La Chine croule sous les vêtements usés dont personne ne veut

La Chine est confrontée à une production massive de déchets vestimentaires car personne ne veut acheter des vêtements de deuxième main.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 22 Oct 2020, à 10 h 31 min

Dans les pays occidentaux, acheter des vêtements d’occasion est devenu à la fois une manière de faire des économies et un véritable acte écologique : on évite de créer de nouveaux déchets en réutilisant ce que les autres ont jeté. Mais en Chine, la tendance est tout l’inverse. Résultat : des centaines de tonnes de vêtements s’accumulent dans les décharges… car personne n’en veut.

Vêtements : 26 millions de tonnes de déchets par an en Chine

La croissance incroyable de l’économie chinoise, qui même en 2020 et malgré la pandémie devrait être en positif, a fait du pays une véritable usine… de déchets. Car si en Europe il est possible de s’offrir un t-shirt produit en Chine pour quelques euros seulement, à condition de ne pas être regardant sur la qualité, les conditions de travail ou l’impact écologique du produit, en Chine c’est encore pire : quelques yuans suffisent.

Atelier de fabrication de vêtements © catastrophe_OL – Shutterstock

Et ce n’est pas tout : les Chinois veulent montrer qu’ils sont les nouveaux riches, qu’ils ont de quoi consommer, de quoi acheter. Une tendance sociétale qui fait qu’acheter des produits de deuxième main, en particulier les vêtements, est mal vu. Résultat : on estime à 26 millions de tonnes par an la production de déchets vestimentaires du pays le plus peuplé du monde.

Une production telle que, comme le souligne Bloomberg (1) dans un article publié le 18 octobre 2020, plus de 650 décharges ont été créées afin de stocker ces déchets… et elles ne suffisent pas.

Lire aussi – L’upcycling : une tendance écoresponsable qui redonne vie aux vieux vêtements

Un véritable problème sans solution

Si les Chinois ne veulent pas acheter des vêtements d’occasion, c’est qu’ils jugent que cela n’est réservé qu’aux pauvres… et que le gouvernement n’aide en rien à changer cette vision. D’ailleurs, il est interdit de revendre des vêtements d’occasion : la loi ne réserve ces derniers qu’aux oeuvres de charité ; et il interdit même de profiter du recyclage.

Les magasins chinois regorgent de marchandise à bas prix © Sorbis

Que faire de ces vêtements ? Ils s’entassent, tout simplement. Une partie est revendue à l’exportation, surtout en Afrique mais également dans les pays occidentaux, quelques tentatives de recyclage, dans le bâtiment notamment, commencent à voir le jour… mais la majorité est incinérée ou pire, déversée dans la mer.

Illustration bannière :  Ballots de vêtements usagés qui s’entassent dans des entrepôts © Martin de Jong
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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

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