le stationnement et le déplacement. Également, le commerce en ville est dynamisé. Il est plutôt facile de faire un crochet sur le chemin du retour pour faire ses courses à vélo chez le commerçant du coin.

Enfin, autre avantage et pas des moindres, l’indemnité kilométrique vélo (IKV) inscrite dans la loi relative de transition énergétique rentre en vigueur. En effet, les salariés qui se rendent au travail à vélo percevront une compensation plus ou moins élevée selon le nombre de kilomètres parcourus. Et permettra aux entreprises de réduire leurs impôts. Cette compensation financière similaire à celle existant en Belgique depuis 1999, entre dans le cadre de la lutte contre le changement climatique de la loi de transition énergétique.

Et se rendre au travail à vélo n’est pas dangereux : les chiffres

ban-velo-a-assistance-electrique-emmanuel-berthier_referenceHalte aux idées reçues : si rouler entre les files de voitures est, hélas, impressionnant et pas rassurant pour les néophytes, rassurez-vous, le vélo est aussi le mode de transport le moins exposé aux accidents. Les cyclistes représentent 4,5 % des tués sur la route, alors que 13,4 % sont des piétons, 23,1 % sont des usagers des deux-roues, et la moitié restante sont des automobilistes.

Et vous n’êtes pas seul : deux millions d’urbains français utilisent régulièrement leur vélo pour aller travailler. Le sentiment d’insécurité est le premier frein à l’utilisation du vélo, mais plus nous serons nombreux à vélo, moins le vélo sera dangereux !

Vous pensez ne pas avoir l’âge. Pensez VAE : avec une autonomie de 20 à 100 km, le Vélo à Assistance Électrique est une solution bien adaptée aux reliefs et aux distances plus longues, notamment à la campagne. Et si vous ne voulez pas acheter un vélo électrique en plus de votre vélo existant, des solutions innovantes existent, telle la Rool’In, la roue qui combine un moteur électrique.

Aller au travail à vélo : l’un des gestes les plus efficaces pour le climat

C’est simple, si tous les Européens enfourchaient leur vélo comme les Danois, nous aurions déjà rempli un quart de nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports. Faire 10 km de vélo par jour au lieu de prendre sa voiture permet d’économiser 700 kg de CO2 en un an.

Dans la panoplie de l’écomobilité, il ne reste plus qu’à faire son choix. Vélo classique ou électrique, vélo pliant, trottinette… À chaque besoin sa solution deux roues ! Bref, plus d’excuse. L’avenir est au vélo. Back to the future, back on your bikes !

Références :
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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

17 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour le monde.

    Vous aviez un projet qui demande de financement ou une situation d’urgence comme rentrée scolaire, mariage, facture, voyage, location, divorce ou funérailles qui demandent de financement.
    Contacter moi à mon courrier électronique : francine-bordeaux@outlook.fr
    Mon prêt est entre particulier pour un taux d’intérêt de 2 à 2.8% et le financement de 500 à 25.000 Euros.

  2. Mon défit COP21 ?

    Je me suis acheté une voiture… Presque de 2 tonnes, V12 6.0L, un peu plus de 400 Cv, un solide appétit, des accélérations souveraines et un confort au top…!
    A chaque fois que je vois un type en vélo quand il pleut, quand il fait froid, quand il fait chaud, je suis mort de rire !!!

    Et vous savez quoi ? Si je prend tout en compte, cette caisse que j’ai acheté il y a 7 ans me revient moins cher que les Clio, Mégane et Golf de mes potes… Puisque aucune de leur bagnoles, pourtant plus récentes, achetées plus cher et moins kilométrées n’ont survécu… Toute ont fini à la casse. La mienne roule toujours parfaitement.

    Il parait que consommer durable c’est bien… Moi je compte garder cette voiture encore au moins 10 ans… Elle aura alors plus de 750 000 Km (il parait qu’on peut dépasser le million de Km avec ces moteurs, on va voir)!

