La tomate va-t-elle disparaitre de nos jardins ?

Selon les dernières études publiées, les plants de tomates ne sont pas capables de résister à la fois aux attaques d’insectes et à la hausse des températures.

Rédigé par Paul Malo, le 24 Jan 2020, à 10 h 10 min

Parmi les victimes annoncées de la hausse des températures, les tomates ne devraient pas résister au double stress de la chaleur et des insectes.

Des insectes qui adorent la chaleur

Cela semble si évident de manger des tomates. Mais demain, inévitablement, l’agriculture subira de plein fouet l’impact du réchauffement climatique. À commencer par les tomates.

Premier ennemi : les insectes herbivores. Selon une étude publiée par Science en août 2018, alors qu’ils consomment à l’heure actuelle de 5 à 20 % des cultures, chaque degré Celsius en plus entraîne une perte de récolte 10 à 25 % supérieure(1). Par ailleurs, en cas de chaleur élevée, les insectes sont poussés à manger davantage pour grossir davantage.

La chaleur entraîne la faim des insectes… et la fin des tomates ? © Kirk Hewlett

Nouveauté : il faut ajouter à cela une deuxième source de stress : la chaleur en soi. Outre Atlantique, le PNAS (Proceedings of the National Academey of Sciences of the United States of America) a imaginé un modèle informatique en observant la réaction à la chaleur de plants de tomates infestés en laboratoire(2).

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Un stress thermique fatal

Le but de cette étude : comprendre comment une plante, déjà soumise au stress d’une attaque d’insectes, endure également une chaleur excessive. Et c’est là qu’interviennent les hormones végétales, les jasmonates, des phytohormones visant à réguler la croissance et le développement de la plante. Censées induire une réponse de la plante en cas d’agression, par exemple une morsure d’insecte, elles entraînent la production de composés pour le repousser.

Or, en cas de températures élevées, une tomate mordue produit davantage de jasmonates, une surproduction qui bloque les capacités de la plante à abaisser sa température interne en ouvrant ses stomates (pores foliaires) pour laisser s’évaporer l’eau. La plante subit alors un choc thermique, une sorte de coup de chaleur.

Les morsures d’insectes combinées à des températures plus élevées aboutiraient à trop de stress pour les plantes © Petrychenko Anton

Les plantes à la fois soumises à un stress biotique (provenant d’un organisme vivant) et abiotique (dû à un changement de l’environnement), se révèlent donc incapables de les gérer simultanément. Conséquence : Ce stress thermique pourrait bien être fatal aux récoltes de tomates.

Illustration bannière : Réchauffement climatique : est-ce la fin des haricots pour les tomates ? – © Zayne C

Références :
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