L’éclairage urbain aggrave bien les allergies, voici comment

L’éclairage nocturne modifie nos villes, mais aussi nos saisons. Une récente étude américaine montre que l’éclairage artificiel prolonge la saison des pollens dans le nord-est des États-Unis, exposant davantage les allergiques à des concentrations élevées et plus durables.

Rédigé par , le 23 Feb 2026, à 9 h 23 min
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Une étude publiée dans le numéro de janvier 2026 de la revue scientifique PNAS Nexus révèle que l’éclairage artificiel nocturne contribue à allonger la saison des pollens atmosphériques dans le nord-est des États-Unis. Alors que les températures augmentent déjà sous l’effet du changement climatique, l’éclairage urbain apparaît désormais comme un facteur environnemental supplémentaire, susceptible d’intensifier l’exposition aux pollens et donc les symptômes allergiques.

C’est prouvé, l’éclairage artificiel modifie bien les temps de floraison et de libération des pollens

Issu de lampadaires et d’enseignes à LED, l’éclairage artificiel nocturne perturbe les cycles naturels de lumière et d’obscurité. Selon une étude américaine publiée dans la revue PNAS Nexus, cette lumière influence directement les évènements phénologiques des plantes, notamment la floraison et la libération des pollens. En effet, les chercheurs montrent que l’exposition accrue à l’éclairage est associée à un début plus précoce de la saison, mais aussi à une fin plus tardive, même après prise en compte des températures et des précipitations.

Les scientifiques ont analysé 12 ans de données, de 2012 à 2023, couvrant de nombreuses stations de mesure dans le nord-est américain. Ils ont pu comparer des zones fortement exposées à l’éclairage nocturne à des zones moins lumineuses. Les résultats indiquent que 27 % des jours de la saison des pollens sont classés comme sévères dans les zones à forte lumière, contre 17 % dans les zones peu exposées. Ainsi, l’éclairage contribue non seulement à allonger la saison, mais également à augmenter l’intensité des épisodes polliniques.

La lumière artificielle nocturne, un facteur à part entière

L’éclairage ne remplace pas le rôle des températures, mais il agit en complément, expliquent par ailleurs les chercheurs. La lumière artificielle nocturne constitue bien un facteur indépendant, même lorsque les chercheurs ajustent leurs modèles pour les variations thermiques. Autrement dit, si les températures plus élevées avancent déjà la saison des pollens, l’éclairage amplifie encore ce phénomène dans les environnements urbains.

De plus, l’éclairage provient de sources multiples : lampadaires publics, bâtiments, panneaux lumineux, circulation automobile. Ces sources se sont multipliées avec la généralisation des LED, connues pour leur forte intensité et leur faible coût énergétique. Toutefois, si ces dispositifs réduisent la consommation électrique, ils diffusent une lumière riche en longueurs d’onde susceptibles d’affecter la physiologie végétale. Les zones les plus urbanisées du nord-est américain cumulent forte densité lumineuse et concentration élevée de pollens, ce qui renforce le risque pour les populations allergiques.

Luminiscence urbaine et pollen suspendu

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Éclairage urbain : des moyens d’atténuer l’impact sur la flore existent

En conséquence, l’éclairage nocturne soulève des enjeux de santé publique. Les chercheurs estiment que l’augmentation du nombre de jours sévères de pollens accroît l’exposition cumulée des habitants urbains. Ainsi, avec 27 % de jours sévères dans les zones très lumineuses contre 17 % ailleurs, l’écart représente une hausse relative significative du risque allergique. Pour les personnes souffrant de rhinites ou d’asthme allergique, cela signifie potentiellement plusieurs semaines supplémentaires de symptômes.

En outre, cette étude ouvre un débat sur la gestion de la lumière en ville. Si l’éclairage garantit sécurité et activité économique, il devient aussi un facteur environnemental à part entière. Par conséquent, certains experts évoquent des stratégies d’atténuation, telles que la réduction de l’intensité lumineuse, l’orientation des faisceaux vers le sol ou le choix de LED à spectre moins perturbant pour la végétation. Dès lors, la question ne concerne plus seulement les températures et le climat, mais aussi l’organisation même de l’éclairage urbain, dont l’impact sur la saison des pollens pourrait devenir un enjeu central pour les politiques environnementales locales.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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