Abeilles : l’État veut encadrer le retour des néonicotinoïdes

Les pesticides néonicotinoïdes seront de nouveau autorisés en France mais le gouvernement prévoit des mesures d’encadrement de leur utilisation.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 14 Sep 2020, à 10 h 14 min

Le gouvernement, en total contre-pied avec l’ambition annoncée d’un nouveau modèle agricole respectueux de l’environnement et de la santé, a créé une grosse polémique avec son annonce sur les pesticides néonicotinoïdes (NNI) : interdits en 2018 car jugés comme étant une des causes de la disparition des abeilles dans le monde, ils feront leur retour. Un projet de loi est prévu pour octobre 2020 et, pour tenter de rassurer, des mesures annexes visant à protéger les abeilles devraient y être incluses.

Les insecticides néonicotinoïdes (NNI) de retour en France

Les écologistes et les défenseurs des abeilles et de l’environnement ont vivement critiqué la décision du gouvernement d’autoriser à nouveau les pesticides NNI sur le territoire français.
Une décision prise pour aider les agriculteurs, et plus particulièrement les producteurs de betteraves, qui jugent que cette interdiction a causé de graves dommages à leurs cultures,
les pesticides ciblant bien évidemment des insectes néfastes pour leurs champs, les abeilles et autres pollinisateurs étant en réalité des dommages collatéraux.

Le ministère de l’Agriculture a donc annoncé que le projet de loi qui devrait être présenté le 5 octobre 2020 va instaurer de nouvelles directives et réduire la possibilité d’utiliser les pesticides NNI par rapport à la période précédant leur interdiction.
Objectif : protéger le plus possible les abeilles et autres pollinisateurs tout en permettant un usage de ces pesticides pour protéger les champs.

Une vision plus « globale » annoncée par le ministère de l’Agriculture

Comme le souligne le Journal du Dimanche (JDD) dans un article publié le 13 septembre 2020(1), le ministère de l’Agriculture déclare ainsi vouloir « apporter une vision globale sur l’action du gouvernement en matière de pollinisateurs » et « présenter des mesures concrètes pour protéger les pollinisateurs face à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques ». Parmi ces mesures, par exemple, instaurer une limite sur la plantation de plantes mellifères, qui attirent notamment les abeilles, à proximité des champs traités par les NNI.

Le nouvel arrêté, qui vient améliorer l’arrêté « Abeilles » réglementant l’utilisation des pesticides en France, est attendu avant fin 2020, précise le JDD. Il devrait faire l’objet d’une consultation publique.

Reste que pour les associations écologistes, ré-autoriser les NNI sur les betteraves est un recul pour la biodiversité. En mars 2016, Barbara Pompili, actuelle ministre de la transition écologique, plaidait devant les députés : « Les études scientifiques s’empilent. Aujourd’hui, (…) on peut raconter ce qu’on veut, les néonicotinoïdes sont extrêmement dangereux, ils sont dangereux pour les abeilles, mais bien au-delà des abeilles, ils sont dangereux pour notre santé, ils sont dangereux pour notre environnement, ils contaminent les cours d’eau, ils contaminent la flore, y compris la flore sauvage. Ils restent dans les sols très longtemps. (…) Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ».

Côté opinion publique, plus de 130.000 citoyens et citoyennes ont déjà signé la pétition contre la dérogation.

Pour signer cette pétition à votre tour, rendez-vous ici

Illustration bannière : Une abeille morte © Photografiero
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis