Dugong, la vache des mers qui ne rit pas

2011 a été décrétée Année internationale des Forêts mais aussi… Année Pacifique du Dugong.  Cet animal méconnu est en effet considéré comme le mammifère marin le plus menacé, victime du braconnage et de la pêche.

Les dugongs, une espèce en voie de disparition

Derniers représentants des mammifères siréniens avec les lamantins, les Dugongs sont de gros herbivores, mesurant jusqu’à 3 m de long et pesant près de 900 kilos, d’où leur surnom de vaches de la mer.

Pas très sexy, les Dugongs n’en sont pas moins inoffensifs, broutant des kilos d’algues la journée et nageant lentement (10 km/h) dans les eaux chaudes peu profondes et côtières de la Mer Rouge, de l’Océan Indien et du sud-ouest de l’océan Pacifique.

Ou tout du moins ce qu’il en reste (environ 40 000) : en effet, le Dugong est une espèce menacée d’extinction d’ici 40 ans, figurant sur la liste rouge de l’UICN et ayant même “l’honneur” d’être inscrit par le Japon sur sa liste des « monuments naturels protégés ».

Dugongs, premières victimes des activités humaines

Plusieurs raisons à cette disparition progressive :

Dugongs pris dans des filets

  • sa chasse est légale dans certaines régions des Iles du Pacifique et le Dugong est très prisé des braconniers pour sa viande et son huile,
  • il est également victime d’accidents de pêche (capture accidentelle, étranglement dans les filets de pêche ou anti-requins, collisions avec des bateaux à moteur),
  • son habitat est menacé par la pollution et l’urbanisation des côtes (et bien entendu les changements climatiques).

Sans compter que le taux de reproduction de l’espèce est très faible (un petit tous les 4 à 5 ans).

Un programme pour sauver le Dugong ?

Tout n’est peut-être pas noir pour les dugongs puisque 2011 a été baptisée “l’Année du dugong dans le Pacifique”.

Pour marquer le coup, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a lancé à Palau un programme pour limiter la chasse et les captures accidentelles de l’espèce.

  • Outre la sensibilisation des populations côtières, ce plan de conservation consiste à changer les comportements dans les communautés locales (réduction de quotas de chasse, utilisation de filets de pêche inoffensifs, modifications des moteurs des bateaux) via des incitations financières.

Plusieurs projets pilotes devraient être mis en place cette année afin de tester les effets de ces dernières (prêts, micro-crédits, paiements directs).

Le gong n’a peut-être pas encore sonné pour le Dugong…

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