Verglas, neige : mollo sur le sel !

Rédigé par Jean-Marie, le 28 jan 2015, à 12 h 13 min
Verglas, neige : mollo sur le sel !

Le verglas et la neige en hiver, c’est banal. Comme de vouloir s’en débarrasser. Le salage reste la technique la plus répandue pour éliminer le verglas ou prévenir sa constitution. Mais il coûte 100 euros par tonne et cause des dégâts à la faune, au sol et à la flore. Alors avant de dégainer la « salière », y a-t-il des manières plus écologiques de déneiger ? Faut-il arrêter le salage ? Voici les éléments du débat.

Le salage anti-verglas en question

Les bénéfices du chlorure de sodium – différent du sel de table – pour faire fondre la glace sont connus : peu cher, il réduit considérablement les accidents en abaissant la température à laquelle l’eau se transforme en verglas, et permet ainsi de ne pas trop ralentir les activités économiques d’une région en cas d’intempérie.

Sa consommation est toutefois en forte augmentation. Au cours des hivers récents, la consommation de sel de voirie a largement dépassé la quantité utilisée dans la transformation des aliments, et a donné à l’environnement un véritable gommage au sel. La direction des routes d’Île-de-France a ainsi vu sa consommation passer de 11.000 tonnes en 2008-09 à 15.600 tonnes en 1009-20 puis 16.400 en 2010-11.

Pour la France entière, ce sont entre 750.000 et 1,5 million de tonnes qui sont déversées sur nos trottoirs et nos routes pour déneiger. Cela invite à la prudence quant au coût économique et environnemental.

Le déneigement par salage : une note de plus en plus… salée

Cette addiction au sel a effectivement un coût économique. Le coût du dessalement lui-même est élevé : il faut prendre en compte les investissements (dessaleuses), les coûts directs d’une journée de travail des services de dessalement et le coût des fournitures (le sel). On estime le prix de revient du sel déversé en hiver à 100 euros la tonne.

La facture annuelle directe du sel de voirie pour les grands axes, donc sans tenir compte du salage des villes et routes rurales, est ainsi de 2,3 milliards de dollars aux États-Unis, et l’estimation des dégâts indirects est de 5 milliards par an. En France, l’estimation est de 100 millions d’euros par an, matériel et personnel compris.

Les limites du salage

Dans certains cas difficiles de grand froid et d’épaisseur de neige ou verglas trop épaisses, le chlorure de sodium (la substance la plus utilisée) ne suffit pas : il n’agit plus sous aucune de ces formes et il faut utiliser d’autres fondants, comme le chlorure de calcium. Le hic, c’est que le chlorure de calcium revient 7 fois plus cher que le sel et il n’est donc utilisé que dans les cas indispensables.

A en croire, le Guide de l’hiver de la ville de Sceaux, trop de sel sur une trop grande quantité de neige ou de glace entraîne une baisse localisée de température qui peut favoriser la formation d’une couche de glace.

Verglas, un truc bon à savoir

Il ne sert pas à grand chose de rouler juste derrière une épandeuse de sel en pensant que l’adhérence est à nouveau correcte. En effet, la fusion d’un verglas ou d’une pellicule résiduelle de neige avec un fondant routier (sel) demande environ 20 minutes ; un temps d’action minimum est nécessaire.

Le salage a un impact négatif sur l’environnement

Le salage des routes nuit-il à l’environnement ? L’utilisation des sels de déneigement a un impact négatif évident sur l’environnement. Les sels de déneigement limitent la croissance des arbres au printemps, polluent les sols et le salage des routes peut également modifier la composition chimique voire biologique des milieux aquatiques. Même les bâtiments et les infrastructures souffrent d’un salage excessif.

La plupart des espèces vivantes n’apprécient pas du tout le salage.

  • Selon un rapport américain, le salage des routes, utilisé pour faire fondre la glace ou la neige, aurait un impact sur la biodiversité des cours d’eau.

La neige fondue, chargée en sel, s’écoule et finit dans les cours d’eau. Le sel finit par stagner et s’infiltrer dans les sols, dans les nappes phréatiques et dans les lacs. Or le sel a un effet négatif sur la faune, et notamment sur les espèces aquatiques. Certains animaux réagissent fort mal au taux de salinité de l’eau, comme les amphibiens (salamandres, tritons, crapauds).

Un effet surprenant du salage sur certaines espèces

Un effet collatéral peu connu du salage massif des routes depuis des décennies a été démontré sur les routes européennes. Certaines plantes maritimes trouvent le long des routes qui ont été dessalées un milieu favorable à leur développement, et elles colonisent ces nouvelles terres d’accueil dont la salinité est accrue par le sel de déneigement.

> Suite : Comment déneiger et enlever le verglas d’une manière plus écologique ?

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

19 commentaires Donnez votre avis
  1. C’est tout de même dingue qu’en 2017, il n’y ait pas une/des propositions fiables pour palier ces épisodes météo
    Le sel c’est corrosif, l’engrais détourné c’est polluant, la cendre c’est sale, etc…

    Tant qu’il y aura des gens pour trouver normal “d’attendre, chez soi, sans rien faire” ou “se casser le cou, c’est de saison”,
    on n’est pas prêt d’avancer

    J’ai testé la cendre plusieurs hivers durant: effet radical, et plébiscité par les voisins;
    plus de glissade ou de marche en canard pour les passants sur les trottoirs des alentours.

