Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons la chouette effraie

Si cette chouette n’est pas présente uniquement en milieu urbain, elle l’affectionne tout de même particulièrement. Aussi appelée « Effraie des clochers », voilà un rapace nocturne que vous arriverez peut-être à observer un jour. Mais pour vous donne toutes les chances d’y arriver, venez tout d’abord en apprendre un peu plus sur elle.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 30 Oct 2020, à 18 h 12 min

La chouette Effraie (Tyto alba), est une chouette à la face caractéristique et dont les capacités de chasse n’ont rien à envier à ses congénères rapaces. Vivant très proche de nous, elle n’en est pas pour autant vraiment bien connue du public. Munissez-vous de jumelles et venez découvrir, au crépuscule, cette chouette étonnante qui ne de cesse de voler au-dessus de nos têtes sans même que l’on s’en aperçoive ! Mieux la connaitre et le meilleur moyen de protéger notre biodiversité ordinaire.

Généralités sur la chouette Effraie

Son disque facial, caractéristique de l’espèce, est blanc entouré d’un liséré brun en forme de coeur dans lequel sont enfoncés deux yeux noirs difficiles à ignorer. D’une longueur d’environ 40 cm et d’une envergure d’un peu moins d’un mètre, la chouette effraie est un rapace de taille moyenne.

Pouvant nicher jusqu’à 1.500 mètres d’altitude, l’espèce n’est pourtant pas du tout présente dans nos principaux massifs à savoir dans les Alpes, les Pyrénées et dans le Massif central.

La chouette effraie ne fabrique pas de nid et se contente de trouver, à partir de février. un lieu qui soit suffisamment sécurisé pour élever ses petits (comme par exemple un clocher…)

Fait étonnant, cet oiseau est capable d’avoir une deuxième portée dans la même année, l’abondance de nourriture étant essentielle pour que la chose se produise. Il arrive même, mais de manière bien plus exceptionnelle encore, qu’elle fasse une troisième portée.

Une couvée ça mange énormément ! © PJR-Photography

Lire aussi : Les chouettes chevêches peinent à survivre… Comment les aider ?

Avec une moyenne d’environ 6 oeufs par couvée et un délai d’environ 3 mois entre l’éclosion des jeunes et leur envol, les années à trois couvées doivent être épuisantes pour les couples qui se collent à l’exercice !

Particularités de la chouette Effraie

Comme tous les rapaces dont c’est la particularité, les chouettes Effraie régurgitent des pelotes (deux par jour) constituées de tout ce qu’elles n’arrivent pas à digérer. Ces pelotes sont des outils incroyablement efficaces pour comprendre ce que ces animaux mangent et font l’objet autant d’études que d’ateliers pédagogiques qu’on vous conseille !

On sait ainsi clairement ce que la chouette Effraie consomme et ce quel que soit le milieu qu’elle fréquente de la prairie, à la ville en passant par les landes.

Les campagnols représentent ainsi la plus grande part de son alimentation, la classant presque d’entrée de jeu dans la catégorie des auxiliaires de culture même si son deuxième plat préféré est un autre auxiliaire de culture à savoir la musaraigne.
Souris et mulots tombent aussi régulièrement sous ses serres ce qui est moins le cas des reptiles, grenouilles et autres gros insectes.

Statut actuel de l’espèce

La chouette Effraie est protégée par les textes européens (Annexe II de la Convention de Berne), par les textes internationaux (Annexe II de la Convention de Washington et Annexe C1 de la CITES sur le commerce d’animaux sauvages) et par les textes français (Arrêté du 17 avril 1981 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire).
La chouette Effraie est, par ailleurs, classée en « préoccupation mineure » par l’UICN (Union Internationale de la Conservation de la Nature).

Les menaces qui planent sur la chouette Effraie

Si la chouette Effraie a un bon taux de reproduction comme on a pu le voir plus haut, il n’empêche qu’elle fait face à de nombreuses menaces qui sont à considérer si on souhaite lui donner un avenir.

Collisions routières

C’est là la première cause de mortalité des chouettes Effraie. En effet les collisions routières représentent la moitié du taux de mortalité de l’espèce !

Face à un véhicule, aucune chance de survie © FJAH

La rénovation des bâtiments

Il n’est de loin pas encore usage de prendre en compte la biodiversité quand on parle de patrimoine bâti. Les commanditaires de tels travaux font au mieux appel à des associations pour ne pas se faire tirer les oreilles par la suite mais de là à demander des avis d’experts comme ceux des bureaux d’études…

Les bâtiments se ferment ainsi de plus en plus notamment pour des raisons énergétiques, mais sans prendre en compte l’érosion de la biodiversité qui en découle.

Les produits chimiques

Les chouettes Effraie font parties d’une chaîne alimentaire dont ils sont un maillon important notamment de part la quantité de nourriture qu’elles ingurgitent.

Des proies, quelles qu’elles soient, empoisonnées ou simplement contenant des produits chimiques, vont peu à peu voir les chouettes qui les consomment accumuler ces produits chimiques dans leur corps.

Cancer, stérilité et autres pertes énergétiques ou dégénérescences génétiques deviennent alors des problèmes de taille après quelques années de consommation.

Lire aussi : Les chouettes, victimes collatérales des exploitations illicites de cannabis

Comment aider les chouettes Effraie

Mieux connaître pour mieux protéger… La chose est terriblement vraie pour toutes les formes de vie animales comme végétales car, si on ne sait pas comment fonctionne une espèce, comment donc la sauver ?

Impossible de confondre cette majestueuse chouette avec une autre © Mark Bridger

Passer dans une rue et entendre le cri caractéristique d’une chouette Effraie en la montrant du doigt au passant, c’est déjà sensibiliser ses concitoyens au simple fait que l’espèce est présente.

Au-delà de ces gestes du quotidien qui peuvent tout changer, vous pouvez aussi faire remonter des informations de présence aux associations de protection de la Nature qui centralisent certaines données de ce type (certaines revendent également ces données pour se financer). Vous pouvez par exemple vous rapprocher de votre Antenne LPO locale.

Illustration bannière : Chouette effraie en plein vol (Tyto alba) © Ondrej Prosicky
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