Ces Ginks qui refusent les enfants

Les aspirations des citoyens modernes et des consommateurs sont de plus en plus influencés par la conscience de l’état de notre planète.

Rédigé par Jean-Marie, le 12 May 2017, à 16 h 26 min

Le phénomène de la nouvelle consommation recouvre des comportements nouveaux. Après vous avoir frait découvrir le mouvement Lohas, le wwoofing, le slow wear, la sobriété volontaire, etc. nous vous faisons découvrir les Ginks : ces femmes qui refusent la joie de la maternité.

L’amour de la Terre … sans faire de bébé

Beaucoup ne comprennent pas qu’une femme ne puisse pas avoir envie de faire des enfants. Et pourtant, les Ginks (green inclined, no kids) sont des femmes qui font le choix de ne pas avoir d’enfants pour tenir compte de l’état de l’Humanité et de la planète.

Comme le dit Martine, 42 ans à Paris, “Je n’avais pas envie de donner naissance à un petit homme qui aurait vécu dans notre époque, avec un avenir sombre alors même que l’explosion démographique m’effraie. Le désir de maternité n’a jamais pris le pas sur cette réticence à donner la vie dans un monde peu propice.”

D’autres femmes sont plus militantes à l’instar de celle qui a donné son nom au mouvement Ginks : “Je suis sans enfant et j’en suis fière“, clame Lisa Hymas. Une revendication qui va à l’encontre de bien des clichés. Ainsi Jean-Pierre qui est sûr que “toutes les femmes veulent des enfants. Un jour ou l’autre, le désir de bébé les rattrape. Pas nous.

Les motivations du refus d’enfants sont idéologiques

Pour la protection de la planète, pour ne pas peser plus en termes d’empreinte climatique, pour ne pas contribuer à l’explosion démographique, l’épuisement des ressources naturelles, … Parmi les Ginks, les motivations idéologiques sont fréquentes. On peut distinguer :

  • les ginks simples child free qui ne ne veulent pas d’enfants et n’en font pas toute une histoire. Les child free veulent juste qu’on les laisse tranquilles ;
  • les ginks anti-natalistes qui sont pour le contrôle du nombre de naissances maximum par famille ;
  • les ginks dénatalistes, proches du mouvement de la décroissance, qui sont favorable une diminution de la population humaine.

Les femmes sans enfants, entre coming out et culpabilité

Beaucoup de femmes ont du mal à se confier et certaines sont soulagées de constater que leur “non désir” d’enfants n’est pas unique : “je me suis limitée à 1 enfant mais si j’étais plus jeune, je ferai partie de ces ginks que j’admire totalement. C’est la nouvelle sagesse qui peut sauver notre monde et j’espère que cela gagnera beaucoup de femmes convaincues de la noblesse efficace de ce choix. Merci aux ‘mutantes’ qui ouvrent la route.”

Ou bien “Je me sentais un peu anormale et suis rassurée, soulagée, de voir que d’autres femmes partagent ce que je ressens. Je n’ai osé le dire à personne, mais moi les enfants, j’aurais pu ne pas en faire. Mon mari ne comprendrait pas

Ne pas vouloir d’enfants, ce n’est pas forcément ne pas les aimer comme l’explique Brigitte :  “J’aime les enfants, c’est aussi pour cette raison que je n’en fait pas, d’ailleurs je vis actuellement une relation avec un homme qui en a quatre, c’est ma façon à moi de m’en occuper, et cette expérience me conforte largement dans mon choix.”

L’adoption comme alternative au modèle familial classique

Jean-Pierre et Michèle ont deux enfants, adoptés.

Ce n’est pas facile d’affronter le schéma classique de famille idéale qui fait des enfants comme modèle du bonheur social. On a du s’aider et s’épauler dans notre conviction écologiste. Pour nous, ça peut sembler paradoxal, choisir de ne pas avoir d’enfants, c’est un humanisme. C’est un choix qu’on assume bien maintenant.”

Évidemment, ce choix scandalise beaucoup de personnes, notamment des religieux ou tout simplement celles convaincues que la destinée de l’homme est de croître et se multiplier… Quel que soit l’état de la planète.

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

18 commentaires Donnez votre avis
  1. Le désir de ne pas avoir d’enfant est un choix (qui se respecte, certes) qui concerne l’individu au sens strict.

