Action climatique : les ONG mises de côté, le G7 de Biarritz mal parti

Alors que les ONG s’estiment muselées et mises de côté à Biarritz, le Réseau Action Climat a décidé de ne pas se rendre au G7.

Rédigé par Paul Malo, le 23 Aug 2019, à 11 h 40 min

Pas encore entamé, déjà boycotté : le Réseau Action Climat ne se rendra pas au sommet de Biarritz. Il ne croit pas aux engagements en faveur de l’environnement.

G7 Biarritz – Une volonté de tenir les ONG à l’écart

À deux jours de l’ouverture du G7, et au vu des conditions de participation de la société civile proposées, le Réseau Action Climat a décidé de renoncer à se rendre au sommet à Biarritz. « L’Élysée a décidé de limiter le nombre d’accréditations des ONG à un niveau historiquement bas et de les garder à l’écart du sommet, explique l’association. Cette décision crée un précédent dangereux que nous refusons d’accepter. Malgré nos demandes répétées et les communications de l’Élysée autour d’un ‘G7 inclusif’, les conditions pour une consultation et une association effective de la société civile ne sont aujourd’hui pas réunies ».

En effet, le gouvernement n’accorde cette année qu’un quota de 25 accréditations pour les ONG, contre près d’une centaine les années précédentes. De plus, les ONG n’auront accès ni au sommet international, ni à la presse via le média center, comme c’est pourtant le cas depuis plus d’une décennie.

Un choix paradoxal, alors que la France, qui préside le G7 cette année, prône la lutte contre les inégalités comme priorité du sommet de Biarritz.

Le Réseau Action Climat dénonce « une décision de la Présidence du G7 qui affaiblit et entrave le travail pouvant être mené par la société civile sur place et met en danger son inclusion lors des prochains G7, dont celui aux États-Unis en 2020 ».

G7 Biarritz

La sculpture ‘Ensemble pour la Paix et la Justice’ de Xavier de Fraissinette installée à Lyon à l’occasion du G7 de juin 1996 © ricochet64 / Shutterstock

Fixer des objectifs et des budgets

Pour le Réseau Action Climat, historiquement, « les membres du G7 réunis à Biarritz (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni) comptent parmi les plus responsables de la crise climatique. La voix de la société civile est essentielle pour rappeler leur devoir d’agir pour limiter le réchauffement global à 1,5°C, alors même que leurs engagements et leurs politiques climatiques sont largement insuffisants pour respecter l’Accord de Paris ».

Alors que le président de la République a laissé entendre qu’il n’y aurait pas même de communiqué commun à Biarritz en fin de sommet, l’association rappelle que ce G7 « doit être l’occasion pour ses pays membres, y compris la France, de s’accorder sur le renforcement des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, d’adopter un objectif de neutralité carbone avant 2050 et de doubler les promesses financières au Fonds Vert pour le climat ».

Il est à craindre qu’à ce sujet, les résultats de ce G7 dans l’Hexagone soient in fine des plus décevants… On se demande alors de plus en plus quelle peut être la raison d’être de ce sommet international, vu sa perte d’influence… Ça sent la fin d’une ère et de cette vision occidentale du monde, issue de l’après-guerre !

Illustration bannière : les drapeaux des pays du G7 réunis à Biarritz dès demain – © Dana.S
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...




1 commentaire Donnez votre avis
  1. Quand on voit le résultat des anciennes G7 je me demande le pourquoi on continue ces rassemblements ridicules qui obligent le contribuable à payer quelques 350 millions d’Euros sans que quelqu’un lui aie JAMAIS demandé son avis !!!! belle démocratie dans laquelle on vit…….

Moi aussi je donne mon avis