    Merde, je crois que j’ai fait un truc écolo…
    Bon allez, prmis. L’année prochaine, je m’achète une Clio et dans 5 /7 ans je la fait détruire (prime à la casse quelconque) pour m’en racheter une autre. Comme ça, ça compensera…!!!

  3. Bonjour,

    Pour ce qui est de l’indemnité kilométrique; l’employeur est-il obligé de la payer à l’employé qui vient à vélo? Je travaille dans une collectivité et on ne m’a jamais parlé d’indemnité kilométrique.
    De plus, vous dites que cette indemnité « rentre en vigueur »: à partir de quand?

  4. le vélo a toujours exsiter et devient de plus en plus dangereux dans les villes ou il n’ y à pas d’aménagement pour que ce qui ne ce sont jamais fais couper la route ou dangereusement frôlé par des chauffards lève le doigt car c’est un menteur ou il n’a vraiment aucune mémoire , non pour cette raison mais entre mon boulot et le divers je fais tous les jours une moyenne de 10 kms par jours c’est fou ce que l’on peut user par an comme chaussure 🙂 en chine vélo ou pas il ont tous des masques ici en France a taux différent mais la pollution est aussi dans l’air

    • eh t’as écrit ça à vélo sans respirer ? on dirait une rafale :>))

    • Bon, c’est vrai que l’on est parfois en apnée en ville, mais respire un coup François de temps en temps !
      😉

  5. J’adhère à ce quyi est écrit dans l’article même si je le trouve incomplet.
    J’ai commencé à aller au travail à vélo le 7 novembre 2011. Ce qui va faire un an dans 2 semaines. Il y a 17 km à parcourir matin et soir. Sur mon lieu de travail, s’il n’y avait pas un local pour y mettre mon vélo et des douches, je continuerai à y aller en voiture.
    J’ai mis mon compteur kilométrique à zéro le 1er janvier. J’en suis à 4702 km aujourd’hui. En s’appuyant sur les chiffres de l’article 621 km/an divisé par 3 km * 2 (aller et retour) * 210 jours travaillés. Le coût du km est de 0,49 €. Mon vélo qui a couté 1700 € est déjà amorti.
    A guillaume qui dit « Sinon, comment le vélo peut-il couter 63 € par an. C’est plutôt proche de 0, non ? », le coût est faible mais il n’est pas proche de zéro. J’ai acheté une paire de pneus et plusieurs chambre à air. De plus, je me suis équipé pour améliorer la sécurité:
    – clignotants Reelight à l’avant et à l’arrière
    – phare sur le guidon
    – gilet jaune
    – sur-sac jaune avec 1 bande réfléchissante
    – pantalon imperméable avec bandes réfléchissantes
    – lampe frontale qui éclaire à l’avant et clignote à l’arrière
    – gants pour l’hiver et pour l’été
    J’envisage de faire d’autres frais cet hiver. Peut-être vais-je attendre Noël?
    Enfin, dans l’article on ne parle que de déplacements urbains. Ce qui n’est pas mon cas. Pour faire le trajet, c’est 15 à 20 mn en voiture et 40 à 45 mn à vélo sans compter la douche. Par contre, d’un point de vue sportif mes jambes vont bien.
    Gérard

    • Bravo ! 300h de vélo contre 120h de voiture par an, la différence de coût parle d’elle même
      Vous posez bien le problème de pouvor se changer à destination, à vélo on sue ou on a froid facilement et il faut de très bons vêtements imperméables et respirants.
      J’aurais assez peur de me faire voler un vélo à 1700€. J’utilise en ville et campagne proche un vélo assez bas de gamme acheté 200€ il y a 6 ans, le prochain sera plus performant mais d’occasion, en cherchant bien dans les associations c’est possible, au moins pour un retraité qui a du temps libre. Mes jambes ne vont pas mal non plus, et ce n’est pas moi qui le dit.
      Quand à la sécurité, il faut être conscient que les conducteurs d’engins à moteur nous voient mal, surtout à la nuit tombante, je fais très attention et je roule systématiquement sur les trottoirs quand la rue me paraît dangereuse sans voie cycliste; ça me coûte des roues voilées, tant pis, avec la maréchaussée il suffit de rouler lentement et leur parler gentiment.

