Les dentifrices sans fluor : une ‘perte de chance’ pour la santé bucco-dentaire

L’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD) alerte sur l’engouement des consommateurs pour les dentifrices sans fluor, un composé chimique pourtant indispensable pour éviter des caries.

Rédigé par Anton Kunin, le 27 Aug 2020, à 12 h 12 min

Se détourner des dentifrices fluorés est une erreur de la part des consommateurs, ce choix va à l’encontre des données scientifiques sur les bienfaits du fluor pour la prévention de caries.

Le fluor, un composé indispensable pour prévenir et traiter la carie dentaire

L’utilisation d’un dentifrice sans fluor serait une « perte de chance » pour la santé bucco-dentaire, met en garde l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD). Les dentifrices sans fluor sont en effet de plus en plus mis en avant par les fabricants de dentifrices naturels, kits pour dentifrice maison ou dentifrice bio comme étant des alternatives plus saines aux dentifrices conventionnels. Ces messages sont repris par de simples consommateurs et partagés sur les réseaux sociaux. Et pourtant, si le sodium fait partie de tous les dentifrices disponibles en pharmacies et dans la grande distribution, ce n’est pas un hasard. Le fluor est utilisé comme agent anti-caries dans les dentifrices depuis 1947. Son incorporation a permis de réduire de façon considérable la prévalence de la carie dentaire dans le monde.

Comme l’explique l’UFSBD, le fluor a des propriétés antiseptiques vis-à-vis des germes cariogènes (Streptococcus mutans, par exemple). Car lorsque nous mangeons quelque chose de sucré, le glucose se transforme en polysaccharides, qui restent sur l’émail dentaire. Des bactéries y adhèrent, formant une plaque dentaire. Une fois cette plaque installée au niveau de l’émail, les bactéries qui la constituent transforment les sucres ingérés en acides à l’origine des caries. Il est donc important de briser ce cercle vicieux dès l’origine en limitant la formation de ce biofilm, en réduisant le nombre de bactéries présentes au niveau buccal. C’est précisément le rôle du fluor.

Le cas contre le fluor, le résultat d’une mauvaise lecture de la littérature scientifique

dentifrice sans fluor

On n’est pas censé avaler de grandes quantités de dentifrice – © surachet khamsuk

Selon l’UFSBD, les « anti-fluor » sont à peu près les mêmes personnes que les antivax, ces personnes anti-vaccins friandes de théories complotistes(1). Elles s’appuient sur une poignée d’études (sérieuses, certes, mais à l’échantillon trop limité), qu’ils véhiculent afin de donner de la crédibilité à leur propos. Ces études américaines mettent en évidence la contamination au fluor du fait de la consommation de l’eau du robinet. Il est vrai que l’eau du robinet est intentionnellement fluorée aux États-Unis. Sur ce principe, dans ce pays l’eau du robinet n’est pas potable sur tout le territoire là où la fluoration dépasse les doses recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé(2). Cette eau est alors très bonne pour se rincer la bouche, mais pas pour être bue au quotidien.

Une contamination au fluor peut aussi être la conséquence d’un mésusage d’un dentifrice fluoré, à savoir l’ingestion de forte quantité de dentifrice. Il s’agit alors d’être réalistes puisque cela n’arrive principalement qu’aux enfants et à certaines personnes malades. C’est d’ailleurs pour cette raison que les dentifrices pour enfants sont faiblement fluorés et que les dentistes conseillent aux parents de bien doser le dentifrice pour leurs enfants et de faire le brossage des dents de l’enfant sur leur surveillance.

Illustration bannière : Le dentifrice sans fluor, maintenant très courant – © Krakenimages.com
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Vous racontez des âneries : le fluor est dangereux !

    Tenez-vous donc au courant des nouvelles études sur les sujets que vous traitez !

  2. « Amusant », dans le sens où une étude a paru fin 2018, concernant une comparaison entre certaines villes américaines qui fluorent leur eau et d’autres qui ne le font pas.

    Le résultat était sans appel, mais pas dans le sens voulu, ce qui explique sans aucun doute la raison pour laquelle pas une ligne n’y a été consacrée ici – 50% de _plus_ de caries là où il y a du fluor dans l’eau de consommation…

    Les véritables limites entre lesquelles le fluor a une (petite) influence positive sur la santé sont tellement étroites que c’est un labo qui devrait effectuer des tests poussés pour savoir exactement ce qu’il en est.

  3. Cet article est il subventionné par l’UFSBD ? L’UFSBD est il un organisme indépendant ? Je crois me souvenir que certains industriels de la pétrochimie, producteurs de chewing gum, apposaient sur leurs produits la mention « approuvé par l’UFSBD ». Signé : un crypto-complotiste

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