Les cosmétiques vegan : une arnaque en beauté ?

Les cosmétiques vegan, une nouvelle appellation en vogue pour désigner des cosmétiques sans produits animaux ni testé sur les animaux. Une belle idée… en apparence.

Rédigé par Pauline Petit, le 24 Sep 2018, à 17 h 15 min

De plus en plus de people se mettent au régime vegan, qui va au-delà du simple arrêt de la viande. Il s’agit d’un véritable mode de vie, en bannissant la fourrure bien sûr mais aussi le cuir, la laine ou la soie, et tout produit à base de cire d’abeille ou de lait animal. D’où la vague des cosmétiques vegan, qui, s’ils garantissent l’absence de produit animal, peuvent parfois apparaître bien peu naturels.

Les cosmétiques vegan, nouvelle tendance cosmétique

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un cosmétique vegan ? Il s’agit d’un produit de beauté exempt de tout produit animal : en effet, certains cosmétiques peuvent comporter des produits tels que du collagène (issu des carcasses de porcs ou peaux de poisson), de la glycérine (issu de graisses animales) ou encore le très utilisé rouge carmin issu de la cochenille, un petit puceron rouge.

cosmetique vegan naturel

Attention, qui dit vegan ne veut pas forcément dire naturel… © puhhha

D’autres cosmétiques naturels, voire bio, comportent des ingrédients moins effrayants et aux vertus cosmétiques reconnues, comme le miel, la cire d’abeille ou le lait, mais ils sont aussi proscris chez les vegan. En outre, un produit de beauté vegan est garanti non testé sur les animaux.

Il existe de très nombreux labels pour les cosmétiques vegan et/ou non testés sur les animaux. On peut en citer trois principaux : le label de la Vegan Society (fleur verte), le lapin « Cruelty free and vegan » de PETA, et le label One Voice (qui comporte cependant plusieurs catégories difficiles à déterminer).

Le vegan, un argument marketing ?

Petit rappel : l’Union Européenne a interdit les tests sur les animaux pour les produits cosmétiques depuis 2013. A priori, les cosmétiques achetés en UE sont donc exempts de tests sur les animaux. Pourquoi donc avoir besoin d’un label pour le certifier ?

En outre, les cosmétiques vegan ne sont pas forcément bio, voire pas naturels du tout. En effet, les fabricants peuvent imposer le label vegan à un produit issu de la pétrochimie ou composé d’ingrédients peu reluisants comme des silicones…

Pour en avoir le coeur net, nous avons pris l’une des marques préférées des fashionistas, Urban Decay, et sa gamme vegan : le produit Eye Shadow Primer Potion, une base de fard à paupières anti-âge (soit). 

La preuve par l’exemple

La description nous indique effectivement que le produit est fabriqué « sans cruauté ». Mais lorsqu’on lit les ingrédients, on y trouve tous les types de parabens existants, soit des conservateurs probablement cancérogènes, du polyéthylène glycol ou PEG, un silicone à base de pétrole et d’autres dérivés du pétrole. Il « peut contenir » également du dioxyde de titane, un additif potentiellement cancérogène. Bref, peut-être vegan mais pas très naturel !

S’il s’agit donc souvent d’une réelle démarche militante contre la cruauté envers les animaux, ces labels vegan sont donc parfois détournés par les grandes marques pour mieux vendre leurs cosmétiques. En outre, il peut s’agir parfois d’une seule gamme au sein de la marque : un argument vegan qui peut cacher des agissements douteux concernant leurs autres produits…

cosmétique vegan

© Anna Ok

Alors, vers quel saint se vouer si l’on souhaite de réels produits de beauté vegan ? On choisit les cosmétiques sur lesquels on sait déchiffrer l’étiquette et qui contiennent peu d’ingrédients. On opte également pour les huiles végétales : jojoba, amande douce, huile de coco, par définition 100 % véganes.

On peut également fabriquer soi-même ses cosmétiques, à condition de savoir ce que l’on met dedans… et d’éviter par exemple la cire d’abeille, un ingrédient très utilisé dans la cosmétique naturelle !

Illustration bannière : on nous raconte des salades : quels cosmétiques vegan ? – © Kiselev Andrey Valerevich
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Petites remarques (mais de taille !) :
    – Je cite : « l’Union Européenne a interdit les tests sur les animaux pour les produits cosmétiques depuis 2013 ».
    Les tests sont interdits sur les produits finis, pas sur les composants du produit. Par ailleurs, il semblerait que de nombreuses marquent détournent la loi en faisait tester leur produit dans les pays où c’est autorisé avant de le commercialiser en Europe.
    >> Sans label cruelty free, rien ne permet d’affirmer que des tests sur des animaux n’ont pas été menés.

    – Je cite : « D’autres cosmétiques naturels, voire bio, comportent des ingrédients moins effrayants et aux vertus cosmétiques reconnues, comme le miel, la cire d’abeille ou le lait ».
    Ingrédients moins effrayants ?? J’invite l’auteur de cet article à se rencarder sur ce qu’implique la consommation de produits laitiers (quelques petits indices : l’exploitation inhumaine de vaches qui enchaînent les mises à bas jusqu’à finir à l’abattoir, et la mise à mort systématique de veaux).
    >> Il faut arrêter de faire passer les vegans pour des extrémistes renfermés dans leur lubie, et regarder la réalité en face : des animaux sont persécutés chaque instant pour qu’on puisse mettre du gruyère rapé dans nos pates ou pour avoir des beaux cheveux souples et brillants.

    Pour finir, oui effectivement certains produits vegans ne sont pas bio ou naturels, c’est dommage.
    Inversement, de nombreux produits bio ou naturels ne sont pas vegan, ni même végétariens. Et en tant que personne sensible à l’écologie ET à la cause animale, ça me chiffonne pas mal.

  2. Et alors, où est l’arnaque? en tant que végan je veux pas de produit animaux dans ce que je consomme. L’arnaque c’est votre article qui volontairement ou non fait l’amalgame entre produits excluant toutes formes d’exploitation animale et produits bio ou naturels. La nuance est même philosophique : dans le premier cas je me préoccupe de la condition animale, dans le deuxième c’est d’abord ma tronche.

    • Le bio ce « n’est pas pour ma gueule »pas seulement .Combien d’espèces d’oiseaux , d’insectes, sans parler des abeilles disparus ou en voie de
      disparition par notre mode de culture intensive et empoisonnée , finis escargots , chenilles et papillons sans parler des rejets de nos usines qui asphyxient toutes sortes de vivants , humains compris .
      C’est la place de milliers d’hectares et d’hectares de forêts et leurs habitants dois-je continuer .Pourquoi la seule remise en question de produits de beauté dits végan comme produits néfastes , dès la première goutte de pétrole , doit-elle jeter l’anathème sur le contributeur à cette simple question .Je n’y vois là aucune remise en cause des choix du véganisme .Mais que la confusion peut-être volontaire et opportuniste de la part des industriels : végan c’est forcément bio , c’est forcément bon !C’est peut-être une information pour certains .

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