La consommation responsable progresse lentement mais sûrement

La consommation responsable a le vent en poupe, plusieurs études le montrent. La plus récente indique que plus de la moitié des Français souhaitent consommer autrement.

Rédigé par Jean-Marie, le 1 Jun 2016, à 15 h 15 min
La consommation responsable progresse lentement mais sûrement

Depuis 2005, consoGlobe.com suit et décrypte les évolutions du comportement des consommateurs. Lentement mais sûrement, au gré des variations du pouvoir d’achat et de l’actualité sanitaire ou environnementale, les Français passent à la consommation responsable.

La crise en 2008-2009 a freiné la hausse de l’achat responsable pour des raisons de baisse du pouvoir d’achat. Sept ans plus tard, plusieurs études montrent que la démocratisation de la consommation durable est vraiment en marche, et pas seulement chez des pionniers.

Les Français et la consommation responsable

Tous les ans pour la Semaine du Développement durable, Ethicity, le cabinet de conseil en développement durable de Greenflex(5) publie une étude sur les Français et la consommation responsable : un bon baromètre pour mesurer son évolution.

Il y a encore peu, on pouvait estimer que les consommateurs refusant de passer à un mode de vie ou à une consommation plus durables représentaient entre 25 et 40 %. Les motifs de ces éco-résistants étaient variés.

Mais le comportement de la majorité des Français a continué à évoluer depuis, comme c’est le cas également hors de France : la consommation de produits écologiques a explosé en Europe de 2000 à 2010 (de 400 à 500 % sur la période selon les pays). Dès 2009, on a vu le consommateur européen changer d’attitude vis à vis de la consommation responsable : 83 %  des consommateurs se déclarent soucieux de l’impact environnemental de leurs achats(6).

50 % des Français veulent consommer autrement

D’après l’étude Ethicity-Greenflex, plus de la moitié des Français (50,5 %) souhaitent consommer autrement. Ce chiffre est en hausse régulière depuis 2010, où il atteignait 35 %. Consommer autrement pour les personnes interrogées, c’est acheter des produits écolabellisés, locaux, bio ou moins polluants.

consommation responsable marché

Une autre enquête menée par Havas et publiée en octobre 2014 va dans le même sens :

  • 55 % des consommateurs français déclarent avoir au cours de l’année écoulée, accepté de payer plus cher, au moins une fois, pour acheter « responsable » ;
  • 39 % paient parfois plus cher pour des produits ou des services responsables et 16 % le font souvent.

Les préoccupations des Français : le bien-être et la santé

  • Les principales préoccupations des Français concernent le bien-être (27 %) et la santé (24 %), bien avant le pouvoir d’achat ou le chômage. Ces préoccupations se ressentent sur les achats alimentaires puisque 80 % d’entre eux disent choisir leurs aliments pour rester en bonne santé.
  • Dans ce cadre, 38 % des Français affirment consommer moins de viande, soit une hausse de cinq points par rapport à 2014. C’est l’une des évolutions les plus marquantes de ce rapport et le résultat d’une réelle prise de conscience de l’impact de la viande sur la santé, l’environnement et le portefeuille.

Le prix n’est plus l’obstacle infranchissable de la conso responsable

Le prix reste bien sûr une variable fondamentale dans le choix du consommateur, mais la course aux prix les plus bas et vers le low cost, n’est plus systématique. Même s’il faut reconnaître que pour le bio, le prix reste un frein.

La fin de la dictature du low cost ? le retour du prix juste

Un des responsables de l’étude Havas souligne en effet que « le prix reste un marqueur important mais ce n’est plus le seul critère. La prise de conscience est réelle. »

Le rôle des marques dans les décisions d’achat

Si dans l’étude Havas de 2014, les Français considéraient principalement que « c’est aux marques et aux entreprises de faire le travail » en termes de RSE (responsabilité sociale et environnementale), on remarque une évolution dans la dernière étude Ethicity-Greenflex. Elle souligne en effet que la confiance dans les grandes entreprises et les marques est au plus bas (26 % contre 57 % en 2004). Toutefois, les sondés estiment que leur rôle dans le développement durable est indispensable.

