Plaignez-vous ! C’est bon pour la santé

Exprimer ses sentiments négatifs plutôt que de les intérioriser pourrait être bénéfique… mais seulement dans une certaine mesure. Explications.

Rédigé par , le 23 Jan 2026, à 15 h 29 min
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Difficile de passer la semaine sans se plaindre du travail, des bouchons, du bruit, de la météo ou de la fatigue. Les Français sont d’ailleurs réputés pour cette habitude bien ancrée : râler, soupirer, commenter ce qui ne va pas. Pourtant, contrairement aux idées reçues, la plainte n’est pas forcément toxique. Utilisée avec discernement, elle peut même devenir un outil de régulation émotionnelle.

En psychologie positive, il ne s’agit pas d’éradiquer les émotions négatives, mais d’apprendre à les reconnaître, les exprimer et les transformer. Et si se plaindre faisait parfois partie du processus ?

Nous nous plaignons tous : c’est humain

« Ces grèves n’en finissent pas… », « Encore une hausse des prix », « Une nouvelle facture à payer »… Si vous vous reconnaissez dans ces phrases, rassurez-vous : se plaindre est un comportement universel. Tout le monde subit le stress du quotidien et cherche, consciemment ou non, à relâcher la pression.

La plupart des gens ne réalisent même pas à quel point ils se plaignent, tant cela devient automatique. Il est souvent plus simple d’exprimer son agacement que de prendre du recul ou de chercher une solution immédiate.

D’un point de vue psychologique, la plainte joue aussi un rôle social. Elle permet de créer du lien, de susciter de l’empathie, parfois même de l’humour partagé. Exprimer une contrariété peut donner le sentiment d’être compris, soutenu, reconnu dans son vécu.

frustration plainte

Éviter de ruminer des émotions négatives est essentiel pour la santé mentale © Antonio Guillem

La vie n’étant jamais parfaitement fluide, exprimer son insatisfaction est naturel. En revanche, ruminer constamment des émotions négatives et les verbaliser sans filtre peut, à long terme, nourrir l’anxiété et favoriser un état dépressif. Toute la nuance est là : ce n’est pas la plainte en soi qui pose problème, mais son usage.

Se plaindre pour mieux gérer une situation stressante

Se plaindre en permanence peut agacer l’entourage, mais ponctuellement, la plainte peut aussi aider à mieux intégrer ses émotions. En psychologie, on distingue plusieurs formes de plainte :

  • la plainte expressive : souffler, verbaliser une tension, « vider son sac »
  • la plainte orientée vers la résolution : exposer un problème pour chercher une solution
  • la rumination : répéter sans fin la même insatisfaction sans perspective de changement

Identifier le type de plainte que l’on exprime est fondamental. Les deux premières peuvent être bénéfiques, la dernière est souvent délétère pour la santé mentale.

Souffler permet de prendre du recul, de mettre des mots sur un ressenti et d’éviter l’accumulation émotionnelle. Cette mise à distance favorise l’apaisement et limite le stress chronique.

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Se plaindre pour combattre l’anxiété et la déprime

En psychologie positive, refouler ses émotions n’est jamais une solution durable. Ignorer sa fatigue, sa colère ou sa frustration revient à nier des signaux internes pourtant utiles. À l’inverse, reconnaître ses émotions permet de mieux les réguler.

Ne pas s’autoriser à se plaindre peut paradoxalement augmenter l’anxiété. La plainte devient alors une forme d’auto-écoute : elle indique qu’un besoin n’est pas satisfait, qu’une limite est dépassée ou qu’un changement est nécessaire.

Cependant, pour que la plainte reste bénéfique, elle doit rester consciente et mesurée. Observer la fréquence à laquelle on se plaint, les situations déclenchantes et les personnes sollicitées permet déjà de reprendre la main sur ses automatismes.

On ne peut modifier un comportement qu’à partir du moment où l’on en prend conscience
explique une spécialiste de la psychologie émotionnelle

Se plaindre auprès de ses proches : oui, mais avec discernement

Il n’y a aucun complexe à avoir à se plaindre auprès de ses proches. Partager une difficulté, exprimer une fatigue ou une inquiétude est une manière saine de demander du soutien. Cela peut renforcer les liens et éviter l’isolement émotionnel.

En revanche, attention à ne pas transformer son entourage en exutoire permanent. Répéter toujours les mêmes plaintes, sans évolution ni recherche de solution, peut finir par épuiser les proches et détériorer la relation.

stress et frustration

Mettre des mots sur ses émotions aide à apaiser le stress © Photographee.eu

Une question simple à se poser avant de se plaindre :
ai-je besoin d’écoute ou ai-je besoin d’agir ?

Si la plainte sert uniquement à soulager sur le moment sans jamais déboucher sur une réflexion ou un changement, elle perd son effet protecteur.

Transformer la plainte en levier de mieux-être

Lorsque vous sentez que la rumination s’installe, des pratiques comme la pleine conscience, l’écriture ou la respiration consciente peuvent aider à interrompre le cercle des pensées négatives. L’objectif n’est pas d’être positif à tout prix, mais de transformer la plainte en information utile.

En prenant conscience de ce qui vous pousse à vous plaindre, vous pourrez plus facilement identifier des pistes d’action, ajuster vos limites et retrouver un sentiment de contrôle.

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Se plaindre n’est donc ni bon ni mauvais en soi. C’est l’intention, la fréquence et la finalité qui font toute la différence. Utilisée comme un signal plutôt que comme une habitude, la plainte peut devenir un véritable outil de santé émotionnelle.

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