Les villes françaises passent (enfin) au bus électrique

Rédigé par Jean-Marc Armatis, le 6 Oct 2014, à 16 h 43 min

Avec des implantations en France toujours plus nombreuses, les réseaux de bus électriques jouent un rôle primordial dans la lutte du gouvernement contre les menaces environnementales. En effet, tandis que les mesures politiques sont souvent dictées par l’immédiateté des alertes, l’électrification des bus apparaît être une solution pérenne pour contrer les atteintes à l’écologie, comme la pollution de l’air notamment.

Le bus 100 % électrique en modèle

La pollution de l’air n’est pas le problème d’un jour, que l’on arrange – ou croit arranger – puis que l’on délaisse. Aussi longtemps qu’il faudra à l’être humain respirer pour vivre, le souci d’une qualité de l’air optimum doit faire partie intégrante des engagements du politique.

D’ailleurs, les Français ne s’y trompent pas, et 42 % d’entre eux placent la pollution de l’air en tête de leurs préoccupations environnementales. Il apparaît toutefois que les mesures sont trop souvent prises en réaction de, et non pour prévenir, les atteintes à l’environnement.

 Nombre de décès prématurés en Europe dus à la pollution de l’air

La forte augmentation du taux de particules fines dans l’air – créant un couvercle ne permettant pas aux pollutions de s’échapper – en mars dernier, a par exemple été l’occasion pour le gouvernement de ressortir de son tiroir le dossier « qualité de l’air », et d’expérimenter quelques solutions alternatives comme les transports en commun gratuits ou la circulation alternée.

Mais alors qu’une nouvelle pollution aux particules fines vient de gagner Paris, les autorités déclenchant le seuil d’information et réinstaurant lesdites solutions alternatives, il convient de s’intéresser aux mesures propres à faire diminuer les pollutions qui ne peuvent, par définition, passer au travers de ces couches de particules. L’électrification des bus est de ce point de vue un exemple remarquable.

Trois villes françaises passent au bus électrique

Trois villes françaises viennent récemment de passer commande de minibus électriques afin de desservir leur centre-ville.

La municipalité de Pau, tout d’abord, testait en juin dernier les navettes électriques « Bluebus » du groupe de transport et logistique français Bolloré, en remplacement de ses véhicules à motorisation thermique actuels. Après 4 années d’atermoiements, la cité béarnaise imite enfin d’autres villes d’Aquitaine, parmi lesquelles Bordeaux, Bayonne et Toulouse, et mise sur l’écologie de ses transports publics. La ville rose vient d’ailleurs elle aussi de mettre en service une flotte de 10 bus électriques qui sillonnera son centre, là encore afin de remplacer les anciens minibus thermiques.

blue bus-bus-electrique-02

« A l’horizon 2025 l’ensemble du parc de bus sera électrique » à Paris. Le gouvernement de Québec au Canada a la même ambition : il veut que les bus soient tous électriques d’ici 20 ans et donc, que la flotte de la STM soit entièrement électrique d’ici 2025 (photo de une).

Des bus électriques à Paris : pas trop tôt !

C’est surtout à Paris, 84ème du classement sur la qualité de l’air dans les villes d’Europe (1), que la transition thermique-électrique se fait le plus attendre. A ce sujet, Pierre Mongin, PDG de la Régie autonome du transport parisien (RATP) faisant du développement durable de la mégalopole une de ses priorités, a déclaré souhaiter « qu’à l’horizon 2025 l’ensemble du parc de bus soit électrique. »

D’après M. Mongin, c’est la démarche engagée par Londres – où la RATP exploite via sa filiale RATP Dev. une grande partie du réseau des transports en commun – qui a converti son parc de bus aux technologies hybrides (motorisation Diesel-électrique). « En associant entreprises de transports et constructeurs, le prix des bus hybrides a fortement baissé au Royaume-Uni, constate-t-il. Pour l’électrique, nous pouvons entreprendre la même chose. »

Enfin des bus électriques à Paris avec le BlueBus

Et comme à Pau, c’est le groupe Bolloré qui a remporté l’appel d’offres lancé en octobre 2013 par la RATP, pour rénover et moderniser ses transports, via sa société-filiale Blue Solutions implantée à Laval. Le groupe français jouit en effet d’une grande expérience dans le domaine de l’électrification des transports en commun, ayant à son actif plusieurs contrats passés avec les villes de Tours, Rambouillet, Laval, Bayonne, Tarbes, Bordeaux et, donc, Pau, entre autres.

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Chargé de mission RSE/directeur développement durable auprès de diverses entreprises, Jean-Marc s'intéresse de près aux enjeux environnementaux sous...

12 commentaires Donnez votre avis
  1. Sinon le trolleybus c’est encore plus efficace qu’un bus à batteries …

  2. La problématique du nucléaire est plus complexe que certains le disent .
    Fessenhiem ( pardon pour l’orthographe ) appartient pour 33 % à la Suisse..et pour 33 % à l’Allemagne .
    En fermant cette centrale qui est la centrale la plus rénovées de France nous devrons interroger nos voisins clients et actionnaires ….et les dédommager….en nous endettant comme d’habitude .

