Attentats : le traumatisme moral a des conséquences sur la santé

Même si elles n’ont pas été touchées physiquement par l’agression, les personnes présentes sur les lieux d’un attentat peuvent développer un stress post-traumatique (SPT) préjudiciable à leur santé.

Rédigé par Valérie Dewerte, le 19 Jul 2016, à 15 h 03 min

Oui, une personne présente sur les lieux d’un attentat terroriste peut développer des pathologies graves, même sans avoir été touchée physiquement par l’attentat.

Lors d’attentats, la mémoire traumatique change la personnalité de la victime

La « mémoire traumatique », dont le fonctionnement a été popularisé auprès des psychologues et psychiatres par la psychiatre française Muriel Salmona, a des conséquences sur la santé physique. Les frayeurs nocturnes, le manque de sommeil, l’agoraphobie (la peur des places et des foules), tout cela fatigue l’organisme, et en dérègle le fonctionnement.

Les conséquences comme une perte de poids, ou au contraire une prise de poids excessif, une fatigue chronique, des troubles digestifs ou musculo-squelettiques, voire parfois des troubles cardiaques, ne sont pas rares. Certaines victimes de syndrome post-traumatique (SPT) déclenchent même un diabète de type 2. Sans parler bien sûr des dépressions, fréquentes, dont les conséquences sur la santé physique sont également connues.

Après les attentats, certains survivants adoptent des conduites à risque

Quant à celles et ceux qui, en apparence, ne somatisent pas l’attentat dont ils ont été victimes ou spectateurs, il n’est pas rare de voir leur comportement changer au cours des mois et des années qui suivent, notamment par l’adoption de conduites à risque : sports extrêmes, alcool ou drogue, hypersexualité, rapports multiples et non protégés…

Le fait d’avoir réchappé à un attentat place en effet les personnes en situation de survivants, ce qui les pousse parfois, inconsciemment bien-sûr, à se mettre en danger. Explication : les émotions auxquelles ils ont été soumis lors de l’attentat étaient tellement intenses, que leur système nerveux s’en est déconnecté pour ne pas en subir les conséquences. Pour pouvoir ressentir à nouveau des émotions, il leur faut alors des stimuli beaucoup plus intenses.

Les médecins sont encore réticents à associer certaines pathologies au SPT. Mais il suffit souvent d’une seule consultation auprès d’un psychiatre ou psychologue, de préférence spécialiste des SPT, pour que les liens se fassent. Une thérapie semble donc s’imposer pour en gommer les effets des traumatismes vécus sur les lieux d’attentats.

Illustration bannière : © Mila May Shutterstock
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