Des éleveurs aimeraient pouvoir soigner leurs animaux avec des plantes… en toute légalité

En France, les éleveurs ne peuvent pas soigner leurs animaux avec des plantes car très peu de médicaments vétérinaires en contiennent. Ils se retrouvent donc face à un dilemme de taille : soit donner des antibiotiques, soit être dans l’illégalité en utilisant quand même des plantes à des fins thérapeutiques. Une situation qu’ils veulent voir changer rapidement.

Rédigé par Audrey Lallement, le 18 Oct 2019, à 10 h 15 min

Le manifeste des 1.052 éleveurs et éleveuses hors-la-loi permet de comprendre le caractère urgent de la mise en place d’une nouvelle réglementation concernant l’usage des plantes pour prévenir les maladies des animaux et les soigner.

Soigner ses bêtes avec des plantes, une pratique interdite en France

À l’heure de l’agriculture biologique où le retour à des pratiques naturelles est préconisé, 1.052 éleveurs (bétail, porc, chevaux, poulets, etc) et apiculteurs ont signé un manifeste pour alerter les pouvoirs publics et faire changer la réglementation.

Ils sont en effet face à une situation pour le moins surprenante : ils sont hors la loi car ils donnent des plantes à leurs animaux. Une pratique qui permet pourtant d’éviter les antibiotiques et produits chimiques de synthèse tant décriés aujourd’hui.

Un geste généralisé en médecine vétérinaire en prévention comme en traitement © Pressmaster

« Pour pouvoir utiliser des plantes en élevage, elles doivent disposer d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), comme les médicaments, et être prescrites par un vétérinaire. Or, très peu de médicaments à base de plantes disposent de cette AMM, procédure lourde et inadaptée » expliquent les auteurs du manifeste. Ces derniers ne peuvent légalement pas donner à leurs bêtes des plantes aussi courantes que des orties, du romarin, du pissenlit ou de la lavande.

Lire aussi : Les fermes d’élevage, des nids à superbactéries résistantes aux antibiotiques ?

Une réglementation urgente

« La loi nous contraint à leur préférer des produits antibiotiques, anti-inflammatoires ou anti-parasitaires issus de la chimie de synthèse ! ». Pour cette raison, les éleveurs demandent à l’État de définir un cadre réglementaire qui leur permettrait d’utiliser des plantes en élevage et de ne plus être dans l’illégalité.

Les signataires soulignent le caractère urgent de cette nouvelle réglementation et rappellent le problème de santé publique que représente l’utilisation des antibiotiques.

manifeste 1052

Texte du manifeste

« Chaque année, en France, plus de 150.000 patients développent une infection liée à une bactérie multi-résistante, et plus de 12.500 personnes en meurent ». Pour rappel, en France, 500 tonnes d’antibiotiques à usage vétérinaire ont été délivrés en 2017.

De la difficulté d’utiliser des plantes en usage vétérinaire

Certaines plantes sont autorisées dans l’élevage, mais uniquement pour une utilisation comme compléments alimentaires et pas pour soigner leurs bêtes. En effet, comme pour les humains, qui dit plantes ne dit pas forcément inoffensifs : des molécules peuvent par exemple passer dans le lait ou la viande…

D’autre part, traiter efficacement les animaux par les plantes peut amener des contraintes pas évidentes à respecter dans les élevages, comme par exemple des mises en quarantaine sur de longues périodes…

Illustration bannière : Vétérinaire auscultant une génisse – © 135pixels

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