L’Autorité européenne de sécurité des aliments dénonce l’élevage de lapins en cage

En France, les lapins d’élevage disposent d’à peine la surface d’une feuille A4 (600 cm2) pour vivre et grandir. Des conditions contre lesquelles s’élève l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

Rédigé par Paul Malo, le 10 Jan 2020, à 10 h 13 min

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) donne l’alerte : les élevages en cages conventionnelles dans l’Hexagone ne permettent pas de garantir le bien-être des lapins.

Moins que la surface d’une feuille A4

Mangez-vous du lapin ? Il s’agit en fait, en nombre, de la deuxième espèce élevée en Europe, derrière les poulets de chair. Si la Chine est en tête, la production européenne est la deuxième au monde, concentrée à 83 % en Espagne, en Italie… et en France. Au total, ce sont 29 millions de lapins qui ont ainsi été élevés afin de finir en civet dans l’Hexagone. Sur ce total, 99 % sont élevés dans des cages grillagées, dénuées de tout aménagement. Des conditions d’élevage dénoncées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

En juillet dernier, l’association L214 dénonçait un élevage des Deux-sèvres et le CIWF a mené avec 170 autres associations européennes, une Initiative citoyenne européenne (ICE) pour interdire l’élevage en cage pour toutes les volailles, les lapins, les truies et les veaux.

En effet, dans ces cages dites conventionnelles, leur hauteur de seulement 35 cm ne permet même pas au lapin de se dresser sur ses pattes arrière, ce qui constitue pourtant un réflexe instinctif propre à cet animal. Chacun dispose moins de la surface d’une feuille A4 (600 cm2) pour vivre. Entre impossibilité de se terrer, repos altéré et restriction de mouvement, l’EFSA pointe triplement, via trois avis scientifiques, les problèmes liés à de telles conditions d’élevage.

Une mortalité intensive

Pourtant, en mars 2017, le Parlement européen avait adopté une résolution demandant à la Commission européenne de légiférer, afin de supprimer l’élevage en cage de façon progressive. Il appartenait justement à l’EFSA de rendre un avis scientifique sur les conditions de vie et d’abattage des animaux élevés ainsi. Il lui aura donc fallu deux ans pour rendre son avis, appelant non seulement à agrandir les cages, mais aussi à les « enrichir » via des aménagements permettant aux lapins d’exprimer leur comportement naturel. Pour l’EFSA, seuls les élevages biologiques, en plein air, sont en mesure d’assurer les meilleures conditions de vie aux animaux.

Conséquence de cet élevage intensif : une mortalité élevée, autour de 20 %, sans parler des traitements ingurgités par les animaux. Plus généralement, l’EFSA appelle à une meilleure recension statistique des conditions d’élevage des lapins afin d’assurer le suivi correct de la filière. L’agence européenne s’est également emparée, dans un avis, du sujet de l’abattage. Elle s’inquiète en effet que « l’étourdissement électrique des bêtes ne parvienne pas toujours à les rendre inconscientes, provoquant des douleurs et du stress ».

Illustration bannière : Les lapins sont, en nombre d’animaux, la deuxième espèce élevée en Europe © Gorb Andrii
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