    Maintenant, si une autre solution a fait ses preuves,
    tout en faisant rimer écologie avec sécurité,
    disponibilité et accessibilité, à un coût raisonnable,
    n’hésitez pas, partagez!

  2. Ma2x. C’est jade

  3. Bonjour
    je cherche depuis un moment déja des blogs traitant de déneigement de toiture,en réalité je cherche une bonne équipe de déneigement de toiture; alors si quelqu’un peut m’aider à en trouver une ça serait sympa !.

    Merci et n’attrapez pas froid .

  4. en un: plus de sel= plus d’engin de dessalage , plus de personnel pour les engins , plus d’essence pour les engins ,économie : journée payée pour les salarier justifiant de plus de 5 km du lieu de travail ! et pour les patrons journée intempérie comme pour les B T P !!

  5. bonjour,

    Une petite remarque concernant le déverglaçant de chez mondo chemicals. Compte tenu de l’aspect du produit et de ses caractéristiques, je ne serais pas étonné qu’il ne s’agisse que d’ammonitrate. Cet engrais possède effectivement un effet déverglaçant aux températures indiquées, son aspect sous forme de micro perles blanches également… Chacun connait les effets des nitrates sur l’environnement!!! Afin d’être crédible lorsque l’on propose des solutions écologiques, il serait bon de vérifier la composition exacte des produits conseillés. Or dans dans votre articles rien de tel. Par contre ok pour la solution suisse qui elle, est véritablement écologique.

  6. je serais pour qu’on mélange plus de sable que du sel cela éviterez bien des soucis

  7. une solution sérieuse : rester chez soi quand la neige tombe trop ; attendre que les déneigeuses fassent leur boulot et ensuite reprendre le travail . Car toutes les autres solutions arrivent vers un seul blème : le colmatage .

    • Ca c’est cool comme conseil, je vais expliquer à mon patron que j’attends le dégel pour revenir bosser…

  8. En Autriche, on utilise ce qui ressemble à du très petit gravier pour traiter les routes après déneigement, ce qui m’a donné l’idée d’utiliser de la litière pour chat, afin de rendre les abords de ma maison praticables en cas de verglas,ou de reste de neige tassée. 100% écologique et efficace.

  9. J’ai trouver un sel de déneigement BIO en sac de 25 Kg, ce sel BIO à ma grande surprise est très facile à utiliser, je l’ai épandu en décembre 2011, sur mon trottoir, ma terrasse et mes allée de jardins, à ma grande surprise, je n’ai pas dut remettre de sel avant 2 jours, habituellement quand il regel , je doit remettre du sel, la non le sol malgré qu’il re neiger était sec, sans glace n’y neige, de plus ce sel BIO n’a provoquer aucune dégradation à mes plantation, mon étang et surtout mes carrelage en pierre naturel
    Malgré son prix j’en ai repris cette année
    Voir le site http://www.mondochemicals.com

  10. *** Commentaire modéré ***

  11. Les anciens utilisaient la cendre.
    Est-ce vraiment efficace ?

    • c’est efficace oui, mais bien sale, … et donc à utiliser que si on n’a pas d’autre moyen de dégivrer … sauf à faire de la bouillie à la fonte

    • réponse à CAT :

      ils utilisaient un mélange de cendre , de mâchefer, de scories ( résidus de haut fourneaux ) . cela se faisait bien dans le nord . Mais le mâchefer est très coupant et les scories sont toxiques .les cendres seules ne conviennent pas à toutes les fois car cela ne fait passystématiquement fondre .

  12. peut-être une solution : nous venons de présenter à la presse SnowFree, un produit de déneigement composé de sel et de résidus de pressurage de raisin, qui permet de réduire de 70 % l’usage du sel. Je vous invite à aller sur leur site internet : : /bthiholding.com/bth/

  13. chauffage au sol ou “couverture chauffante” , notamment sur les accès, alimentés par panneau solaire. il suffit d’obtenir une t° de 1 ou 2°C

    • C’est le genre d’idée que j’avais en tête.
      Un dispositif qui chaufferait la route de sorte qu’elle soit à plus de 0°C pour que la neige ne prenne pas.
      Mais même si ça marche au solaire je ne sais pas si c’est une bonne idée.
      Je me demande si on ne pourrait pas mettre au point un nouveau matériau pour construire les routes qui ne permette pas à la neige ou la glace de tenir.
      Y’a t-il des recherches dans ce domaine précis de la neige/verglas sur les routes en hiver ? Comme là je viens d’entendre parler du Stop Gliss Bio qui apparemment à fait scandale selon un journal Suisse.

  14. C’est sûrement vrai, mais la solution alternative existe-t-elle (sauf à rester chez soi lorsque les routes sont verglacées ) ?

    • voir article très intéressant dans le”dauphiné libéré” d’aujourd’hui(2 janvier 2015) sur un produit efficace à base de présure de lait testé à grenoble et à tours

Moi aussi je donne mon avis