L’essentiel de la biodiversité française en quelques chiffres clés

10% des espèces décrites dans le monde sont présentes en France… Voilà une belle responsabilité à mettre à notre compteur en matière de sauvegarde de la biodiversité !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 27 Jan 2019, à 8 h 00 min

Quand on parle de biodiversité française on a souvent tendance à oublier combien est vaste notre territoire et donc combien est vaste le travail de protection des espèces qui en relève ! Deuxième surface maritime au monde avec de nombreux territoire d’Outre-mer, il s’agit aussi de mieux connaître notre propre biodiversité.

Notre biodiversité française en chiffres

Le besoin de données sur la biodiversité française (et mondiale) est bien connu des professionnels. Ce sont les clés d’entrée d’une connaissance plus approfondie des espèces que nous côtoyons et que nous nous devons de préserver.

biodiversité française

Papillon vulcain particulièrement en danger en France métropolitaine © 1stGallery

Voici les derniers chiffres concernant la biodiversité française et datant de juin 2018.

Espèces Nombre
total
Nombre
en métropole
Nombre
Outre-Mer
 —  —  —
Toutes confondues 176.334 94.371 81.963
 —  —  —
Amphibiens 174 43 132
Araignées 2.647 1.674 993
Champignons 9.665 9.322 514
Coléoptères 21.779 10.846 11.196
Crustacés 8.599 3.900 4.915
Libellules et demoiselles 478 96 394
Lichens 4.400 3.155 1.559
Mammifères 433 157 319
Mollusques 11.009 1.978 9.188
Mousses 1.962 937 1.228
Oiseaux 1.762 592 1.436
Papillons 13.711 5.534 8.325
Poissons 5.458 812 4.849

En France c’est presque 600 nouvelles espèces qui sont décrites chaque année (10 % en métropole et 90 % Outre-mer) et la plupart du temps par des personnes qui ne sont pas professionnelles du secteur.

L’effort alloué à la découverte et donc la description de nouvelles espèces sur notre territoire mériterait bien plus de fonds, et mérite quoi qu’il en soit, de maintenir l’effort.

Les uniques

Les espèces dites endémiques, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs que sur un territoire précis, sont des espèces à fort enjeu. D’une part parce qu’elles sont de fait plus sensibles aux bouleversements (de leur milieu, aux changements climatiques ou autres catastrophes qu’elles soient naturelles ou non) et d’autre part parce qu’elles représentent une adaptation et un historique évolutif assez précis pour que la science s’y intéresse de près.

La France compte actuellement 17.947 espèces endémiques dont 17 % se trouvent en métropole. Se sont en moyenne 21 % des espèces des territoires d’Outre-mer qui sont endémiques avec un record pour la Nouvelle-Calédonie où 55 % des espèces le sont !

Quid de l’état de santé de notre biodiversité

Afin de mettre les choses en perspective, notamment par rapport au fait que 10 % des espèces au monde sont sur notre territoire, il faut tout d’abord savoir que la France est le 6e pays hébergeant le plus grand nombre connu d’espèces menacées.

La musaraigne pygmée (Sorex minutus) a disparu de quatre région française déja © Rudmer Zwerver

23 % des espèces qui ont pu faire l’objet d’un travail d’évaluation de leur état de santé sont considérées comme en danger sachant que seules 6.500 espèces ont pu être étudiées. Cela représente 1.518 espèces menacées.

À titre d’exemple se sont 13 % des poissons d’eau douce de Guyane qui sont en danger, 32 % des oiseaux nicheurs de métropole ou encore 23 % des amphibiens de la France métropolitaine.

Qu’en est-il de la répartition de toutes ces espèces ?

L’année dernière, alors que nous sommes un pays qui est censé être à un très bon niveau de connaissance de notre territoire, Nous n’avions de données sur la répartition des espèces de notre territoire que pour 33 % d’entre elles à peine. En Outre-mer cette proportion tombe à 23 % !

D’après l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN d’où ces chiffres sont tirés), 72 % des groupes d’espèces ont une répartition mal connue en métropole et 58 % d’entre elles sont, pour information, présentes dans les Alpes Maritimes.

Ces chiffres sont assez effrayants au regard du besoin que l’on a de savoir où sont présentes les espèces. Car, en effet, avoir un réel état des lieux de la répartition des espèces est un outil indispensable à la mobilisation d’outils pour les préserver.

Le frelon asiatique progresse dans son aire de répartition : affaire à suivre ! © Barnaby Chambers

Réglementation de l’urbanisme, élaboration de réserves naturelles nationales ou régionale, limitation des infrastructures routières et de leur impact sur la faune sauvage, incitation aux pratiques agricoles respectueuses de l’environnement…

Les dispositifs pour favoriser et préserver la biodiversité existe, encore faut-il savoir de quelle biodiversité on parle !

Dans le monde nous avons désormais des données scientifiques de description d’environ 1,5 million d’espèces. Mais pour ce qui est des espèces encore à découvrir, là, les projections sont réellement très compliquées, il suffit de voir la quantité incroyable de biodiversité que l’on a découvert récemment profondément enfouie sous terre.

À l’heure actuelle on estime le nombre total d’espèces sur terre se situant entre 10 millions et 2 milliards… Ces chiffres en disent long autant sur le nombre astronomique d’espèces, dans un cas comme dans l’autre, qu’il nous reste à découvrir avant qu’elles ne disparaissent, mais aussi sur l’étendue de notre méconnaissance du monde du vivant.

Mieux connaitre, mieux protéger !

À la lecture de ces chiffres on comprend bien que la tâche est d’ampleur. Si les politiques publiques ne suivent pas forcément en matière de financement, la société civile, notamment travers les sciences participatives, se mobilise avec les moyens qu’on lui donne.

Connaître les espèces qui évoluent sur notre territoire devient d’une urgence cruciale. Sans cette connaissance, il nous est tout simplement impossible de mieux comprendre les milieux et les interactions qui s’y jouent. De fait, il nous ait également impossible de protéger ce que nous ne connaissons pas.

Le lucane cerf-volant fait l’objet d’un projet participatif de suivi organisé par l’OPIE © Luis Carlos Jimenez del rio

À l’heure de la recherche médicale, de l’ingénierie des matériaux ou encore du biomimétisme, le tout dans un monde de plus en plus en proie à la compétitivité ; il est presque stupéfiant que nos pouvoirs publics n’investissent pas massivement dans l’acquisition de cette connaissance. Peut-être ne voient-ils encore que par les mêmes oeillères que leurs prédécesseurs depuis cinquante ans, quand seuls des amoureux des arbres et du LSD faisaient cause commune avec la nature.

Mais c’est désormais un tout autre jeu qui se joue et il est temps, dès aujourd’hui, de mettre en branle une réelle économie de la connaissance qui parte du postulat que toutes formes de vies sont à respecter et protéger parce que justement, ce sont des formes de vie.

Illustration bannière : Tortue luth allant sur la plage pour pondre © Stephanie Rousseau
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