La consommation responsable lentement mais sûrement

La consommation responsable lentement mais sûrement

Depuis 2005, nous scrutons les évolutions du comportement des consommateurs. Lentement mais sûrement, au gré des variations du pouvoir d’achat et de l’actualité sanitaire ou environnementale, les Français passent à la consommation responsable. En 2009 par exemple, le problème du pouvoir d’achat étaint mis en avant pour expliquer pourquoi les Français ne concrétisaient pas plus leurs convictions dans leurs achats et leur vie quotidienne. 7 ans plus tard, deux études montrent que la démocratisation de la conso durable est vraiment en marche, et pas seulement chez des pionniers.

Les Français et la consommation responsable

Quelle est la position des Français sur la consommation responsable, leur attitude face à la consommation durable et aux engagements éco-citoyens ? Comment évolue cette position au fil des années ?

Ecorésistants, ces consommateurs qui refusent de consommer durable

Il y a encore peu, on pouvait estimer que les consommateurs qui refusaient pas passer à un mode de vie ou à une consommation plus durables représentaient entre 25 et 40 %. Les motifs de ces éco-résistants étaient variés.

Mais le comportement de la majorité des Français a continué à évoluer depuis, comme cela éa été le cas également hors de France : la consommation de produits écologiques a explosé en Europe de 2000 à 2010 (de 400 à 500 % sur la période selon les pays) * Dès 2009, on a vu le consommateur européen changer  d’attitude des Européens envers la consommation responsable, 83 %  des consommateurs déclarent se soucieux de l’impact environnemental de leur achat dès 2009**.

Les Français se mettent à la consommation responsable en 2014

Le bio réservé aux bobos ; la consommation responsable pour la minorité active pionnière et bien-pensante, c’est fini. La conso durable fait son chemin au-delà des milieux favorisés : l’ensemble des consommateurs attend désormais des entreprises des engagements concrets vis-à-vis de leurs salariés et de l’environnement.

Le consommateur veut de l’éthique et de l’environnement, et pas comme un luxe, mais comme un basique.

  • La moitié des Français veut intégrer  la dimension sociale et environnementale dans ses achats. Ils n’étaient que 39 % à se dire concernés en 2004 (enquête Ethicity-Greenflex).

consommation durable

Une autre enquête récente menée par Havas va dans le même sens

  • 55 % des consommateurs français déclarent avoir au cours de l’année écoulée accepté de payer plus cher pour acheter « responsable » au moins une fois ,
  • 39 % paient parfois plus cher pour des produits ou services responsables et 16 % le font souvent.

Le prix n’est plus l’obstacle infranchissable de la conso responsable

Le prix reste bien sûr une variable fondamentale dans le choix du consommateur, mais comme l’a vu la semaine passée, la course systématique au prix le plus bas et vers le low cost, n’est plus systématique. Même s’il faut reconnaître que pour le bio, le prix reste un frein.

La fin de la dictature du low cost ? le retour du prix juste

Un des respoonsables de l’étude souligne en effet que “le prix reste un marqueur important mais ce n’est plus le seul critère. La prise de conscience est réelle”

Mais il en va autrement quand il s’agit de prendre en compte les autres facteurs éthiques ou de responsabilité dans le choix d’un produit. Là, le consommateur ne veut pas de “prise de tête” et de choses compliquées. Autrement dit, en matière de RSE (responsabilité sociale et environnementale), les Français “considèrent que c’est aux marques et aux entreprises de faire le travail”. Bref, on veut bien acheter des produits responsables, mais c’est aux entreprises de nous les proposer et de nous assurer de leurs bonnes pratiques.

consommation responsable chiffresLa conso responsable exclusivement à Paris et dans les grandes villes, c’est également fini.  Les nouveaux comportements d’achat se  diffusent en région et dans les petites villes.

  • Les consommateurs issus de la région parisienne ne représentent plus que 17 % du total au lieu de 36 % en 2004 ».
  • La prise de conscience est particulièrement nette pour certains types de produits comme les oeufs et les laitages, dont les prix unitaires sont plutôt bas. Pour ces produits, « le bio représente 18 % des achats en valeur en France et 17,5 % dans les enseignes discount »,

L’achat responsable ou la recherche d’un “plus” individuel

Ce n’est pas pour faire une bonne action au bénéfice de la communauté ou pour faire le bien collectif que le consommateur achète responsable.

Avant tout, ce qui le motive ce sont des préoccupations personnelles, individuelles et la recherche d’avantages comme un produit plus sain, un meilleur goût, un produit plus agréable… Bien sûr, si cela rejoint la préoccupation de consommer local, tant mieux.

consommation-responsable

La consommation locale est d’ailleurs un des traits majeurs de cette nouvelle consommation :

Les Français et la consommation locale en 2014

Comme le montrait une étude Insee de janvier 14, la fréquence d’achats de produits locaux, en forte progression

> 80 % des consommateurs disent acheter désormais des produits locaux et parmi eux, 41 % déclarent le faire même souvent (vs 39 % qui le font parfois et 20 % rarement ou jamais).

Il s’agit surtout d’une tendance qui progresse (69 % des acheteurs de produits locaux déclare en acheter actuellement plus qu’avant) et qui devrait continuer à se renforcer (59 % disent qu’ils vont en acheter plus dans les 6 prochains mois).

> Le consommateur français accorde désormais autant d’importance au label agriculture biologique (8 %) qu’au « made in France » (7 %).

> L’origine et la proximité géographique du produit sont les critères qui les rassurent le plus. Ils citent d’abord le fait qu’il soit directement vendu par le producteur (23 %), devant l’existence de labels et d’appellations officiels (16 %).