L’économie du don ou la révolte de la générosité

Rédigé par Jean-Marie, le 6 Dec 2012, à 16 h 27 min

Une révolution commerciale est en marche, celle de l’économie du partage

« L’économie du partage met en relation (de confiance) des inconnus les uns avec les autres. Et ce dans tous les domaines, à commencer par l’alimentation et le voyage« .

donner-consorecupMagasin Gratuit : éviter le gaspillage et les déchets en redonnant une seconde vie à des objets encore en bon état, telle est l’idée du magasin gratuit.

> En fin de compte, tous ces sites qui donnent une seconde vie à nos biens, sont aussi une manière de faire descendre (un peu) la sacro-sainte Propriété de son piédestal. Ce qui compte c’est de pouvoir jouir d’un bien quand on en a besoin (peu importe qu’il soit loué, prêté, donnée, échangé) plutôt que de le posséder. Autrement dit, un des postulats de la nouvelle conso, c’est que la jouissance détrône l’avoir.

Les zones de gratuité, stade ultime de la  conso collaborative ?

Ces zones de gratuité sont un peu comme consoRecup matérialisé en un lieu particulier, une place de marché, un square, une salle des fêtes, …  Il en apparait un peu partout en France, sans grande publicité, à Montreuil près de Paris, à Courçon, à Rennes, à Grenoble, Saint-Etienne, etc… (1) Dans ces zones là, tout se donne : les idées, les coups de main et bien sûr les objets.

Les biens deviennent SPF, sans propriétaire fixe : véritable pied-de-nez à la société de consommation, la zone de gratuité fonctionne sans argent, ni troc car la dimension monétaire est évacuée, ce qui est un phénomène rare.

Chacun y amène ce dont il ne se sert pas et le propose à ceux qui en ont besoin et peut, en l’autre sens,  repartir avec un objet qu’on lui donne. Yannick explique : « je suis venu avec le sac à dos plein et je repars avec le sac à dos plein. »

 La souris vert, magasin gratuit à Rennes

La Souris verte est un espace de gratuité ouvert à tous, sans condition

Le collectif La souris verte ouvre son magasin gratuit 2  fois par semaine, dans les locaux de l’association « Et si on se parlait »,  le mercredi et samedi après-midi (de 14 h 30 à 18 h), le  19 rue Legraverend, à Rennes ». Pas de monnaie d’échange, pas de troc. non plus car c’est gratuit . Tout est en accès libre.
« C’est ouvert à tout le monde, on ne pose aucune question. Pas de critères de ressources, de situation, avec ou sans papier. Ce n’est pas un espace caritatif« .

Parfois installé dans des friperies ou des Ressourceries, ces zones de gratuité ressemblent à des vide-greniers où on ne paie pas forcément. Ce sont les auberges espagnoles du partage et de la générosité, avec un petit parfum anti-capitaliste…

*

Je réagis

A suivre : 3 ème étape, Le partage, ça nourrit son homme !

Retour au sommaire du Dossier Consommation collaborative

Quelques zones de gratuité en France : à Brest , à Rennes, à Grenoble, à Courçon(Poitou-Charentes),  dans le Royans (Rhône-Alpes), dans le Morbihan,  : voir le répertoire des zones de gratuité,  ou //zonedegratuite.hautetfort.com/

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

7 commentaires Donnez votre avis
  1. Salut à tous,

    Je voulais partager mon bon plan pour faire plaisir à Noël sans que ça me coûte trop cher et sans acheter neuf. Alors voilà, j’ai récemment découvert le site troccauris.com c’est un site de troc en ligne qui permet de consommer durablement tout en faisant des économies. J’aime bien le concept car c’est gratuit et ça favorise l’économie circulaire, il y a pas mal d’annonces et des trucs vraiment sympa !
    À bientôt,
    Robin.

  2. Bonjour,

    Les acheteurs qui sont aux minimums sociaux ont de la difficulté à acheter quelque chose, même chez Emmaus qui est beaucoup plus cher que le Secours Populaire.

    Donc je vous invite plutôt, si vous voulez donner, à donner au Secours Populaire, qui se met à la place des acheteurs pauvres.

    Merci pour eux.

  3. Coucou
    bravo pour cet article, je lis vos billets avec attention, et j’espère que nous serons de plus en plus à suivre vos conseils !
    Un autre lien avec des articles intéressants ici
    monblogmalin.blogspot.fr

  4. Vive le don, surtout quand ça permet de se débarasser d’objets qu’on utilisent plus et de faire des heureux ! 🙂

    Il faudrait que des magasins solidaires, comme le Magasin pour Rien de Mulhouse, fleurissent dans toute la France

  5. Je signale aussi le collectif Entraides citoyennes dans le 10e à Paris (Gare de l’Est) qui récupère non seulement les vêtements, mais aussi le matériel scolaire, les produits d’hygiène corporelle, bijoux, etc.
    sans-abris-sdf-exclus.com/article-urgence-collecte-des-petits-dons-qui-les-aident-a-survivre-114651832.html

    D’autre part, Emmaüs, entre autres, récupère les vêtements et chaussures usagées (trouées, etc.) pour les recycler.
    Certaines associations récupèrent aussi le matériel informatique et électronique en panne pour le remettre en état et le donner.

  6. Je préfère vendre à PETIT prix, les acheteurs sont ravis de leur « bonne affaire » et moi contente de me faire une « petite » cagnotte.Cela amène aussi les gens a être respectueux entre eux :soit de ce qu’ils vendent (bonne état, propreté, bon fonctionnement)et remerciement pour les autres en payant pour gratifier le vendeur du temps passé à organiser cette vente au lieu d’aller jeter l’objet à la déchetterie sans aucune culpabilité.Quand on achète un objet (qui a une valeur : un coût de fabrication mais surtout le temps d’une personne à le fabriquer)il est vraiment à nous,il nous appartient, le relais est passé… sous toute ses formes : communication, recyclage, investissement de chacun pour ne pas jeter et pour acheter d’occasion et ainsi les nouveaux acquéreurs se métamorphoseront peut-être en de nouveaux écocitoyens si ils ne le sont pas déjà…

  7. Le don, c’est super ! Mais donner quelle galère !
    Nous le pratiquons depuis quelques temps toujours avec du matériel en bon état et qui n’a pas trouvé preneur dans la famille ou amis – jamais par désespoir de ne pas l’avoir vendu.
    Mais quelle déception de la part de certaines personnes qui souhaitent avoir l’objet puis qui ne veulent plus ou qui ne viennent pas aux rendez-vous.
    Aujourd’hui, on se demande si certains ne voudrais pas non seulement l’objet mais en plus la livraison et un petit billet.
    Bref, maintenant nous devons même très prudent avant de mettre un objet en don sur internet, dommage me direz-vous, mais donner doit rester une satisfaction et pas une corvée.
    Nous continuerons de donner malgré cela.

Moi aussi je donne mon avis