La consommation responsable exclusivement à Paris et dans les grandes villes, c’est également fini. Les nouveaux comportements d’achat se  diffusent dans les régions jusqu’aux petites villes (étude Havas 2014).

  • Les consommateurs responsables issus de la région parisienne ne représentent plus que 17 % du total au lieu de 36 % en 2004.
  • La prise de conscience est particulièrement nette pour certains types de produits comme les oeufs et les laitages, dont les prix unitaires sont plutôt bas. Pour ces produits, « le bio représente 18 % des achats en valeur en France et 17,5 % dans les enseignes discount ».

L’achat responsable ou la recherche d’un « plus » individuel

Ce n’est pas pour faire une bonne action au bénéfice de la communauté ou pour faire le bien collectif que le consommateur achète responsable. Avant tout, ce qui le motive ce sont des préoccupations personnelles, individuelles et la recherche d’avantages : un produit plus sain, un meilleur goût, un produit plus agréable… Bien sûr, si cela rejoint la préoccupation de consommer durable, tant mieux.

consommation-responsable

La consommation locale est d’ailleurs l’un des traits majeurs de cette nouvelle consommation.

 Lire page suivante : La consommation responsable passe par les produits locaux

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. elle ne date pas d’hier vos New infos : vous faite partit du groupe TNT on fait du neuf avec du vieux ou koi

  2. Acheter Bio n’est pas plus chère… si comme moi vous faîtes vos achats auprès des AMAP (un peu partout en France donc forcément un non loin de chez vous). Une fois par semaine je vais chercher mon panier de légumes (7.80€/sem et j’ai des légumes pour toute la semaine) directement chez le maraîcher Bio, frais, on retrouve le goût surtout, et on a des lègumes que l’on aurait sans doute jamais goûtés.
    L’amap fait aussi intervenir un fermier “du coin”. Pour 50€ j’ai 6 kilos de viande de porc BIO (roti, escalopes, rouelle, hachis, saucisses, lard, etc). Une viande extra, local et Bio… et pas chère ! Je prends aussi chez ce même fermier : oeufs, poulet, fromages, beurre, crème fraîche, yaourts et fromage blanc, le tout BIO et carrément moins chère que dans les supermarchés (qui ont flairé l’affaire du BIO et les lobbys s’en occupent bien… du bio qui vient d’Espagne et même bien plus loin !). Bref, nous n’avons que des produits de qualité, local, bio et on connait très bien le fermier et le maraîcher qui nous nourrit. Je fais mon pain (bio) moi-même, je n’achète jamais de plats ou biscuits industriels (tellement meilleur quand c’est fait maison). Nous n’avons qu’un salaire d’instituteur à la maison et un prêt immo à payer encore pdt 10 ans. Chez nous, c’est que du bio à table et pourtant on ne “roule pas sur l’or”. Souvent ceux qui me disent “je n’ai pas les moyens de manger bio” … ont un Iphone … pas nous !!! Il faut voir où on veut mettre son argent…Il faut changer ses habitudes, surtout changer le circuit de distribution : retour aux sources, retenir l’essentiel et rejeter le superflu.

  3. Comme la majorité des français, j’achète davantage de bio qu’auparavant, mais je regrette que les prix restent aussi élevés, ce qui est vraiment un frein important à ces achats, notamment pour les produits frais !
    Un autre gros regret concernant la production locale : je ne la trouve pas forcément de meilleure qualité, et surtout, les prix en sont plus élevés que la production non locale, alors qu’il n’y a ni intermédiaire, ni transport ! Le jour où les producteurs arrêteront de prendre les consommateurs pour des imbéciles, j’achèterai local !….

  4. Les meilleures façons de consommer responsable :
    – arrêter de manger de la viande et des sous-produits animaux.
    – éviter les supermarchés.

  5. il est important aujourd’hui d’éclairer le consommateur sur la provenance de la viande ou le poisson, notamment, provenant de l’élevage intensif et qui soit stipuler sur chaque emballage “élevage intensif” comme il est stipuler aujourd’hui “BIO”

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