Le bruit des moteurs de bateaux stresse les animaux marins

Plusieurs études récemment publiées montrent que le bruit des bateaux peut gêner les animaux marins. Ils perturbent notamment les poissons dans leur capacité de résistance face aux prédateurs et les orques dans leur capacité de communication.

Le bruit des moteurs de bateaux stresse les animaux marins

Une étude récemment publiée dans la revue Nature montre que les bruits des moteurs de bateaux augmentent le stress des animaux marins, leur vulnérabilité face aux prédateurs et menacent ainsi la biodiversité des océans. Il s’agit de la première étude prouvant l’impact direct des nuisances sonores dues à l’activité humaine, sur la mortalité des espèces.

Une expérience, menée avec des poissons-demoiselle jaunes, montre que lorsqu’ils sont exposés aux ondes sonores des moteurs de bateaux, ces poissons utilisent 20 à 30 fois plus d’oxygène que de coutume, preuve d’une augmentation du stress. Leur attention diminue alors, et ils sont deux fois plus nombreux à finir dans le ventre de leurs prédateurs.

Selon les chercheurs, les poissons « répondent moins souvent et moins rapidement aux attaques de leurs prédateurs ». Les poissons-demoiselle ont ainsi six fois moins de chances de répondre aux attaques de leurs prédateurs dans les zones où naviguent des bateaux à moteur.

Les orques, autres animaux marins également perturbés par les bruits de moteurs

Mais les poissons ne sont pas les seuls habitants des océans gênés par les bruits des moteurs en mer. Les espèces capables d’émettre des sons et d’analyser leur écho pour se repérer et évoluer dans leur environnement sont aussi victimes de ce tapage sous-marin. C’est ce que tend à montrer une autre étude consacrée aux orques, publiée dans la revue PeerJ.

killer-whales-591130_640-bruit-moteur-stress-animaux-marins
D’après les résultats, les moteurs des bateaux émettent des ondes sonores à des fréquences trop « brouillantes » pour ces magnifiques cétacés.

En effet, le bruit émis par les embarcations motorisées atteint 110 décibels en moyenne. Or, le « bruit de fond de l’océan », pour reprendre le terme utilisé par les scientifiques, est évalué à 90 décibels.

Ces nuisances sonores sont doublement gênantes pour les orques puisqu’elles interfèrent sur leur communication entre elles ainsi que sur leur capacité d‘écho-localisation lorsqu’elles chassent leurs proies.

Ces nouvelles études font donc prendre conscience du danger que ces bruits peuvent avoir sur les animaux marins et la biodiversité des océans, déjà mis en péril par de nombreuses autres menaces.

Concilier activité économique et biodiversité

Le problème peut toutefois être évité en ce qui concerne les orques et les cétacés. Les chercheurs ont en effet démontré que, lorsque les bateaux ralentissent, les bruits s’atténuent, et ne gênent plus les animaux.

cargo coucher de soleil

© Lukasz Z / Shutterstock.com

Il est toutefois très difficile de penser pouvoir éradiquer les bruits de moteurs de bateaux perturbant les fonds marins. D’autant plus que les activités qui génèrent le trafic, comme le transport des marchandises, la pêche ou le tourisme, sont souvent indispensables au développement économique des régions maritimes.

Dès lors, comment concilier activité économique et préservation de la biodiversité ?

Les chercheurs de l’étude sur les poissons précisent : « notre travail met en lumière la nécessité d’inclure le bruit lié à l’activité humaine dans les plans de gestion environnementale, et, en général, l’importance d’évaluer les conséquences directes du ‘bruit humain’ sur les espèces animales ».(1)

Illustration bannière : Vie marine – © divedog Shutterstock