Un cercueil compostable pour une mort écolo !

Il s’appelle Elgan Rohtke et il vit à Rotterdam sur une péniche. Développeur informatique dans une SSII hollandaise, Elgan a toujours été actif dans des associations écologistes. En 2005, il s’était fait remarquer avec la première paire de lunettes fabriquée en bois « afin de remplacer le plastique, plaie des océans ». Il fait reparler de lui avec une idée qui devrait en interpeller plus d’un : le cercueil écologique, biodégradable et compostable.

La mort coûte cher à la planète

cercueil écologique

Elgan explique qu’avec 160 000 décès chaque jour (voir ce chiffre en temps réel sur le planetoscope), les cercueils représentent un volume énorme de bois, souvent précieux, de tissus, de rivets en métal ou en cuivre, de marbre…

Les cercueils sont de plus en plus sophistiqués et soumis à des contraintes réglementaires en termes d’étanchéité, d’épaisseur,…« Sans parler des services de conservation des corps qui nous bourrent de produits toxiques, c’est un gaspillage de richesse indécent quand une grande partie de l’humanité meurt de faim », s’insurge l’écologiste hollandais.

La mode récente des cercueils high tech ou loufoques, en formes sculptées ou en matériaux variés, accentue le coût écologique de notre dernière révérence.

Un retour à mère nature … 100 % naturel

ACercueilvec cette initiative, Elgan a voulu sensibiliser le public à l’impact de l’industrie des pompes funèbres en lui proposant une alternative à ceux qui pensent, comme lui, que « se faire incinérer dans un four  et disperser des cendres n’importe où » n’est pas un progrès.  Passer dans un four à 1000° C pendant une heure et demie est pourtant un choix que font aujourd’hui 27 % des Français (ou leur famille) selon l’association française d’information funéraire (Afif).

Donc, maintenant si vous ne voulez pas que votre enveloppe finisse incinérée ou dans un cercueil, symbole de notre civilisation de gaspillage, vous pouvez commander le cercueil biodégradable d’Elgan Rohtke.

Cercueil bois

La version de base, « light Farewell » est en bois léger, comme les couverts biodégradables : un bois non précieux, labellisé, qui se dégrade rapidement et dont l’exploitation a été faite de manière contrôlée. Un cercueil léger assemblé avec des colles sans solvants et qui utilise des fibres naturelles pour son garnissage ainsi que des peintures écologiques.

Terminus : le compost  ?

Le modèle qui fera parler de lui est le modèle « Infinite Cycle ». Ce modèle est non seulement biodégradable mais il est également compostable en ce sens que le corps du défunt repose sur un fin tapis de graines bio – avec des  d’engrais bio – qui vont pousser au fur et à mesure que le cercueil « rendra à la Terre les matériaux, les molécules qu’elle nous a donnés ».

La symbolique est forte ; celle d’une mort apaisée, presque joyeuse, pour ceux qui voudront voir des fleurs pousser sur leur dépouille, en accord avec Gaïa. Gageons que les professionnels des pompes funèbres (environ 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an en France) n’apprécieront pas qu’on s’attaque à leur gagne-pain.

Cercueil biodégradableLes premières ventes du cercueil écologique sont prometteuses mais Elgan reconnaît être régulièrement interpellé par tous ceux qui ne veulent pas qu’on joue avec le grave sujet qu’est la mort.

Et vous qu’en pensez-vous ? Êtes-vous choqué ou alors sensible au message, et prêt, après trépas, à faire redémarrer la vie plus vite…sous le parterre de roses ?

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