Adolescents : mieux dormir pour mieux apprendre

En 50 ans, la population française a perdu une heure de sommeil. En cause, les écrans et la surconsommation d’informations dont nous sommes friands (et abreuvés).

Rédigé par Sandrine Pouchain, le 9 Mar 2017, à 17 h 45 min

De plus en plus d’adolescents sont ainsi en dette de sommeil, ce qui entraîne des difficultés de concentration, de mémorisation, une baisse des résultats scolaires, une humeur fluctuante (à un âge où les hormones influent déjà beaucoup sur leur humeur), voire des dépressions. Comment aider nos adolescents à mieux dormir pour mieux apprendre ? Le docteur Debs, neurologue spécialiste du sommeil et praticien hospitalier au CHU de Toulouse, nous répond.

Qu’en est-il du sommeil des adolescents aujourd’hui ?

Les adolescents d’aujourd’hui ne dorment pas assez en semaine et récupèrent le week-end. En moyenne, ils ont besoin de dormir 9,2 heures par nuit. Les petits dormeurs auront besoin de moins de sommeil, tandis que les gros dormeurs auront besoin de plus. Chaque individu a un sommeil qui lui est propre et il faut qu’il se l’approprie.

Pour savoir si votre adolescent dort assez, voyez comment il se réveille le matin. S’il sent qu’il a assez dormi et qu’il est en forme, c’est que son temps de sommeil est adapté à ses besoins. S’il se réveille fatigué, c’est tout simplement qu’il n’a pas dormi assez longtemps !

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Normalement, il n’a pas besoin de faire une sieste l’après-midi (les adultes non plus). S’il en ressent le besoin, c’est qu’il est en manque de sommeil. Cette sieste ne doit pas dépasser 15-20 min sous peine de créer des problèmes d’endormissement le soir. C’est la même chose pour les grasses matinées le week-end : l’adolescent qui se lève à midi le dimanche aura du mal à s’endormir le soir à 22 heures et commencera la semaine fatigué.

Plusieurs raisons expliquent cette dette de sommeil chez les adolescents.

Déjà, il faut savoir que l’adolescent se couche plus tard. C’est naturel, physiologique, en lien avec les hormones et il n’y a pas grand-chose à y faire.

Ensuite, d’autres facteurs influencent son sommeil :

  • La pression scolaire et la pression sociale peuvent engendrer un stress non propice à son bon endormissement et à un sommeil de qualité.
  • Les nouvelles technologies (TV, ordinateurs, téléphones portables) favorisent l’éveil, surtout si les appareils restent à sa disposition la nuit dans sa chambre. Ces appareils modifient aussi l’humeur des adolescents qui sont plus sensibles que les adultes aux lumières bleues.
  • Les horaires de début des cours en semaine entraînent des levers plus précoces, sans changement des heures du coucher.

Résultat : 55 % des adolescents somnolent au moins une fois par semaine.

Selon l’Inserm(1) (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), le manque de sommeil altère le cerveau des adolescents. En effet, des chercheurs de l’Inserm de l’Unité 1000 « Neuroimagerie et psychiatrie » ont étudié le cerveau et les habitudes de sommeil de 177 élèves de 14 ans. Les résultats montrent, qu’en moyenne, les enfants se couchent à 22h20 en semaine pour se lever à 7h06, et se rejoignent leur lit à 23h30 le weekend pour en sortir à 9h45. Mais il existe de fortes disparités entre les adolescents.

Cette étude indique également qu’une durée de sommeil courte (moins de 7h)  en semaine et qu’une heure de coucher tardive le week-end, sont corrélés avec des volumes plus petits de matière grise dans plusieurs régions cérébrales, comme le cortex frontal, le cortex cingulaire antérieur et le précuneus. Ces trois régions du cerveau sont notamment impliquées dans l’attention, la concentration et la capacité à réaliser des tâches simultanées. 

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© Inserm

Pour les chercheurs, cette étude suggère de veiller à ce que les adolescents acquièrent de bonnes habitudes de sommeil pendant cette période de maturation de leur cerveau. « Nous encourageons les parents, les intervenants sociaux et scolaires, à favoriser le maintien d’un bon rythme veille-sommeil pour les adolescents. En particulier, éviter de se coucher systématiquement trop tard pendant les week-ends semble important pour optimiser le  potentiel de développement du cerveau et pour contribuer à la réussite scolaire. » a expliqué Jean Luc Martinot, directeur de recherche Inserm et dernier auteur de ce travail.

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Références :
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Rédactrice/journaliste freelance, devenue éco-citoyenne à la naissance de mon premier enfant il y a 10 ans déjà (c’est fou comme devenir parents peut...

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