  3. Bonjour .

    J’ai connu dans mon enfance des camions à ordure électriques à Paris .
    Il y avait aussi en certains endroits des trolley bus ……….mais ils ont été supprimés…………Pourquoi ne pas y revenir ???

  4. Les véhicules électriques ne font que déplacer la pollution vers les pays producteurs de lithium en asséchant leurs nappes phréatiques et en détruisant leurs terres cultivables et nourricières pour leurs bétails.
    D’autre part, les batteries sont potentiellement polluantes et l’on ne sait pas comment les recyclées !

  5. Je crois bien me souvenir que la ville de Reims possédait des bus électriques dans les années 1990.
    Toutefois, j’ai une interrogation: comment concilier diminution de la production d’électricité et augmentation des besoins de recharge d’une multitude de batteries de véhicules électriques????
    Quant à la motorisation électrique, ce n’est pas nouveau. J’ai 66 ans et quand j’étais enfant, les camions de ramassage des ordures ménagères étaient à traction électrique: marque Sovel, si mes souvenirs sont exacts!

  6. L’article parle du Quebec. Je me souviens qu’ils avaient lancé des bus à huile recyclée. Abandonné pour l’électrique ? Pourquoi ?
    On voit dans de nombreux domaines, des innovations fulgurantes, et 20, 30 ans après, on en est toujours aux bonnes vieilles méthodes.
    Pourquoi les bonnes idées sont elles abandonnées ?

  7. Déjà, ce ne sont pas des bus branchés sur des lignes électriques, comme les trams, dans certaines villes. Donc, quelques-uns, n’ont pas bien lu l’article. Mais il y a des gens qui sont tellement obsédés par le nucléaire, qu’ils en deviennent fous, dès qu’on en parle !
    Donc, ce sont des bus alimentés par des batteries ! Mais la fabrication des batteries est très polluante. Le saviez-vous ? D’autre part, un bus, ce n’est pas une Zoé, il nécessite une puissance de batteries, beaucoup plus importante ! Comme par exemple, dans une ville très accidentée. Mettons, Boulogne/Mer, où j’habite ! Il suffit, qu’un matin, il y ait de la neige, pour que toute la ville, soit bloquée, …, par les bus ! D’autre part, la nuit, ou le jour, il faudra bien recharger ces batteries, sur le secteur ! Ce qui n’est pas sans poser des frayeurs à EDF ! Imaginez, qu’un jour, toutes les voitures soient électriques, et qu’on recharge leurs batteries, toutes en même temps ? Sans doute la nuit ? A ce moment, il n’y aura plus, d’ailleurs de tarif jour et de tarif nuit ! En ce moment, EDF ne sait pas quoi faire de l’électricité, qu’elle produit la nuit ! Vous savez, qu’en France, 80% de l’électricité est d’origine nucléaire. Or, une centrale nucléaire, ne s’arrête pas comme ça, et doit donc produire, continuellement, de l’électricité, au même rythme. Jour et nuit. C’est en particulier, pour cela, que EDF, a poussé les Français, à s’équiper en chauffage électrique, qui est une véritable aberration !
    EDF est vraiment très inquiet de la voiture tout électrique, et a mis le problème, entre les mains des ingénieurs de chez Siemens !

    • Les batteries se rechargent sur le courant, donc toujours plus de nucléaire.
      On est pas prêt de se sortir de ce monstre qu’est l’énergie nucléaire, sans compter…, si un jour une de nos centrales nous fait un Tchernobyl ou autre, la France sera morte, quant aux Français tous irradiés!
      Mais ça on ne veut surtout pas y penser et encore moins en parler!!!

  8. 100% électrique c’est à dire 80% nucléaire.

    • Le débat sur l’électricité nucléaire en France est légitime, mais ce n’est pas le sujet ici. La question est de savoir comment avoir un air correct dans les zones urbaines fortement concentrées en habitants, et là, l’électricité est clairement la solution qui se dégage le mieux.

    • Encore de quoi donner de l’espérance de vie à nos bonnes vieilles centrales nucléaires !
      Bien sûr que si on est dans le sujet ! S’il faut toujours plus d’électricité tout de suite, c’est vers la “rénovation” nucléaire qu’on va aller, pas vers l’investissement en énergie renouvelable.

    • Bonjour
      Désengorger les villes des moteurs diesels les plus polluants et les remplacer par des véhicules électrique ou hybrides c’est un pas vers la dépollution
      il n’est pas contraire au développement des énergies renouvelables.
      installons des panneaux solaires sur tous les toits des immeubles et si possible des éoliennes, les centrales nucléaires pourront être mise a l’arrêt selon un plan sur 30 ans ou moins
      si certains qui se disent écolos mais n’en sont pas , arrêtais de mettre des freins a ces énergies le nucléaire n’en aurais tout au plus que pour 10 ans au grand maximum
      Patrick

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