Nos formidables alliés en lutte biologique – La Musaraigne

Les auxiliaires de culture, ces animaux qui participent à la lutte biologique contre les ravageurs, sont nombreux. Arrêter d’utiliser des produits en tous genres et favoriser toutes ces espèces pour les remplacer est tout à fait envisageable. Mais pour ce faire il faut les connaître et savoir de quelle manière ils peuvent nous aider : découvrons ici la Musaraigne !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 27 May 2019, à 16 h 45 min

Favoriser les auxiliaires ennemis naturels des ravageurs des cultures est à la fois un moyen de laisser une place à la biodiversité et de réfléchir différemment notre production de fruits et légumes. La technique n’est pas nouvelle, mais elle gagne en efficacité au fur et à mesure des nouvelles expériences et du nombre croissant de personnes et de professionnelles qui l’utilisent.

Qui est la Musaraigne ?

La Musaraigne est un insectivore particulièrement vorace du fait de sa petite taille. En effet et selon l’espèce, la Musaraigne pèse de 2,5 à 28 grammes seulement. Elle doit consommer énormément de nourriture pour pouvoir maintenir sa température corporelle – jusqu’à plusieurs fois son poids par jour selon l’espèce – et pour faire fonctionner un coeur très musclé qui bat à toute vitesse – jusqu’à 1.000 battements par minute.

Une musaraigne (Sorex araneus) peu farouche © Shujaa_77

La France compte 10 espèces de ces micromammifères qui vivent en solitaire sauf à se croiser pour se reproduire ce qui peut avoir lieu jusqu’à quatre fois par an selon les conditions climatiques et du milieu.

Dans la chaîne alimentaire, ces animaux nocturnes et diurnes sont la proie de bien des prédateurs allant de la martre à la fouine en passant par la pie bavarde ou la cigogne et bien d’autres encore.

Lutte biologique et musaraigne : Ce qu’elle fait au potager

La Musaraigne a donc un besoin vital de se nourrir à la fois tous les jours et à la fois en grande quantité. C’est en cela qu’elle est très intéressante autant au potager chez vous que dans les cultures maraîchères de plus grande taille car elle se nourrit de nombre insectes mais aussi – et surtout dans ce cas précis – d’escargots et de jeunes limaces !

Dédaignant totalement nos fruits et légumes, ce qui nous arrange bien en lutte biologique, elle ne cause aucun dégât au potager… En résumé, avoir des musaraignes dans votre potager c’est vous assurer d’avoir des chasseurs hors normes et d’une voracité unique au monde à vos côtés !

Musaraigne pygmée du haut de ses 4 centimètres et 2,5 gramme © Rudmer Zwerver

Comment favoriser la présence de la musaraigne

Sans un milieu de vie adéquat, aucun animal qu’il soit auxiliaire de culture ou non, ne viendra s’installer.

Limiter l’usage de produits

L’utilisation de pesticides, d’herbicide ou de fongicides pour ne citer qu’eux, peut avoir un impact tout à fait déterminant sur la présence ou non des auxiliaires de cultures que sont les Musaraignes. Leur métabolisme extrêmement rapide faire qu’elles sont particulièrement sensibles à ces produits et en meurent très facilement et rapidement.

Mais attention aux idées reçues car il n’y a pas que les produits achetés en magasins qui peuvent avoir un effet négatif sur la présence des musaraignes. Quand vous réalisez vos propres purins qu’ils soient de prêle, de consoude ou de sureau par exemple, prenez garde à ne pas les utiliser trop près des lieux de fréquentation des musaraignes. Les plantes sont porteuses de principes actifs, c’est d’ailleurs pour cela qu’on les utilise en purin au potager, qui sont potentiellement tout aussi nocifs pour les auxiliaires de cultures.

Astuce : les Musaraignes apprécient être au chaud, si vous pouvez leur aménager un lieu propice (voir plus bas) près d’un muret ou d’un cabanon par exemple, vous éviterez qu’elles ne soient trop exposées à vos purins et autres décoctions.

Entretenir des espaces « naturels »

Pour les Musaraignes c’est de se déplacer qui est compliqué car elles peuvent être repérées par leurs prédateurs.

Planter et semer

Un couvert végétal digne de ce nom les dissimulera mais permettra en plus de favoriser d’autres auxiliaires tels que les Mantes religieuses et favorisera également tous les pollinisateurs sauvages !

Les haies à auxiliaire de culture sont aussi des lieux privilégiés de chasse pour les Musaraignes qui adorent fouiller dans les feuilles et la litière pour trouver de quoi se nourrir.

Pour vous procurer des graines de qualité, d’essences locales et produites localement, en somme pour rester cohérent, essayer de trouver des graines du réseau « végétal local ». Le réseau grandit et est très dynamique sur tout le territoire français !

Entretenir un compost

Les musaraignes trouveront presque tout ce dont elles ont besoin dans un compost entre un peu de nourriture et lieu pour se réfugier, dormir, se reposer, se reproduire… Quand vous utiliserez votre compost au printemps, vérifiez donc qu’il n’y ait pas d’habitant de ce type avant de tout répartir sur votre potager.

Si une musaraigne y est installée, laissez-lui un petit fond de compost que vous recouvrirez avec une bonne couche de feuilles mortes pour compenser !

Les chats sont de redoutables tueurs – inutiles – de musaraigne © Pictures_for_You

Pierres sèches

Les pierres empilées un peu n’importe comment (ou alors bien empilées mais en y laissant tout de même des interstices de bonne taille) sont du pain béni autant pour les musaraignes que pour d’autres auxiliaires de culture tels que les lézards.

Vous pouvez également utiliser des tuiles ou des briques pour réaliser un empilement qui doit tout de même faire 30 centimètres de hauteur, être enterré d’à peu près 10 centimètres et couvrir une surface d’au moins un mètre carré quelle que soit la forme que vous choisirez.

Illustration bannière : Musaraigne (Crocidura leucodon) présente dans la moitié nord de la France © Rudmer Zwerver
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