Le commerce équitable, bon pour les droits des femmes

La journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, est l’occasion de faire valoir les évolutions dans ce domaine. Bonne nouvelle : le commerce équitable permet aux femmes de connaître et de faire valoir leurs droits dans les pays du Sud. Une raison de plus pour passer à la consommation équitable !

Rédigé par , le 8 Mar 2026, à 13 h 09 min
Le commerce équitable, bon pour les droits des femmes
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On sait déjà que les femmes sont globalement moins payées que les hommes. Toutefois, cette disparité atteint des sommets dans les pays du Sud, spécialement dans le secteur de l’agriculture. Les femmes travaillent globalement plus que les hommes, et touchent une rémunération bien moindre.

Selon la FAO et Fairtrade International, les femmes assurent 2/3 des heures travaillées dans le monde, mais elles perçoivent moins de 10 % du revenu total mondial. Une inégalité qui illustre le poids des discriminations économiques persistantes dans les filières agricoles internationales.

Le commerce équitable permet toutefois de diminuer ces inégalités, en favorisant une meilleure rémunération des femmes et une plus grande connaissance de leurs droits. En soutenant des conditions de travail plus justes et en encourageant la participation des femmes aux décisions, il contribue à renforcer leur autonomie économique.

Paysannes Aymara de l'altiplano andin travaillant dans une coopérative agricole

Paysannes Aymara de l’altiplano andin © Ruslana Iurchenko

Le commerce équitable pour l’égalité de genres et les droits des femmes

Le commerce équitable vise à parvenir à une plus grande justice dans le commerce mondial, en favorisant une meilleure rémunération des producteurs agricoles, spécialement dans les pays du Sud. Il s’appuie également sur des actions de formation, d’éducation et de développement au sein des communautés rurales.

Alors que 70 % des agriculteurs dans certaines régions sont des femmes, elles sont souvent exclues des décisions prises par la coopérative et touchent une rémunération plus faible que les hommes, voire parfois inexistante. Cette situation limite leur autonomie financière et leur capacité à peser sur les choix collectifs.

Le commerce équitable tente de diminuer ces inégalités. Conformément à l’objectif de développement durable 5 de l’ONU, les 10 principes du commerce équitable attachent une grande importance à la non-discrimination, à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ainsi qu’à l’autonomisation économique des femmes.

Lorsqu’une coopérative de producteurs souhaite être certifiée Fairtrade/Max Havelaar (le principal label du commerce équitable), elle doit remplir certains critères concernant l’égalité homme/femme : la non-discrimination dans le recrutement, le salaire ou la formation, mais aussi la lutte contre le harcèlement, les intimidations sexuelles ou les attitudes injurieuses.

Les cahiers des charges prévoient également certaines protections sociales, parfois absentes dans la législation locale, comme le congé maternité ou l’accès à la sécurité sociale.

Pour Marike de Peña, porte-voix des petits paysans, ex-présidente de Fairtrade International et co-fondatrice du CLAC (Coordinadora Latino Americana y del Caribe de pequeños productores y trabajadores de comercio justo) :

« Le commerce équitable a pour objectif l’amélioration de la vie des familles et des communautés. Cela n’est pas possible sans la participation active des femmes, c’est pourquoi elles ne peuvent pas être exclues des décisions ».

Femmes productrices impliquées dans le commerce équitable

Femmes et commerce équitable, un couple qui fonctionne ! © Maximum Exposure PR

De nombreuses coopératives mettent aujourd’hui en place des programmes concrets pour améliorer la vie des femmes : services de santé, accès à l’eau potable, gardes d’enfants ou encore formations professionnelles. Ces initiatives permettent aux femmes d’avoir plus de temps pour travailler et surtout participer à la vie de la coopérative.

Ainsi, elles ont davantage voix au chapitre et peuvent prendre en main l’avenir de leur communauté et de leur travail. Certaines peuvent enfin accéder à des postes à responsabilités au sein de la coopérative voire au-delà.

Des écoles de leadership permettent par exemple d’acquérir des compétences en finance, négociation ou prise de décision, tout en sensibilisant aux enjeux liés à l’égalité de genre. Ces femmes transmettent ensuite ces connaissances au reste de la communauté.

En 2016, le commerce équitable aidait déjà 350.000 femmes à sortir de la pauvreté, rien que dans le secteur de l’agriculture.

Témoignage : une kenyane représentante des travailleurs africains

En 2016, Grace Cherotich Mwangi est une ouvrière horticole kényane. Elle travaille au sein de la ferme Karen Roses qui produit des roses équitables. Elle, qui a commencé en tant qu’ouvrière, a été promue responsable d’une équipe de 16 personnes.

Grâce aux comités mis en place par les cahiers des charges Fairtrade, elle a pu suivre une formation afin de sensibiliser les travailleurs au VIH. Elle assure désormais des formations au sein de la coopérative sur la prévention du VIH et la vie avec le virus.

Cette action fait partie des nombreux projets mis en place par la ferme pour ses salariés : accès à l’eau potable, salles de classe pour les enfants, formations ou programmes sociaux.

En 2013, Grace a été élue représentante des travailleurs africains au Conseil d’administration de Fairtrade Africa, le réseau qui regroupe toutes les organisations du système Fairtrade/Max Havelaar en Afrique.

Grace Mwangi dans une ferme de fleurs équitables au Kenya

Grace Mwangi dans l’atelier de fleurs © Fairtrade / Max Havelaar

Je n’aurais jamais imaginé représenter tous les travailleurs d’Afrique ! Nous les femmes avons le potentiel pour être des leaders et c’est extraordinaire de sentir qu’en tant que travailleurs, nous avons une voix !


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