Fraudes alimentaires en Europe : les arnaques les plus fréquentes

Depuis le scandale du « chevalgate » en 2013, les pays de l’Union européenne ont appris à ne pas s’arrêter à leurs frontières et à coopérer pour lutter contre la fraude alimentaire.

Rédigé par Paul Malo, le 6 Jul 2020, à 10 h 17 min

Les scandales alimentaires d’hier peuvent-ils se reproduire demain en Europe ? Désormais, les pays de l’Union travaillent en réseau pour faire la chasse aux fraudes.

De plus en plus d’actions transfrontalières

Qui a oublié la vaste fraude à la viande chevaline que l’on faisait passer pour de la viande de boeuf, en 2013 ? Un tel scandale alimentaire pourrait-il se reproduire aujourd’hui ? Pas sûr car, depuis, les échanges d’informations se sont multipliés au sein des pays de l’Union. À chaque fois qu’une fraude est suspectée, ils peuvent activer le Food Fraud Network (FFN), réseau de lutte contre la fraude alimentaire créé en 2015. Le FFN vient justement de publier le dernier bilan en date de son action.

La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au boeuf a provoqué un scandale en Europe © Joe Gough

« Depuis la création du système d’assistance administrative et de coopération en matière de fraude alimentaire en 2016, les demandes de coopération des États membres concernant des cas présumés de fraude dans la chaîne agroalimentaire ont augmenté régulièrement, explique Philippe Loopuyt, de la direction général de la santé et de la sécurité alimentaire de l’Union. Entre 2016 et 2019, 861 notifications au total ont été envoyées via le système, ce qui représente une augmentation de 85 % du nombre de cas notifiés par rapport à 2016 ». Les demandes d’assistance transfrontalières ont bondi de 25 % en 2019. Une hausse due tant à la hausse des fraudes qu’à celle de la coopération entre États membres. Mais alors quelles sont les arnaques alimentaires le plus souvent constatées au sein des pays de l’Union européenne ?

Un pays ne peut pas agir seul

Ces fraudes sont en fait des plus variées, entre poissons, viandes, fruits et légumes, fruits secs à coque et épices ou huile d’olive. Produits prétendument bio, excès de pesticides, safran importé d’Espagne mélangé, poulet douteux importé de Pologne, fausse appellation, millésime trompeur et étiquettes falsifiées sur les vins…

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Heureusement, les échanges d’informations sur la fraude alimentaire transfrontalière permettent de mieux en mieux de repérer les pratiques frauduleuses du moment. « Étant donné que le nombre de pratiques frauduleuses détectées est en augmentation, impliquant souvent plusieurs pays en même temps et par des moyens plus sophistiqués, il devient évident qu’un seul État membre ne peut pas agir efficacement seul », explique le FFN.

Des tromperies récurrentes sur l’origine et la qualité des huiles d’olive © Dmitry Kalinovsky

« Plusieurs actions nationales ont été menées dans l’Union européenne, qui ont découvert ensemble plus de 775 tonnes de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux, d’huiles et de boissons biologiques contrefaits ou de qualité inférieure », explique le dernier rapport du FFN.  Le réseau de lutte contre la fraude alimentaire de l’Union participe également à l’opération OPSON, une initiative conjointe Europol/Interpol ciblant le trafic de produits alimentaires et de boissons contrefaits et de qualité inférieure. « Au total, 24 tonnes de produits ont été saisies et 162 tonnes ont été rétrogradées à un statut conventionnel. Ces chiffres sont le résultat de plus de 2.200 contrôles effectués dans des magasins, marchés, aéroports, ports maritimes et zones industrielles. À ce jour, 19 enquêtes pénales, 105 procédures administratives ont été ouvertes, conduisant à l’enquête ou à l’arrestation de vingt personnes ».

Illustration bannière : les contrefaçons alimentaires en Europe sont courantes © Daniel Jedzura
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