Verglas, neige : mollo sur le sel !

Verglas, neige : mollo sur le sel !

Le verglas et la neige en hiver, c’est banal. Comme de vouloir s’en débarrasser. Le salage reste la technique la plus répandue pour éliminer le verglas ou prévenir sa constitution. Mais il coûte 100 euros par tonne et cause des dégâts à la faune, au sol et à la flore. Alors avant de dégainer la « salière », y a-t-il des manières plus écologiques de déneiger ? Faut-il arrêter le salage ? Voici les éléments du débat.

Le salage anti-verglas en question

Les bénéfices du chlorure de sodium – différent du sel de table – pour faire fondre la glace sont connus : peu cher, il réduit considérablement les accidents en abaissant la température à laquelle l’eau se transforme en verglas, et permet ainsi de ne pas trop ralentir les activités économiques d’une région en cas d’intempérie.

Sa consommation est toutefois en forte augmentation. Au cours des hivers récents, la consommation de sel de voirie a largement dépassé la quantité utilisée dans la transformation des aliments, et a donné à l’environnement un véritable gommage au sel. La direction des routes d’Île-de-France a ainsi vu sa consommation passer de 11.000 tonnes en 2008-09 à 15.600 tonnes en 1009-20 puis 16.400 en 2010-11.

Pour la France entière, ce sont entre 750.000 et 1,5 million de tonnes qui sont déversées sur nos trottoirs et nos routes pour déneiger. Cela invite à la prudence quant au coût économique et environnemental.

Le déneigement par salage : une note de plus en plus… salée

Cette addiction au sel a effectivement un coût économique. Le coût du dessalement lui-même est élevé : il faut prendre en compte les investissements (dessaleuses), les coûts directs d’une journée de travail des services de dessalement et le coût des fournitures (le sel). On estime le prix de revient du sel déversé en hiver à 100 euros la tonne.

La facture annuelle directe du sel de voirie pour les grands axes, donc sans tenir compte du salage des villes et routes rurales, est ainsi de 2,3 milliards de dollars aux États-Unis, et l’estimation des dégâts indirects est de 5 milliards par an. En France, l’estimation est de 100 millions d’euros par an, matériel et personnel compris.

Les limites du salage

Dans certains cas difficiles de grand froid et d’épaisseur de neige ou verglas trop épaisses, le chlorure de sodium (la substance la plus utilisée) ne suffit pas : il n’agit plus sous aucune de ces formes et il faut utiliser d’autres fondants, comme le chlorure de calcium. Le hic, c’est que le chlorure de calcium revient 7 fois plus cher que le sel et il n’est donc utilisé que dans les cas indispensables.

A en croire, le Guide de l’hiver de la ville de Sceaux, trop de sel sur une trop grande quantité de neige ou de glace entraîne une baisse localisée de température qui peut favoriser la formation d’une couche de glace.

Verglas, un truc bon à savoir

Il ne sert pas à grand chose de rouler juste derrière une épandeuse de sel en pensant que l’adhérence est à nouveau correcte. En effet, la fusion d’un verglas ou d’une pellicule résiduelle de neige avec un fondant routier (sel) demande environ 20 minutes ; un temps d’action minimum est nécessaire.

Le salage a un impact négatif sur l’environnement

Le salage des routes nuit-il à l’environnement ? L’utilisation des sels de déneigement a un impact négatif évident sur l’environnement. Les sels de déneigement limitent la croissance des arbres au printemps, polluent les sols et le salage des routes peut également modifier la composition chimique voire biologique des milieux aquatiques. Même les bâtiments et les infrastructures souffrent d’un salage excessif.

La plupart des espèces vivantes n’apprécient pas du tout le salage.

  • Selon un rapport américain, le salage des routes, utilisé pour faire fondre la glace ou la neige, aurait un impact sur la biodiversité des cours d’eau.

La neige fondue, chargée en sel, s’écoule et finit dans les cours d’eau. Le sel finit par stagner et s’infiltrer dans les sols, dans les nappes phréatiques et dans les lacs. Or le sel a un effet négatif sur la faune, et notamment sur les espèces aquatiques. Certains animaux réagissent fort mal au taux de salinité de l’eau, comme les amphibiens (salamandres, tritons, crapauds).

Un effet surprenant du salage sur certaines espèces

Un effet collatéral peu connu du salage massif des routes depuis des décennies a été démontré sur les routes européennes. Certaines plantes maritimes trouvent le long des routes qui ont été dessalées un milieu favorable à leur développement, et elles colonisent ces nouvelles terres d’accueil dont la salinité est accrue par le sel de déneigement.

> Suite : Comment déneiger et enlever le verglas d’une manière plus écologique ?