    Par conséquent, j’estime qu’il faut assumer l’individualisme jusqu’au bout et ne pas se regrouper derrière de prétendues préoccupations écologiques qui font qu’on se sente conforté dans son choix.

    Parfois ce choix ne s’explique même pas et est purement instinctif, guidé peut-être par quelque bizarrerie du génome, mais socialement parlant ce ne serait pas “convenable”… et puis comme critère d’appartenance, c’est plus compliqué.

    Quant à sauver la planète, de quoi… de nous ? Elle sait bien s’y prendre toute seule, n’ayez crainte, elle a tout le temps devant elle pour ça.
    C’est bien présomptueux que de penser pouvoir y faire quelque chose.

  2. Mais si les gens qui ont une conscience écologique, une sensibilité pour le devenir de la planète, de ses animaux, de sa végétation… ne se reproduisent plus… et si ceux qui saccagent la planète, industriels, capitalistes, pollueurs qui se reproduisent sans scrupule car ils s’en fichent de l’avenir de la planète, alors…. vous voyez le problème ? Irez-vous éduquer les enfants des pollueurs ? (on peut espérer que dans le lot certains auront des prises de conscience, mais les vrais gros pollueurs vivent dans des sérails, loin de la réalité, savent s’auto-convaincre à coup d’études scientifiques achetées et bidonnées…). Vous criez au sauvetage de la planète mais d’un autre côté vous allez la laisser aux mains de ces gens qui la détruisent. Finalement vous aussi vous adoptez le “après moi le déluge”… Trop dommage, sans vouloir embrigader nos enfants pour qu’ils deviennent des soldats verts, on peut continuer à se reproduire et transmettre le meilleur pour que le meilleur advienne. (Avez-vous vu le film Idiocraty? C’est light mais c’est un peu le sujet). Je ne voudrais vraiment pas que ces propos soient pris pour des reproches, chacun fait bien ce qu’il veut et heureusement, mais stratégiquement, pour la planète, ce serait mieux que vous ayez des enfants et que vous soyez remplis d’optiréalisme 🙂

    • Bravo ! tres clair et exactement ce que j aurai dis ^^

  3. Bonjour,
    Je veux juste remercier Christine, premier témoignage de cette page. J’ai 41 ans et je viens de découvrir moi aussi que je suis une gink dénataliste. Je n’ai jamais voulu avoir d’enfant : au début par peur des responsabilités (comment prendre soin d’une personne quand on ne se respecte pas soi-même!) et depuis quelques années par respect pour l’humanité. J’ai réalisé qu’autour de moi les parents ont fait des enfants, d’une part pour avoir quelqu’un qui s’occupera d’eux plus tard et, d’autre part pour aimer de manière inconditionnelle une partie d’eux mêmes. Je ressens que, pour la plupart, profondément, ils ne veulent pas d’enfant (sinon l’adoption les comblerait), ils veulent une parfaite reproduction d’eux mêmes. Ils ne s’aiment pas, ils ont des regrets et des reproches à se faire. L’enfant est l’espoir de mieux faire à l’avenir. Je trouve cela très grave! Comment oser charger autant les épaules d’un être que l’on dit adorer. Je crois que nous avons la responsabilité d’apprendre à nous aimer et nous respecter nous-mêmes; il devient urgent de cesser de transférer nos projets aux enfants. Je n’appartient à aucun groupe religieux ou spirituel, je sens juste que le meilleur moyen de préserver notre planète et l’humanité, c’est d’abord de nous aimer-nous mêmes et de cesser de croire que les générations à venir sauront mieux faire.
    Merci.

  4. cet article me donne une fois encore la sensation qu’en ne désirant pas d’enfants, il faille se justifier…
    pourquoi le monde cherche inlassablement à coller des étiquettes partout où il le peut.

    je ne désire pas d’enfant, les raisons ne concernent que moi et les gens qui ne sont pas capables de l’accepter n’ont qu’a passer leur chemin.

    je ne désire pas non plus porter l’étiquette de “childfree” ou “ginks”…;je suis ce que je suis et si mon corps à été conçu dans l’éventualité de procréer, cela ne signifie pas que s’en devienne un passage obligatoire dans ma vie de femme.

    on entend souvent le terme “triste”, quand on parle des femmes qui n’ont pas ce désir…j’avoue sincèrement me faire exactement la même réflexion de la vie d’une femme avec un enfant.

    laissez les gens faire leur propre choix pour leur propre vie.

    je n’ai pas besoin de me sentir appartenir à un mouvement pour estimer ce qui pourrait bien me rendre heureuse ou pas.

    mon corps et ma vie n’appartiennent qu’a moi, pas à l’opinion publique !