    • Excellent Gérard ! Bravo !

  6. Pour tout savoir sur le vélo comme mode de déplacement, aller sur actuvelo.fr !

  7. Plus la population cycliste augmente, plus le risque d’accident diminue. Dans les villes où les automobilistes sont habitués au vélo (Grenoble, …) tout est plus simple. Il faut juste apprendre à se faire respecter.

    Sinon, comment le vélo peut-il couter 63 € par an. C’est plutôt proche de 0, non ?

    • Je crois qu’on prend en compte le prix d’achat d’un vélo amorti sur plusieurs années + son entretien (Tout le monde n’achète pas en occasion ni ne fait son entretien cycle lui-même).

  8. Faire du vélo à Paris, alors qu’il y a peu de pistes cyclables, et dans ce peu la plupart sont à partager avec les autobus et les taxis (cf Bd de Sébastopol par ex), c’est extrêmement risqué et on ne parle pas assez des accidents. Une preuve s’il en était besoin: le nombre important de cyclistes circulant sur les trottoirs, enlevant ainsi aux piétons le peu d’espace dont ils disposent.
    Il y a plus de vélos, plus de motos, mais toujours autant de voitures et toujours autant de monde dans le métro… Vous expliquez ça comment vous?

    • Sibela,

      Vous confondez ressenti et réalité, faire du vélo à Paris est très peu dangereux.
      //transports.blog.lemonde.fr/2012/10/12/un-cycliste-tue-a-paris-un-seul-pas-20-ni-100-ni-500/
      Je dirais même plus, c’est ne pas faire de vélo qui est dangereux 😉
      //transports.blog.lemonde.fr/2012/09/17/ne-pas-faire-de-velo-cest-dangereux-pour-la-sante/
      Il ne faut pas confondre vélo et deux roues motorisés qui eux oui sont très vulnérables et les grands gagnants au concours des accidentés de la route.

    • Roulez-vous à vélo ou faites vous partie des autres catégories que vous citez ?
      Si tout le monde résonnait comme vous le faites : « je ne roule pas à vélo car c’est dangereux », les mentalités ne risquent pas d’évoluer :/
      En fait (études à l’appui), plus il y a de vélos et moins il y a d’accidents.
      D’ailleurs, « extrêmement risqué » me parait éxagéré, car les chiffres d’accidentologie sont en faveur du vélo : //transports.blog.lemonde.fr/2012/10/12/un-cycliste-tue-a-paris-un-seul-pas-20-ni-100-ni-500/

    • Côté voitures à Paris c’est à la baisse (http://www.20minutes.fr/paris/1766975-20160115-paris-2014-moins-voitures-plus-velos-capitale)
      Les 2rm ont effectivement explosés en ville ces 10 dernières années, conséquence naturelle d’un engorgement automobile et d’un retard pluridécennal en matière d’infra cycliste… et de transport en commun lourd (RER)
      Heureusement, ou voit le retour des tramways qui ont franchement amélioré la donne sur les bld extérieurs (allez sur bl Brune par exemple, dans le 14ème, c’est un autre quartier depuis l’arrivée du tramway)
      Heureusement, nous avons une maire de Paris qui a bien compris tout cela et qui oeuvre au retour des TC et circulations douces dans Paris : c’est la seule voie raisonnable possible et il faut encore accélérer (ce qui sera le cas prochainement avec les grandes voies cyclables rapides Nord-Sud et Est-Ouest)
      Courage, on va respirer de mieux en mieux, et il faut que les automobilistes restants soient nombreux à nous rejoindre !
      Oui, je sais, ce n’est pas gagné…
      « Ils pensaient que c’était impossible, alors ils l’on fait… »

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