Birmanie : des trafics pour la peau des éléphants

Après l’ivoire, c’est maintenant la peau des éléphants qui est recherchée et commercialisée. Un trafic criminel visant une espèce en voie de disparition.

Rédigé par Maylis Choné, le 23 Jan 2017, à 10 h 50 min

Les petites échoppes sont très fières d’en vendre comme remède… Et pourtant, le commerce de peau d’éléphants est illégal et menace toujours plus les éléphants birmans.

Des remèdes à base de peau d’éléphant

« Vous brûlez des morceaux de peau placés dans une marmite en argile. Ensuite, vous mélangez les cendres avec de l’huile de coco que vous appliquez sur les plaques d’eczéma » explique un vendeur dans une petite échoppe de médecine traditionnelle qui regorge de produits à base de morceaux d’animaux. Cet autre commerçant vante sa pâte à base de dents d’éléphant qui permet de « guérir les boutons et d’éliminer les points noirs. Votre visage sera lisse et blanc après utilisation ».

Miracle contre l’eczéma ou excellent pour éliminer les points noirs du visage ? Dans les marchés, les vendeurs de peau d’éléphant promettent monts et merveilles à leurs clients. C’est la nouvelle mode en Birmanie où l’on s’arrache à prix d’or de toutes petites parcelles de peau : 4 euros le carré de 2 ou 3 centimètres de côté. La majeure partie des produits part en Chine qui raffole de produits exotiques.

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© Pumtek – Shutterstock

Les pachydermes birmans en voie de disparition

L’ONU et les ONG telles que Traffic et Wildlife Conservation Society, s’alarment devant les massacres d’éléphants qu’engendrent ces trafics souvent subventionnés par les mafias chinoises ou thaïlandaises. Et pour cause, le nombre d’éléphants birmans, une espèce bien typique, est en chute libre. D’après l’AFP, « Le nombre d’éléphants sauvages a été divisé par deux en moins d’une décennie en Birmanie. Il en resterait entre 2.000 et 3.000, d’après les chiffres du gouvernement publiés cette semaine. »

La chasse à l’ivoire, le commerce de peau mais aussi de dents et d’os, pour fabriquer des bijoux, sont fréquents malgré la législation en cours dans le pays. La loi existe mais est-elle dissuasive ? L’amende la plus élevée atteint les 60 dollars. Est-ce suffisant pour faire changer d’avis les trafiquants ? Pour Vincent Nijman, spécialiste des trafics de la faune birmane, « il y a un manque de volonté politique et la société dans son ensemble n’est pas vraiment intéressée par cette question. »

Illustration bannière © Ninja SS – Shutterstock

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