L’indicible cruauté de la chasse au ferme ou le sadisme sur sanglier mourant

Infliger des coups d’épieu à un animal blessé ou le regarder en train d’être mordu par des chiens est une pratique courante lors de parties de chasse, révèle le naturaliste Pierre Rigaux sur le média en ligne Reporterre.

Rédigé par Anton Kunin, le 8 Jan 2021, à 11 h 40 min
L’indicible cruauté de la chasse au ferme ou le sadisme sur sanglier mourant
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Reporterre a obtenu une vingtaine de vidéos, tournées dans différentes régions de France et par différents équipages de chasseurs. Un dénominateur commun : le sadisme sur animal mourant !

La cruauté lors de parties de chasse, une chose banale

Si vous croyez que la chasse se fait uniquement avec des armes à feu, c’est que vous ne connaissez pas suffisamment ses réalités. Dans une tribune publiée sur le média en ligne Reporterre, Pierre Rigaux, naturaliste, spécialiste des mammifères et membre de la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères (SFEPM) et de l’association Cap loup, attire notre attention sur la violence gratuite qui accompagne très souvent les parties de chasse au sanglier.

La pratique dénoncée par Pierre Rigaux est ce que les chasseurs appellent « le ferme ». Il s’agit, une fois l’animal blessé et à bout de forces après une longue poursuite, de lui infliger des blessures à l’arme blanche.
Épieux, dagues, couteaux… : l’arsenal des chasseurs est impressionnant.
Il n’est pas rare non plus que les chasseurs laissent leurs chiens mordre un sanglier mourant, parfois même en les encourageant, et regardent l’animal gémir de douleur.

[Attention images parfois insoutenables !]

Lire aussi : Sangliers : nuisances, chasse et autres problématiques

Le « ferme » : il n’existe pas de leviers législatifs pour l’interdire

Selon Pierre Rigaux, qui a étudié 22 vidéos de « ferme » tournées par les chasseurs et obtenues grâce à un infiltré, les chasseurs considèrent le fait d’infliger ces souffrances comme un moment de bravoure. Les « héros d’un jour » se font d’ailleurs féliciter par leurs camarades pour avoir terrassé l’animal : faire souffrir la proie, « une pratique banale dans le milieu de la chasse aux sangliers » !

Faire interdire ces pratiques cruelles est néanmoins compliqué. Comme le rappelle Pierre Rigaux, l’utilisation d’armes blanches n’est pas considérée par la loi comme un acte de chasse, il s’agit officiellement d’un moyen d’achever un animal déjà mortellement blessé par un tir ou « aux abois », qui ne peut plus s’enfuir.
Quant à l’introduction récente dans le Code pénal de dispositions punissant le fait d’exercer des sévices graves ou des actes de cruauté envers des animaux, elles ne concernent que les « animaux domestiques ou apprivoisés ou tenus en captivité ».

Des pratiques ‘dans l’éthique normale de la chasse et du respect du vivant’ pour le patron des chasseurs © Joaquin Corbalan P

Et les chasseurs eux-mêmes ? Ils ne semblent pas en être choqués outre mesure. Le 5 janvier 2021, Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, déclarait à France Inter qu’il s’agissait de pratiques « dans l’éthique normale de la chasse et du respect du vivant »[sic].

Illustration bannière : Sanglier abattu lors d’une partie de chasse © mmpixel91

 

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Willy SCHRAEN est un minable pauvre type qui s’imagine dans la peau d’un héros ! bel héroïsme que de pourchasser et tuer des animaux innocents; c’est un nuisible, le chef des nuisibles

  2. pourritures de chasseurs.
    J’espère qu’ils ne sont pas tous aussi barbares comme au moyen age

  3. pourritures de chasseurs

  4. Finalement, rien à changé depuis le sketch des Inconnus en guise de satire sur les chasseurs. Car beauf tu es, beauf tu resteras.

  5. Finalement, rien à changé depuis le sketch des Inconnus en guise de satire sur les chasseurs. Car beauf tues, beauf tu resteras.

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