  5. Je ne suis pas d’accord pour dire “non” à la vie.
    Bien sûr la planète compte beaucoup de monde , mais ce n’est pas dans les pays dits “développés” qu’il y a surnatalité. Les pays en voie de développement sont en train de réduire leur natalité en même temps que les soins aux enfants se généralisent.
    Bien sur on peut être créatif autrement qu’en faisant des enfants, et je peux comprendre et je respecte ce choix , mais il ne faudrait pas qu’il se généralise.

  6. Je comprends est respecte le choix de ces femmes, pourtant je ne peux m’empêcher de pensé que la naissance doit être “responsable” et en accord avec ce que l’on peux donner, l’éducation, les études et une vie épanouie.
    Je m’explique: si au regard de ces points on étaient tous d’accord, la croissance démographie serais plus équilibrée car on ne ferai pas d’enfants au dessus de ses “moyens” (pas que financiers) du coup il y aurais env 2 enfants par foyer…
    Mais surtout je ne peux m’empêcher que les enfants sont l’avenir et que c’est dans l’éducation que nous leurs donnons que tout ce joue, j’espère élever le mien en humain et consommateur responsable, c’est depuis le plus jeune age qu’il faut commencer !
    dans cette voie j’espère que les futures générations ne recommencerons pas nos erreurs !

  7. un simple mot en considérant ces femmes sans enfants me vient à l’esprit: “triste”…

  8. La perspective que vous donnez est effarante: ce n’est bien sûr pas des FEMMES “n’ayant pas de désir de maternité” dont il est question, mais bien aux femmes et hommes, d’abord suffisamment amoureux pour désirer donner ensemble à un enfant,puis,
    2°- dans ce monde, tel qu’il se présente à nous, tel que nous l’acceptons: c’est à dire, nous défaits, devant la consommation ayant tout saccagé en moins de 50 ans.)
    Désolant de constater que vous en êtes encore à “postuler” que “Les Femmes”(??) ont, ou n’ont pas, de désir de maternité.
    Les femmes ont, ou n’ont pas de désir de grossesse, ce qui, dans ce cas précis, entraîne forcément qu’il ne s’agisse plus de raisonner en termes de “femme”(femme d’un homme), mais bien en terme de “femelle”.
    (évidemment, il y a le désir homosexuel, d’enfant, ET de grossesse, que je n’oublie pas)
    ce que je veux entendre par là, démographie ou PAS, c’est que les citoyens, ou consommateurs, ont aussi “aligné” dans leur désir de consommer, cad d’AVOIR(cf les photos de Pub de mannequins fichées(nanties) de leur “bébé” (ah oui,(rappel): un enfant n’est pas un ado boutonneux très malheureux ou très amoureux ou suicidaire, ou… pauvre…!, ou qui côute très cher, c’est un “BEBE”.(beau, blond).! forcément-.

  9. Bravo, quel beau projet de vie qu’une telle décision. J’ai pris conscience trop tard (j’ai 70 ans) que c’était la décision “d’avenir” dans tous les sens du mot -déjà dans cette tendance, je me suis limitée à 1 enfant mais si j’étais plus jeune, je ferai partie de ces ginks que j’admire totalement. C’est la nouvelle sagesse qui peut sauver notre monde et j’espère que cela gagnera beaucoup de femmes convaincues de la noblesse efficace de ce choix. Merci aux “mutantes” qui ouvrent la route.

    • Jean-Marie

      Merci de vos réponses et témoignages. En rédigeant cet article, je pensais bien que cette sensibilité ne concerne pas que les femmes aux Etats-Unis mais aussi la France.
      Vous ne faites que confirmer que vous n’êtes pas si isolées que ça et qu’il y a un vrai courant “gink” dans notre pays. Pour l’avoir entendu dans mon entourage, je peux aussi ajouter qu’il y a aussi des hommes qui partagent cette opinion sur la procréation, les enfants, la planète… Peut-être plus encore que les femmes, mais on en parle moins car un homme qui ne veut pas d’enfant fait mois … jaser ?

