Accord de Paris sur le climat : réactions positives et bémols

Rédigé par Stephen Boucher, le 13 Dec 2015, à 11 h 45 min

La joie des négociateurs et acteurs de la COP21 présents à l’approbation de « l’accord de Paris » samedi 12 décembre en fin de soirée était forte. Après les discours, les journées et les nuits de négociations, les protagonistes applaudissaient à tout rompre un accord qui, largement, est accueilli comme « un point de départ » et « une avancée historique ».

Les délégations du monde entier se félicitaient hier soir du travail effectué par la diplomatie française pour parvenir à ce consensus. Pour le Président Obama, l’accord est « à la hauteur du moment » historique.

 

Accord de Paris : des réactions largement été positives, un soulagement perceptible

Le WWF France a réagi ainsi largement positivement à l’accord : « En intégrant un objectif de limitation à long terme de  2°C de hausse de la température moyenne mondiale – avec une référence à la limite de 1,5°C – les gouvernements envoient un signal fort indiquant que les gouvernements sont engagés à s’aligner sur la science. L’accord contient bien les éléments pour créer l’opportunité de rendre les actions gouvernementales de plus en plus fortes au fil du temps en termes d’atténuation, d’adaptation et de finance. C’est un point important mais nous sommes très inquiets devant le fait qu’il n’y a aucune garantie de soutien pour ceux qui seront les plus touchés par les impacts du changement climatique, particulièrement les populations les plus vulnérables. »

Les bémols de certaines ONG

L’accord de Paris devait en effet garantir aux pays les plus pauvres et les plus démunis les moyens de faire face à la crise climatique. Si l’engagement des 100 milliards de dollars est renouvelé jusqu’en 2025, les engagements restent vagues, trop notamment pour donner des garanties financières, notamment sur l’adaptation.

Selon Oxfam France, ce point est essentiel : « Les engagements de financements pour soutenir les plus vulnérables devront être clarifiés dans les années à venir à travers la mise en place d’une taxe sur les transactions financières européenne ambitieuse. »

Au-delà du soulagement d’avoir obtenu un accord, les principales ONG françaises soulignent l’importance du chemin encore à faire.

L’accord de Paris sera un point de départ indispensable pour répondre au péril climatique, mais il est insuffisant pour l’enrayer.
RAC France

 

« L’accord de Paris sera un point de départ indispensable pour répondre au péril climatique, mais il est insuffisant pour l’enrayer. Le mode d’emploi proposé dans l’accord reste vague et le calendrier repousse à plus tard les efforts à fournir tout de suite. Il faudra que les États renforcent leurs engagements pour maintenir la hausse des températures bien en-deçà de 1,5 ou 2°C. » résumait ainsi à chaud le Réseau Action Climat, l’association de coordination des ONG françaises sur la lutte contre les changements climatiques.

Le RAC ajoute : « Si les gouvernements ne vont pas plus loin que ce qu’ils ont décidé à la COP21, nous nous dirigerons droit dans le mur. C’est à dire vers un réchauffement de +3°C, dont les conséquences seront dévastatrices et irréversibles. »

Le RAC note toutefois que « ce texte fixe un cap de long terme ambitieux. Il exige que tous les États renoncent définitivement aux énergies fossiles, au profit des énergies renouvelables et des économies d’énergies. Et ce le plus vite possible. »

Mettons un bémol aux bémols

Sans accord à Paris, un échec tel que celui de Copenhague aurait été tragique. Les négociations auraient été reportées de plusieurs années, les opposants de tout crin, tels que les Républicains aux États-Unis en auraient tiré profit, et la dynamique aurait été à reconstruire, péniblement. De précieuses années d’effort auraient été perdues.

Notre rôle de citoyens et consommateurs responsables reste essentiel. Comme le résume, toujours le RAC : « Les initiatives locales et citoyennes se multiplient pour réduire les gaspillages, diminuer la pollution de l’air, favoriser des mobilités alternatives, développer les énergies renouvelables et l’agro-écologie. Les citoyens et les collectivités montreront la voie aux Etats ».

Néanmoins, si le point de départ est bien sûr incomplet et un accord à 195 pays laisse une grande part au moins disant, le top de départ est bien donné. La transition vers un monde sans énergies fossiles a commencé et l’accord de Paris est son marqueur historique.

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Quand on lit cet accord pas de quoi faire cocoriCOP, accord à minima qui ne sera vraiment signé qu’en 2016 si encore le pays concernés le veulent, pour une application au plus tard 2020 voir 2050 pour certain critère, 100 milliards par an pour les pays sous développés à condition que l’argent donné n’aille pas tous droit dans la poche des dirigeant des dit pays, pour moi c’est une grosse arnaque est une vaste fumisterie, on en reparlera dans 5 ou 10 ans, on sera toujours au même point.

  2. Il n’est pas trop question de l’industrie de la viande et pourtant : première source de déforestation, deuxième source d’émission de gaz à effet de serre !
    21° cop qui comme les autres a été beaucoup de bla bla pour rien !

  3. Le dérèglement climatique est né de l’action des hommes. D’actions inappropriées dues à une mauvaise compréhension des règles qui régissent la nature, la vie, les humains, aussi. Maintenant les humains se sentent en danger et veulent réparer ce que l’on a fait à la nature pour continuer à vivre aussi confortablement que possible. Pour cela nous voulons énoncer des règles, des lois, des flux d’argent bénéfiques. En résumé, faire ce que l’on sait faire. Faire ce que l’on fait depuis très longtemps. Faire ce qui nous a mis dans le pétrin dans le quel nous sommes. Nous utilisons les méthodes réputées inefficaces qui n’ont jamais résolu quoi que ce soit à grande échelle. En tout cas ni les guerres, ni les finances mondiales, ni la santé mondiale, ni les problèmes de société et de délinquance, ni la pédophilie dans le monde. On poursuivra la liste plus tard.

    Par contre les méthodes qui changent l’humain, améliorent l’esprit des hommes, leur compréhension de la vie, leur conception du progrès humain, ne sont pas utilisées ni même mentionnées. Pourtant il y en a. Un rapide inventaire montre qu’elles sont répertoriées, qu’il y en a pour tous les gouts, tous les degrés d’investissement, toutes les différentes aptitudes et que certaines sont réputées pour leur efficacité pour améliorer le climat « fait pleuvoir en abondance et obtenu des récoltes record dans leur pays, comme le relate la presse de l’époque »et même pour arrêter des guerres ou les prévenir « notamment pour arrêter la guerre entre l’ Équateur et le Pérou en 1995, les 16 ans de guérilla au Mozambique en 1992 », une autre plus efficace encore est enregistrée à l’ONU de Genève « Ce ne sont pas les 118 Pays y participant qui vont régler le problème, c’est nous. Les Peuples manifestent, c’est bon signe », d’autres sont de simples méthodes d’éducation et de bon sens. Mais le problème est que jusqu’à présent elles ont été ostracisées. Et maintenant devant le grand danger concernant le climat et l’urgence de réussir, tous ces moyens d’action, sont encore ostracisés et inemployés.

    Alors je me demande quelle est la motivation des gouvernements et des peuples. Quelle compréhension nous avons de ce que nous vivons, de ce que nous voulons. Notre mobilisation débouchera sur quelque chose de positif, c’est certain, et nous aurons plus de succès que pour arrêter les guerres, mais je me demande pourquoi nous jouons comme dans un filme des monty python à faire des réunions pour préparer un texte que l’on discutera pays par pays et que l’on ratifiera pour bientôt commencer à s’organiser à mettre en œuvre le protocole adéquat.

Moi aussi je donne mon avis