Framboises, mûres, myrtilles : cultiver de beaux fruits rouges au jardin !
Les fruits rouges sont nombreux et ne nécessitent pas énormément de travail au potager alors même que leur prix sur l’étal a tendance à augmenter. De belles raisons pour leur faire une place chez vous, non ?

Quel plaisir de soulever une feuille et de découvrir une fraise bien rouge, puis une poignée de framboises quelques semaines plus tard ! **Cultiver des fruits rouges permet d’échelonner les récoltes du printemps jusqu’aux premiers jours de l’automne.**
Fraisiers, framboisiers, cassissiers ou myrtilliers demandent peu de place. Quelques pieds bien choisis suffisent pour se régaler. Encore faut-il leur offrir le bon sol, un arrosage régulier et une taille adaptée.
Ce qu’il faut retenir
- Associez plusieurs espèces et variétés pour étaler les récoltes.
- La plupart des petits fruits apprécient une terre riche, fraîche et bien drainée.
- Le paillage limite l’évaporation et la concurrence des herbes indésirables.
- Framboisiers, cassissiers et ronces à mûres nécessitent une taille régulière.
Quels fruits rouges planter pour récolter toute la saison ?
La meilleure stratégie consiste à ne pas multiplier les pieds d’une seule espèce. Installez plutôt **quelques plants de différents fruits rouges**, en associant des variétés précoces et tardives.
Les fraisiers ouvrent généralement le bal au printemps. Les framboises, groseilles, cassis et myrtilles prennent ensuite le relais. Les mûres arrivent plus tard dans l’été.
Les fraisiers et framboisiers remontants peuvent produire une seconde fois. Selon le climat et les variétés, les cueillettes se prolongent alors jusqu’au début de l’automne.

Multiplier les fruits rouges cultivés permet de varier les saveurs et les périodes de récolte © Nika Art
Une grande famille… au sens culinaire
L’expression « fruits rouges » rassemble des plantes appartenant à différentes familles botaniques. Certaines produisent d’ailleurs des fruits noirs, bleus ou blancs.
Beaucoup sont issues de plantes naturellement présentes dans les sous-bois, les haies ou les lisières. Elles apprécient donc souvent **un sol riche en matière organique, frais, mais sans eau stagnante**.
Leurs qualités nutritionnelles sont également intéressantes. Vous pouvez retrouver les nombreux atouts des fruits rouges dans notre article consacré à ces petits fruits locaux.
Quand et où planter les fruits rouges ?
L’automne constitue une excellente période de plantation. Le sol encore tiède et les pluies saisonnières facilitent l’enracinement avant l’hiver.
Les arbustes vendus à racines nues se plantent pendant leur période de repos végétatif, hors gel. Les plants en conteneur peuvent être installés plus longtemps dans l’année. Évitez toutefois les périodes de gel, de canicule ou de sécheresse.
La plupart des fruits rouges produisent davantage au soleil. Les cassissiers et les groseilliers acceptent cependant une ombre légère. Dans les régions très chaudes, une exposition protégée du soleil brûlant de l’après-midi peut être bénéfique.
Avant la plantation, ameublissez la terre et incorporez du compost bien décomposé. Si le terrain retient durablement l’eau, améliorez son drainage ou plantez sur une légère butte.
Arrosage, paillage et fertilisation : les soins indispensables
Les racines de nombreux petits fruits restent relativement proches de la surface. Les jeunes plants sont donc sensibles au manque d’eau, surtout pendant leur première année.
Arrosez au pied, de préférence le matin, sans mouiller inutilement le feuillage. Soyez particulièrement attentif pendant la floraison et le grossissement des fruits.
Un paillage organique limite l’évaporation, freine les herbes indésirables et protège la vie du sol. Feuilles mortes, broyat de branches, paille ou compost mûr peuvent être utilisés selon les cultures.
Évitez néanmoins d’accumuler le paillis directement contre les tiges. Autour des fraisiers, **le coeur du plant doit toujours rester dégagé** afin de limiter les risques de pourriture.
Un apport modéré de compost mûr en automne ou à la fin de l’hiver suffit généralement. Un excès d’engrais azoté favoriserait le feuillage au détriment des fruits.
Comment entretenir chaque fruit rouge ?
Les framboisiers
Les framboisiers aiment les sols riches, frais et bien drainés. Le paillage des framboisiers est particulièrement utile, car leurs racines superficielles craignent la sécheresse.
La taille dépend du type de framboisier :
- Pour une variété non remontante, coupez au ras du sol les cannes ayant fructifié pendant l’été. Conservez les nouvelles pousses qui donneront l’année suivante.
- Pour une variété remontante cultivée pour sa récolte d’automne, rabattez toutes les cannes à la fin de l’hiver.
Les longues tiges gagnent à être attachées sur des fils. La récolte devient plus simple et l’air circule mieux entre les plants.
Les ronces à mûres
Les mûres du jardin sont produites par des ronces fruitières, à ne pas confondre avec le mûrier-arbre. Ces plantes vigoureuses peuvent rapidement occuper beaucoup de place.
Palissez les tiges sur des fils horizontaux. Après la récolte, coupez au niveau du sol les cannes ayant porté des fruits. Attachez les jeunes pousses à leur place : elles produiront l’année suivante.
Les variétés sans épines facilitent l’entretien et la cueillette dans les petits jardins.

