3 secrets que l’industrie textile veut nous faire oublier

3 secrets que l'industrie textile veut nous faire oublier

L’industrie de la mode envoie du rêve, et c’est là sa fonction même. A grands coups de publicité, voire même de greenwashing, elle tente de dissimuler le plus possible ce qui se cache au-delà des coulisses, dans les ateliers de production, voire ce qui précède. Voici 3 grandes notions à bien garder en tête au moment de faire ses achats textiles.

1. La plupart des textiles contiennent des produits chimiques toxiques

Du plomb, des colorants néfastes pour l’eau et la peau, des phtalates… Les textiles, et notamment les vêtements, contiennent souvent des produits chimiques toxiques. Cela concerne la plupart des grandes chaînes de vêtements : Zara, American Apparel, Disney, Adidas, Burberry, Primark, GAP, Puma, C&A, Nike, H&M,  etc.

C’est ce qui avait poussé l’ONG Greenpeace à dénoncer cet état de fait via ses campagnes Detox, dénonçant les toxiques et poussant les marques à y renoncer. Les équipes de Greenpeace avaient analysé plusieurs dizaines de vêtements provenant de 29 pays différents. Et trouvé des traces de substances toxiques pour l’environnement et pour la santé.

zara-detox

On retrouvait aussi bien des polluants des nappes phréatiques comme des colorants azoïques, que des perturbateurs endocriniens comme le nonylphénol (NP) (via du NPE dégradé). Pour certains articles, le niveau de NPE était d’ailleurs bien trop élevés.

Des tentatives de se racheter : greenwashing et belles promesses

Peu nombreuses sont les marques à réagir à ce type de campagnes. La plupart laissent couler, estimant que le grand public ne va pas s’y intéresser. D’autres au contraire, rebondissent et essayent de redorer leur image, particulièrement quand elles sont attaquées de plein fouet et que la presse généraliste relaye les attaques.

Ce fut le cas de Zara, suite à la campagne Detox de Greenpeace, promettant de réduire les produits toxiques. Ce fut aussi le cas de la marque japonaise Uniqlo en 2014.

Uniqlo-logo

Si certaines marques comme G-Star ont décidé de faire amende honorable et publier leurs avancées via leur site Internet, il n’en reste pas moins que le processus est très lent et qu’à l’heure actuelle, on trouve encore trop de toxiques dans les textiles.

Le plomb dans le collimateur des scientifiques

Une enquête du Centre pour la Santé environnementale aux États-Unis, relayée par le New York Times, avait montré que les taux de métaux lourds étaient encore importants pour la plupart des grandes chaînes de prêt-à-porter et particulièrement élevés – au-delà du niveau légal – pour des articles comme les ceintures, les sacs-à-main, les chaussures.

CC : Unhindered by Talent

CC : Unhindered by Talent

Le Centre était particulièrement inquiet au sujet des taux de plomb, et spécifiquement dans des articles textiles destinés aux jeunes filles et jeunes femmes car l’accumulation dans les os de ce plomb pouvait être transmis au foetus.

Les taux élevés de plomb sont aussi associés, selon diverses études scientifiques, à des problèmes de fertilités, une pression sanguine élevée, des AVC ou des arrêts cardiaques. Rien de très réjouissant et plusieurs scientifiques s’accordent à dire qu’il n’existe pas de risque zéro à l’exposition au plomb : quel que soit le taux, il y aurait un risque.

2. Industrie textile : le travail des enfants n’est pas un mythe

L’industrie textile n’est pas d’un seul bloc : pour une marque donnée se cachent plusieurs usines et pour chaque pôle on a souvent des sous-traitants, éventuellement et même couramment à l’étranger, parfois dans des conditions honteuses. Selon l’auteur Lucy Siegle, qui a consacré un livre à la question1, cela représente tout de même 20 à 60 % de la production de vêtements.

L’auteur explique aussi qu’il y a des cas quasiment systématiques. L’application de sequins, ou de garniture de perles, par exemple, revient très cher aux entreprises, qui doivent acheter des machines dédiées.

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Résultat : au lieu d’acheter ces machines, les entreprises préfèrent souvent confier cette tâche à des travailleurs à domicile situés dans les zones les plus pauvres du monde. Cela représente des millions de travailleurs. Sans parler des enfants, qui aident souvent ces travailleurs.