    • Quel Avenir ? il n y en a pas avec ce genre raisonnement …. Oui celui d une fin d el humanité , génial la planète est sauvée !! elle est sauvée aussi la nature, le monde est magnifique , plus pollué , les animaux sont heureux !!! Heu , c est super mais qui va en profiter ? ben personne //// je préfère essayer de sauver la planète en éduquant qu attendre que l humanité disparaisse pour que personne n ai le bonheur de voir un arbre ou la mer ….

  10. Ca soulage énormément de ne pas se sentir seule face à ce choix personnel. Nous sommes tellement formatées dès l’enfance à croire à un certain modèle familial et sociétal qu’il est très dur de faire entendre un autre son de cloche. Quoique avec le temps celà évolue doucement, je me sens moi aussi une gink globalement. Celà pour plusieurs raisons : j’aproche de la quarantaine et je n’ai toujours pas de vie financière stable, comment en proposer une à des enfants ?, la planète est déjà surpeuplée pourquoi la peupler encore alors que les ressources s’épuisent ?

    • En bonne santé, rien de plus facile que faire un enfant, le plus misérable petit vermisseau n’en fait il pas ?
      Plus dur de ne pas en faire… quand on le peut.
      Les plus célèbres patriarches de la Bible en avaient peu ou pas (Mathusalem par ex)
      Les malades se nettoient à travers leurs enfants qui naissent malades – bien connues les femmes malades durant la grossesse et guéries à l’accouchement
      Pourquoi certains en veulent ils de toutes leurs forces alors que l’univers a décidé qu’ils n’y ont pas droit ? Faute de 2 personnes biologiquement incompatibles… Changer de partenaire évitera bien des déconvenues au couple par la suite… mais nous sommes dans une époque aussi sentimentale qu’elle peut être meurtrière, la face et le dos !
      Bref, les femmes de ma famille n’en ont pas fait dans ce monde de veaux qui vont aux abattoirs et puis…
      si même le plus misérable, peut le faire, ce n’est qu’une fonction et surement pas un idéal

      il est vrai que : dur d’être seul et diminué, mais beaucoup laissent tomber leurs parents

      Courage, fuyons !

    • Bonjour,
      Je recherche des témoignages pour une chronique radio. Seriez-vous intéressée ? Merci de me contacter par mail : angelique_mangon@hotmail.fr

  11. Merci pour cet article. J’ai enfin un nom! J’ai appris que je suis une ginks dénataliste.
    Mais je l’assume pleinement depuis un an. Je rencontre de plus en plus de gens comme moi et plus personne n’ose me montrer du doigt. Je crois qu’en fait beaucoup se rendent compte qu’ils se sont pliés au dictat de la société qui prône la reproduction comme l’aboutissement du couple, cela donne un sens à leur vie. Certains m’ont même demandé à qui je laisserai ma maison quand je mourrai et qui s’occupera de moi quand je serai vieille! Comme si on faisait un enfant pour assurer nos vieux jours! D’autres m’ont traitée d’égoïste et je leur ai rétorqué que les égoïstes étaient ceux qui faisaient un enfant pour les assister quand ils seraient vieux!
    Moi je pense que l’explosion démographique obligera à détruire encore plus la nature pour les cultures et les logements et augmentera le problème de la faim dans le monde et de l’accès à l’eau potable.
    Je risque de choquer certaines personnes mais j’assume pleinement mes idées.

  12. j’ai 72ans deux filles avec 2 maris j’avais conscience de l’état de la planete a l’époque et c’est pour cela que je n’en ai fais que 2!! on m’a toujours traité de folle avec mes ideés !! chez moi ma maison est chauffée au solaire , c’étati il y a 13 ans j’étais encore traité de folle!!

    • cela montre qu’avoir raison trop tôt n’est pas avoir tort. Mais il est difficile de résister à la pression sociale et je pense que les femmes Ginks ne se déclarent pas forcément ; ce mouvement les aidera peut être à faire leur “coming out” ?

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