Palissées le long d’une clôture, les ronces à mûres peuvent former une haie fruitière © Fabio Pagani
Les cassissiers et les groseilliers
Ces arbustes apprécient un sol frais, fertile et bien drainé. Ils supportent généralement mieux la mi-ombre que les fraisiers ou les framboisiers.
Leur taille n’est toutefois pas exactement identique. Le cassissier fructifie surtout sur les jeunes rameaux. En hiver, retirez progressivement les branches les plus anciennes, reconnaissables à leur bois sombre.
Les groseilliers produisent notamment sur de courtes ramifications portées par du bois plus âgé. Supprimez d’abord le bois mort, les branches qui se croisent et celles qui encombrent le centre de l’arbuste.
Dans les deux cas, l’objectif reste de conserver un buisson aéré et de favoriser le renouvellement des rameaux.
Les fraisiers
Lors de la plantation, placez le collet, c’est-à-dire la jonction entre les racines et les feuilles, au niveau du sol. Un fraisier planté trop profondément risque de pourrir. Planté trop haut, il peut se dessécher.
Paillez autour des plants sans recouvrir leur coeur. La paille maintient aussi les fruits à distance de la terre et limite les éclaboussures.
La suppression des premières fleurs n’est pas systématique. Elle peut aider un jeune plant fragile ou un fraisier remontant récemment planté à mieux s’enraciner. En revanche, **un plant vigoureux et bien installé peut conserver ses fleurs**.
Supprimez régulièrement les feuilles malades et les stolons si votre priorité est la production de fraises. Conservez quelques stolons uniquement si vous souhaitez multiplier vos plants.
Les myrtilliers
Les myrtilliers sont plus exigeants sur la nature du sol. Ils ont besoin d’une terre franchement acide, généralement comprise entre un pH de 4,5 et 5,5.
Si votre terrain est calcaire ou neutre, cultivez-les dans un grand pot. Utilisez un substrat pour plantes acidophiles, de préférence sans tourbe. Vous pouvez également enrichir le mélange avec du compost de feuilles bien décomposé.
La terre dite de bruyère peut convenir, mais elle ne doit pas se dessécher. Arrosez si possible avec de l’eau de pluie, naturellement moins calcaire que l’eau du robinet.
Placez les myrtilliers au soleil ou sous une ombre légère. La plantation de deux variétés compatibles peut améliorer la pollinisation et augmenter la récolte, même lorsque les plants sont autofertiles.
Peut-on cultiver des fruits rouges sur un balcon ?
Il n’est pas nécessaire de posséder un grand jardin. Fraisiers, myrtilliers, groseilliers compacts et certains framboisiers se cultivent très bien en pot.
Choisissez un contenant suffisamment profond, percé au fond et adapté à la taille adulte de la plante. Les cultures en pot sèchent plus vite : vérifiez régulièrement l’humidité du substrat pendant l’été.
Évitez néanmoins de laisser de l’eau stagner dans une soucoupe. Renouvelez chaque année une partie du compost en surface et apportez un engrais organique adapté au printemps.
Le conseil ConsoGlobe
Étiquetez les variétés et notez leurs périodes de récolte. Vous pourrez ensuite compléter votre plantation avec une variété plus précoce ou plus tardive.
Avec quelques plantations bien choisies, un sol protégé et des tailles adaptées, votre jardin peut vous offrir **des cueillettes gourmandes pendant plusieurs mois**. Reste ensuite à décider si les fruits atteindront la cuisine… ou seront dégustés directement au jardin !
Article mis à jour juillet 2026
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