Sangliers : nuisances, chasse et autres problématiques

La chasse au sanglier est un sujet qui fait débat depuis longtemps et qui ne cesse de revenir sur la table dès que les populations de l’espèce prennent un peu trop de place. C’est le cas cette année avec une forte augmentation du nombre sangliers.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 25 Nov 2019, à 13 h 10 min

Le problème n’est pas nouveau que celui de la gestion des sangliers mais, réchauffement climatique oblige, nous risquons d’en parler de plus en plus. Les nuisances occasionnées par les sangliers ne sont pas quantités négligeables et confier la gestion de l’espèce aux chasseurs est discutable. Rapide tour d’horizon.

Les sangliers, barons de l’adaptation

Les sangliers sont chassés par les humains depuis des milliers d’années, ce qui implique une certaine adaptation de l’espèce à cette pression. On voit ainsi depuis quelques temps des laies (femelles sanglier) donner naissance à des petits l’année même de leur propre naissance à elles, ce qui n’arrivait pas avant.

Le sanglier est une bête somme toute massive et impressionnante © Martin Prochazkacz

Mais le sanglier s’adapte aussi au réchauffement climatique, qui pour lui constitue plus une aubaine qu’un véritable problème. En effet, avec des températures de plus en plus clémentes, les arbres fructifient de plus en plus, fournissant une source de nourriture abondante pour ces mammifères omnivores.

Autrefois, on parlait de fructification exceptionnelle tous les huit à dix ans selon les lieux et les essences. Désormais nous en avons tous les deux ans voir tous les ans, bien qu’on manque encore cruellement de retour d’expérience en la matière.

Une chose est sure, que ce soit des humains ou du réchauffement climatique, le sanglier tire profit et ressent de moins en moins la faim.

Sangliers et chasseurs, une relation aussi passionnelle que sulfureuse

Les chasseurs ont un rôle de régulateur pour les espèces qui pourraient pulluler et éventuellement déséquilibrer les écosystèmes. Ou quelque chose dans le genre, étant donné que ces derniers temps, on a de plus en plus de mal à comprendre leur positionnement.

Ceci mis à part, la population de chasseurs diminue d’une part et vieillie de l’autre, ce qui amène à une conséquence simple mais avérée : ils sont globalement moins efficaces à tuer, ce qui laisse un peu plus de place… aux sangliers.

Mais là où la chose est plus compliquée à saisir, c’est dans le cas de l’agrainage. Il s’agit d’une technique largement et massivement répandue sur les territoires de chasse, qui consiste à distribuer du grain (de maïs) en forêt pour nourrir les sangliers.

L’agrainage est rarement fait comme cela, mais il n’est pas si souvent fait avec mesure © photowind

Cette technique permettrait de maintenir les sangliers en milieu forestier et de faciliter leur tir en les amenant à un endroit précis. Mais nourrir des animaux sauvages les amènent à se dédouaner de la recherche alimentaire et de la sélection… Sans compter que cela implique de produire des dizaines de milliers de tonnes de maïs, certainement pas bio, pour nourrir du gibier qui déjà pullule !

Il existe un chasseur de sanglier dont on ne parle malheureusement que peu car il fait justement de la concurrence aux chasseurs : le loup. Seul animal réellement capable de tuer des sangliers (le lynx ne s’attaque qu’aux marcassins), le loup a toute sa place dans l’équation de gestion des sangliers, encore faut-il la lui donner.

Lire aussi : Comment réintroduire le loup tout en protégeant les troupeaux ?

Des dégâts conséquents

Les dégâts se font principalement sentir chez les agriculteurs qui, surtout dans le cas de parcelles en lisières forestières, se retrouvent sous pression quelle que soit le type de culture. Une harde de sanglier entrant dans un champ à cause de la surpopulation en milieu forestier peut faire des dégâts considérables aux cultures !

Pour les particuliers la danse est sensiblement la même car, hormis les problématiques routières avec des accidents souvent impressionnants du fait de la taille et du poids de l’animal, les sangliers peuvent également faire des dégâts conséquents dans les propriétés.

Et soyons clairs à ce sujet, un sanglier de 150 kilogrammes qui entre chez vous pour faire un tour dans le potager cela pourrait aller, mais un sanglier de 300 kilogrammes en colère qui cherche à se réfugier, ce n’est pas le même son de cor, surtout si votre assureur n’est pas ouvert à la discussion.

Illustration bannière : Harde de sangliers avec tous les âges © WildMedia
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ah la légende du loup chasseur de sanglier, dont les populations explosent partout dans le monde, bien évidemment à cause des chasseurs français et malgré une présence plus que notable de loups dans nombre de pays (Italie, Roumanie). Pourquoi le loup s’attaquerait il en prenant de gros risques aux sangliers alors que brebis, chèvres, génisses et autres juments sont autrement plus simples à tuer?

    Un oubli cependant dans votre article, l’état déplorable de la plupart des réserves naturelles gérées par des ONGs envahies de sangliers et de ragondins au détriment du reste de la faune et provoquant des centaines de battues administratives chaque année

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