Hypnose : comment fonctionne cette pratique thérapeutique encore mal connue
Longtemps cantonnée aux spectacles ou aux clichés, l’hypnose s’impose aujourd’hui comme une approche thérapeutique sérieuse. Pourtant, son fonctionnement reste largement méconnu du grand public.

Pour définir l’hypnose, référons-nous à Milton Erickson, psychiatre et psychologue américain. Il a joué un rôle majeur dans le renouvellement de l’hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l’hypnose thérapeutique.
Selon lui, « l’hypnose est un état de conscience dans lequel vous présentez à votre sujet une communication, des idées et une compréhension, afin de lui permettre d’utiliser ces éléments à l’intérieur de son propre répertoire d’apprentissage ».
Autrement dit, l’hypnose n’est ni un sommeil ni une perte de contrôle. Elle peut se comparer à l’état que l’on traverse lorsque l’on est absorbé par un livre ou totalement captivé par un film.
Bien comprendre l’hypnose
Loin d’être une pratique unique, l’hypnose se décline aujourd’hui en plusieurs approches. On distingue principalement quatre formes d’hypnose, aux objectifs et aux méthodes bien distincts.
- L’hypnose classique et semi-traditionnelle : il s’agit de la forme la plus ancienne. Elle se caractérise par une approche directe et directive de l’hypnotiseur. C’est notamment cette hypnose qui est utilisée dans les spectacles. Apparue il y a près de deux siècles, elle repose sur un grand nombre de techniques codifiées.

- L’hypnose ericksonienne : cette approche tire son nom de Milton Erickson. Plus subtile et stratégique, elle repose sur la participation active du patient. Le praticien utilise des suggestions indirectes et des métaphores pour mobiliser les ressources inconscientes.
- La nouvelle hypnose : le terme a été introduit en 1979 par Daniel Aaroz, sexothérapeute. Cette technique donne au patient un fort sentiment de libre arbitre. La personne est invitée à participer, notamment en choisissant des souvenirs. Aujourd’hui, il s’agit de la forme d’hypnose la plus utilisée par les thérapeutes.
- L’hypnose humaniste : à l’inverse des autres approches, elle ne cherche pas à « endormir » la personne. Elle vise à augmenter son niveau de conscience, en la reconnectant à elle-même, aux autres et à son environnement.
Mais pour mieux comprendre ces pratiques, nous avons interrogé Christian Le Rouvillois, hypnothérapeute exerçant à Paris.
Exerçant depuis huit ans, il partage sa vision de l’hypnose :
« Toutes les écoles en France pratiquent l’hypnose et la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Il existe toutefois une autre approche, fondée sur les métaphores. Le subconscient les comprend très bien. Je crée donc des histoires très imagées. Cela demande beaucoup d’imagination, et nous sommes encore peu nombreux à travailler ainsi. »
Lors des rendez-vous, Christian Le Rouvillois pose de nombreuses questions. Il s’intéresse à l’environnement professionnel, familial et personnel de ses patients. Il prend également en compte leur contexte social et culturel.
Selon lui, le rôle de l’hypnothérapeute consiste à identifier la cause profonde du mal-être.
« Les gens arrivent souvent avec un problème visible, mais celui-ci n’est qu’une conséquence. Mon travail est de découvrir le problème d’origine. En le traitant, les conséquences disparaissent. »
Une pratique encore peu connue en France
Avec cette approche, les patients n’ont pas toujours l’impression d’être hypnotisés. Ils restent pleinement conscients durant la séance. Ce sont souvent les personnes très rationnelles qui doutent de l’état hypnotique.
« Vous êtes dans cet état environ toutes les 90 minutes. Par exemple, lorsque vous lisez sans vraiment intégrer ce que vous voyez. C’est un état naturel. »
Sur son site internet, Christian Le Rouvillois présente une liste non exhaustive de problématiques pouvant être accompagnées par l’hypnose.
« Il n’y a pas de problème qui ressort plus qu’un autre. Cela varie selon les périodes. À l’approche de la rentrée, par exemple, je reçois davantage d’étudiants. »
Dans certains cas, une seule séance peut suffire, notamment pour l’arrêt du tabac.
« L’hypnose ne fonctionne pas si la personne ne souhaite pas réellement arrêter. Je vérifie aussi qu’il n’existe pas de problèmes non résolus. Sinon, à la moindre contrariété, la cigarette revient. »
En Belgique et en Suisse, l’hypnose bénéficie d’une reconnaissance plus ancienne. En France, l’intérêt s’est développé plus récemment, notamment grâce aux médias.
« Je rencontre beaucoup de personnes qui n’ont pas confiance dans la médecine classique. Elles recherchent des approches plus douces, sans médicaments. »
Chez Christian Le Rouvillois, trois à quatre séances suffisent en moyenne pour observer des résultats. Ce nombre dépend toutefois des individus.
« Avec l’hypnothérapie, c’est le patient qui se soigne. Je l’accompagne, mais c’est son inconscient qui fait le travail. »
Grâce à des scripts éprouvés, la méthode est bien rodée.
« J’ai des scripts, notamment pour la confiance en soi, que je n’ai presque pas modifiés. Je les adapte simplement à chaque patient. »
Enfin, si l’hypnose suscite encore des craintes, rappelons que la perte apparente de conscience se limite à une perte de contrôle du conscient. L’inconscient, chargé de la protection de la personne, reste toujours actif.
Personne ne peut être amené à agir contre sa volonté, contrairement aux idées reçues.
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