La pollution due aux particules fines affecte la qualité du sperme

Une vaste étude menée en Chine a démontré un lien entre l’exposition aux particules fines et une dégradation de la qualité du sperme. La pollution de l’air serait donc une cause de l’infertilité.

Rédigé par MEWJ79, le 23 Nov 2017, à 10 h 40 min

Selon une récente étude, l’exposition aux particules fines entraînerait une dégradation de la qualité du sperme et donc, expliquerait l’infertilité de nombreux hommes.

La pollution a un effet sur la morphologie des spermatozoïdes et donc sur la fertilité

Une étude publiée mardi 21 novembre dans la revue spécialisée Occupational & Environmental Medecine (1) démontre que la pollution a de nouveaux effets néfastes sur la santé. Elle suggère ainsi que la pollution de l’air, due aux particules fines, pourrait expliquer l’infertilité d’un « nombre significatif de couples ».

On estime aujourd’hui à 48,5 millions le nombre de couples infertiles dans le monde et, dans la majorité des cas, le problème vient de l’homme. Menée à Taïwan entre 2001 et 2014 auprès de 6.500 hommes âgés de 15 à 49 ans, cette vaste étude a évalué la qualité de leur sperme (nombre total de spermatozoïdes, forme/taille, mouvement).

Lire aussi : La qualité du sperme des Occidentaux se dégrade

Les résultats démontrent un « lien fort » entre l’exposition aux particules fines (de diamètre inférieur à 2,5 µm) et une dégradation de la qualité du sperme. Les effets de la pollution sur la forme des spermatozoïdes observés dans cette étude sont plutôt faibles. Mais les auteurs chinois s’inquiètent : « compte tenu de l’omniprésence de l’exposition à la pollution de l’air, un faible effet des particules fines sur la morphologie normale des spermatozoïdes pourrait entraîner l’infertilité d’un nombre important de couples ».

Minimiser l’impact de la pollution de l’air sur la santé reproductive à l’avenir

Pour mener à bien leur étude, les scientifiques ont mesuré les niveaux de particules fines à l’adresse du domicile de chaque participant pendant une période de trois mois, correspondant à la durée nécessaire pour générer le sperme. Pendant une durée de deux ans en moyenne, les chercheurs ont utilisé une approche mathématique combinée aux données satellites de la NASA. Et selon l’étude, chaque augmentation de 5 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air sur une moyenne de deux ans était associée à une baisse significative de 1,29 % de la morphologie normale des spermatozoïdes.

Les conclusions globales sont critiquées par d’autres scientifiques. Ainsi, le professeur Allan Pacey, spécialiste britannique d’andrologie, estime que l’évaluation de la taille et de la forme des spermatozoïdes est « l’un des tests les plus difficiles à réaliser ».

Lire aussi : Une naissance prématurée sur cinq liée à la pollution de l’air

En outre, il explique dans le Science Media Centre de Londres que ce critère ne serait pas aussi cliniquement pertinent qu’on le pensait. Les critiques sont entendues par les chercheurs, qui suggèrent que d’autres études soient menées sur ce thème, pour mieux cerner la façon selon laquelle la pollution de l’air peut interférer sur le développement des spermatozoïdes. Enfin, les auteurs souhaitent mettre en place une « stratégie globale » pour minimiser l’impact de la pollution de l’air sur la santé reproductive.

Retrouvez le nombre de décès dus aux particules fines sur le Planetoscope

L’Organisation mondiale de la santé, pour sa part, préconise de limiter l’exposition aux particules fines à 10 µg/m3 en moyenne annuelle. Mais ces recommandations ne sont pas suivies au niveau de l’Union européenne, qui fixe depuis 2015 une limite de 25 µg/m3.

Illustration bannière : Pollution – © Soloviova Liudmyla
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. bonjour, Et pourquoi ne porterait-on pas des masques lorsqu’on sort dans les rues, avant que de grands changements améliorent la qualité de l’air ?

    Même des masques légers nous préserveraient d’une bonne partie des particules.

    Et pourquoi dans les grandes villes n’installerait-on pas des appareils qui aspirent l’air, le filtrent, le fasse passer dans de l’eau (comme ça existe sur certains systèmes d’aspirateurs) pour l’assainir et ressortir plus propre. ça coûterait cher, mais ne fait-on pas des dépenses pharaoniques qui coûtent bien plus cher.

Moi aussi je donne mon avis