Fashion Revolution Day : qui fabrique nos vêtements ?

Le 24 avril, c’est la Fashion Revolution Day : la journée de la révolution de la mode ! Une journée pour inciter les grandes marques de mode à plus de transparence et prendre leurs responsabilités en ce qui concerne la fabrication textile. L’objectif ? Sensibiliser consommateurs, professionnels et pouvoir publics sur les travers de la mode et obliger les grandes marques à rendre publique la traçabilité des vêtements.

Rédigé par Lucia García Botana, le 24 Apr 2016, à 8 h 29 min

Savez vous qui a fabriqué vos vêtements ? Combien de personnes ont été exploitées pour confectionner le t-shirt bon marché que vous portez ? Voici le genre d’informations sur les chaînes de production du textile, que le collectif Fashion Revolution voudrait rendre obligatoire sur toutes les étiquettes.

Pour ce faire, le pouvoir est entre les mains des consommateurs. À présent, grâce aux hashtags #FashionRev et #WhoMadeMyClothes, nous pouvons tous contribuer à rendre la mode plus transparente et responsable.

La démarche est simple : il suffit de se prendre en photo avec ses vêtements à l’envers afin de dévoiler l’étiquette ou tout simplement, de la montrer, puis interpeller les marques sur les réseaux sociaux. Le message conseillé est le suivant : « Je veux remercier ceux qui ont fabriqué mes vêtements, @(marque) #Jeveuxsavoir #WhoMadeMyClothes  ? »

Les marques ont ensuite l’opportunité d’apporter des réponses concrètes aux consommateurs, et de présenter qui se cache derrière les vêtements qu’elles produisent en indiquant le hashtag : #ImadeYourClothes

L’année dernière, ce sont déjà plus de 700 000 personnes de 70 pays différents qui ont contribué au mouvement en utilisant ces hashtags.

Plus de 700 000 personnes ont utilisé les hashtags #FashionRev et #WhoMadeMyClothes

Fashion Revolution commémore la tragédie du Rana Plaza

Le mouvement Fashion Revolution a vu le jour en Angleterre, à l’initiative des dessinatrices Carry Somers et Orsola de Castro, après l’effondrement du Rana Plaza, un bâtiment qui hébergeait plusieurs ateliers textiles à Dhaka, capitale du Bangladesh.

Le 24 avril 2013, ce bâtiment s’est écroulé, piégeant à l’intérieur des milliers de travailleurs qui, le jour précédent, avaient été évacués à cause de fissures dans les murs. Pourtant, les propriétaires des ateliers de confection avaient forcé les employés à reprendre le travail, sous peine d’être mis à la porte sans percevoir leurs salaires. L’histoire s’est soldée par 1133 morts et plus de 2500 blessés.

Une tragédie loin d’être unique dans le secteur textile… Mais les répercussions médiatiques ont fait du Rana Plaza une icône de la prise de conscience des conditions pénibles régnant dans les ateliers de confection des grandes marques.

La concurrence exacerbée entre les marques afin « d’offrir » des prix de vente au plus bas, tout en obtenant un maximum de profits, conduit à l’ouverture d’usines dans les pays émergents ou en voie de développement, comme l’Inde, la Chine ou le Bangladesh. Les salaires minimaux y sont beaucoup plus bas que ceux des pays d’où proviennent les grandes firmes de mode (la Suède pour H&M, l’Espagne pour Inditex, etc), et la législation en termes de protection des travailleurs et d’aménagement des ateliers est beaucoup plus flexible, voire inexistante.

Les économies quant aux coûts de production ont des conséquences catastrophiques pour tous ceux qui fabriquent nos vêtements : contamination par des produits chimiques, maladies, espérance de vie réduite, et comme on l’a vu avec le Rana Plaza, la mort parfois.

Cependant, il n’y a pas que le « Made in Asia » qui pose des soucis : les conditions de travail dans certains pays européens ne sont pas vraiment meilleures. Une campagne de Clean Clothes Campaign a montré qu’en Bulgarie et en Bosnie par exemple, le salaire minimal des travailleurs du textile ne leur permet de couvrir que 70 % de leurs besoins alimentaires. Ainsi même avec une moyenne de 108 heures de travail hebdomadaire, les employés des ateliers de confection bulgares ne peuvent pas survivre sans crédit.

Pourquoi faire une « révolution de la mode » le 24 avril ?

Cette date marque l’anniversaire de la tragédie du Rana Plaza : c’est pourquoi Fashion Revolution a choisi le 24 avril pour sa journée internationale. Pourtant, il ne s’agit pas uniquement de rendre hommage aux travailleurs décédés dans le Rana Plaza, mais aussi d’essayer de changer la situation inhumaine que vivent de nombreux travailleurs de l’industrie de la mode partout dans le monde.

En effet, dix compagnies travaillent dans la confection de vêtements pour des entreprises américaines et européennes et les conditions de travail qu’elles proposent ne sont pas loin de l’exploitation. Si des actions ne sont pas mises en oeuvre pour mettre un frein à cette situation, des catastrophes comme celle du Rana Plaza pourraient bien être inévitables, autant dans les pays en voie de développement que dans certains de nos pays voisins.

Pourquoi faire une "révolution de la mode" le 24 avril ?

Ce 24 avril, en France, des évènements comme des conférences et des ateliers pour penser la mode autrement seront organisés par le collectif Fashion Revolution France à Paris. Ces activités ont pour vocation de faire réfléchir les consommateurs sur le chemin que leurs vêtements ont suivi, depuis le cultivateur de la matière première jusqu’au distributeur en passant par le filateur, le tisseur, l’ennoblisseur et le confectionneur. Ce programme est completé par d’autres actions à Nancy et à Nantes.

Pour en savoir plus, consultez l’agenda de Fashion Revolution France

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J'ai grandi dans la région rurale de Galicia, en Espagne, où les montagnes et les forêts rencontrent l'océan Atlantique. Ma conscience envers la protection...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. ok

  2. Moi je vis aux Evouettes un petit village en suisse. Tous les jours, je vais à l’école mais il y a une fille que me fait chier tout le temps elle s’appelle Alexia euh..pardon je voulais dire Alessia enfin je crois…

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