Taiji, îles Féroé : massacres de dauphins et traditions

Taiji, îles Féroé : massacres de dauphins et traditions

Deux pays, deux massacres de masse de dauphins. Malgré les accords internationaux, certains pays continuent encore et toujours de tuer des dauphins, invoquant des facteurs culturels. En face, les militants et les associations internationales agissent pour partager l’information et dénoncer ces pratiques, mais le poids des traditions semble toujours très fort.

On abat toujours les dauphins aux îles Féroé et au Japon

Si l’année est rythmée par diverses célébrations, l’ouverture de la chasse, quel que soit l’endroit du globe où elle est lancée, fait sans surprise partie des plus controversées. A fortiori quand elle concerne des animaux protégés, spécifiquement des espèces menacées de disparition et des espèces considérées par plus d’une nation comme des “personnes non humaines”, en Inde par exemple.

© CC, Erik Christensen

© CC, Erik Christensen

C’est ainsi que deux événements marquent particulièrement l’année donc le premier est connu et surveillé internationalement, le massacre des dauphins à Taiji, surnommée à raison “la baie de la honte“. Suivant une tradition, des pêcheurs tuent chaque année des centaines de dauphins dans cette baie située à l’ouest du Japon.

Dauphins de Taiji : tuer pour tuer, ou pour enfermer

La tradition veut qu’on capture les dauphins pour la viande, mais le paradoxe veut qu’on ne la consomme même plus systématiquement.

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Dans les faits, donc, on attend de constater l’état des dauphins, comme le précise La Dolphin Connection sur son site. Un centre de redressement les attend avant de les dispatcher dans les delphinariums du monde entier, à commencer par le Taiji Whale Museum.

Du fait de la pollution, on capture en effet de moins en moins pour la viande. Le prix compte aussi : un dauphin vivant se vend beaucoup plus cher (150.000 euros après dressage, contre 600 euros pour la viande). En somme, on va au plus lucratif : une nouvelle forme de tradition ?

Au Danemark, ce n’est pas mieux

Si certaines zones sont réputées pour leur goût envers les cétacés, le massacre des dauphins n’est pas l’apanage des pays asiatiques. Plus près de l’Hexagone, le Danemark célèbre le dauphin à sa manière : en le massacrant aux îles Féroé. Il s’agit là de tuer les animaux, puisque c’est le but de cette fête “initiatique”.

© CC, Erik Christensen

© CC, Erik Christensen

Chaque année, quelque 1500 dauphins meurent  près du rivage des îles Féroé, lesquelles bénéficient d’une autonomie politique faisant du territoire une exception malgré les accords signés par le Danemark.

Des événements internationaux pour lutter contre la chasse

Alors que la chasse reprend en septembre aux îles Féroé et à Taiji, c’est souvent l’occasion pour les associations et militants de tous les pays de se mobiliser pour lancer des campagnes d’information. C’est ainsi qu’est né le Dolphin Days, à l’initiative de Ric O’Barry, ancien dresseur des dauphins de la série Flipper, à présent opposé à la captivité des dauphins.

© CC, Arnø

© CC, Arnø

Cet événement international a été créé pour sensibiliser le public à la tuerie annuelle de Taiji. Dans plusieurs grandes villes, des militants se sont rassemblés dans des zones publiques. Sur le parvis du Trocadéro à Paris, des associations ont ainsi organisé un happening, invitant les militants à passer l’après-midi allongé par terre en maillot de bain et recouvert de faux sang. Une manière d’attirer l’attention dans une zone très proche de la Tour Eiffel.

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