Et si on faisait du biocarburant avec le fatberg londonien ?

Argent Energy, une société écossaise de biocarburant, souhaite traiter la graisse du fatberg londonien afin d’en faire du biodiesel qui alimentera des bus et camions au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis.

Rédigé par Émilia Capitaine, le 21 Sep 2017, à 10 h 45 min

Une société écossaise a un projet plutôt surprenant : transformer la graisse du fatberg récemment découvert dans les égouts de l’est londonien en biocarburant.

La graisse du fatberg transformée en biocarburant

Pour une masse de graisse de 130 tonnes, liée par des tampons, des lingettes et des mouchoirs usagés et aussi dure que du béton, le « Whitechapel fatberg » suscite un vif intérêt. La semaine dernière, le Museum of London a annoncé vouloir exposer un morceau de cette bombe de déchets humains récemment déterrée dans l’est de Londres, afin d’interpeller sur la façon dont nous vivons aujourd’hui. C’est désormais au tour d’une société écossaise de biodiesel de s’intéresser au fatberg : elle souhaite en transformer une partie en carburant.

fatberg

Biocarburants © CHAIWATPHOTOS

Cela fait 10 ans maintenant que cette société, Argent Energy, transforme des déchets destinés à être mis en décharge en biocarburant. L’entreprise se porte bien et vient même d’ouvrir une nouvelle centrale à Ellesmere Port dans le Cheshire. L’un des dirigeants de l’entreprise, Dickon Posnett, a indiqué qu’ils étaient constamment à la recherche de nouvelles sources : après la mayonnaise avariée et la soupe périmée stockée pendant des années dans des réservoirs, ils s’intéressent au fatberg.

Un biocarburant qui approvisionnera les camions et les bus

Les boues d’égout sont chauffées afin de faire fondre la graisse. Cette dernière est ensuite séparée des débris, traitée et pressée afin de créer une huile propre. L’huile obtenue est de nouveau traitée avec des produits chimiques pour obtenir du biodiesel, qui pourra approvisionner des bus et des camions au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis. D’après Dickon Posnett, la nouvelle centrale pourra traiter 300.000 tonnes de fatberg par année, ce qui pourra alimenter 50.000 camions en biocarburant.

Les chiffres de la production mondiale de biocarburants sur le planetoscope

Alors que les égoutiers sont toujours en train d’enlever le Whitechapel fatberg (environ la moitié aurait été déterrée jusqu’à présent), Argent Energy fournit déjà du biocarburant, mélangé à 20 % avec du diesel standard, à Metroline, l’un des plus gros opérateurs de bus de Londres.

Illustration bannière : Égoutier enlevant le fatrberg – capture d’écran Youtube
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Ca me fait plaisir de voir d’éveiller les voix de la raison, quel bonheur !
    et vous sentant dans cet état d’esprit réceptif et progressiste, je pense de mon devoir de vous indiquer un piste intéressante (en tous cas qui apparaît comme telle).

    en fait il s’agit d’un procédé que les Chinois utilisent depuis des millénaires pour cuire leur aliments ( et se chauffer) sans avoir besoin de panneaux photo voltaïques sur leur toit.
    Les Indiens semblaient également gourmands de cette solution. Est-ce la proximité des anglais avec les indiens qui a conduit la Ville de Bristol a opter pour le mimétisme, je ne sais? toujours est-il que le projet est devenu une réalité et que le Biogaz fait rouler des bus.

    ce n’est pas une blague, à Bristol en Angleterre c’est en méthanisant les excréments humains qu’ils font rouler des bus !

    Les rejets de 5 personnes sur un an, autorisent 300 km en Bus

    avec 10 millions d’habitants sur Paris ( plus éventuellement la tonte des pelouses et les déjections de nos amis les bêtes, les déchets d’abattoirs, les déchets ménagers), voila qui permet de faire 600 millions de km en Bus….
    Ce n’est pas tout a fait de l’énergie verte, mais si déjà la grise permet aux élus locaux parisiens de ne plus faire grise mine, Paris ne sera plus dans le rouge !

  2. Pourquoi pas?

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