Les scientifiques appellent les maires à réduire la consommation de viande dans les cantines

Dans une lettre ouverte, une centaine de scientifiques appellent les maires à travers le monde à limiter la quantité de viande proposée dans les cantines publiques afin de réduire les émissions de CO2 associées à sa production.

Rédigé par Anton Kunin, le 7 Oct 2019, à 12 h 30 min

Selon les scientifiques signataires, il n’est pas nécessaire que l’humanité toute entière cesse de consommer de la viande, mais une certaine modération par rapport à la consommation actuelle serait la bienvenue, et les maires pourraient très bien agir dans ce sens.

Le menu à la cantine, un enjeu climatique

On le sait déjà : la filière de la viande contribue de façon importante aux émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes à la veille de la conférence annuelle du Pacte de Milan sur la politique alimentaire et urbaine et la conférence annuelle du C40. C’est-à-dire un groupe consistant de 94 villes qui se sont engagées à oeuvrer au niveau local pour modérer le réchauffement climatique. 104 scientifiques publient une lettre ouverte appelant les maires à « réduire la surconsommation [de viande] issue de l’élevage ». Pour le faire, ils proposent une solution simple : limiter la quantité de viande proposée dans les cantines publiques.

menu cantine scolaire, sans viande

La communauté scientifique estime que limiter la viande à la cantine est nécessaire pour l’environnement mais également pour la santé. © Dvorakova Veronika.

Pour rappel, le Pacte de Milan avait été signé en 2015, peu avant l’ouverture de l’Exposition universelle dans cette ville. Il compte une centaine de maires signataires. Et notamment, en France, les maires de Marseille, Bordeaux, Grenoble, Montpellier, Paris, Rennes et Toulouse. Les signataires s’engagent à « développer des systèmes alimentaires qui soient durables, inclusifs, résilients, sûrs et diversifiés, qui fourniraient à tous une alimentation saine et accessible dans un cadre basé sur les droits de l’homme, qui minimiserait le gaspillage et conserverait la biodiversité, tout en s’adaptant et en réduisant les impacts du changement climatique ».

Menus sans viande : certaines municipalités s’y mettent déjà

Dans leur lettre ouverte, les scientifiques donnent des exemples de villes qui ont déjà franchi le pas, telles que Lille, où les écoles proposent deux fois par semaine un menu sans viande ni poisson, ou encore l’État mexicain de Veracruz, où tous les lundis, les cantines scolaires servent des repas majoritairement à base de fruits et légumes.

À Lille : un menu sans viande un jour sur deux dans les cantines.

Pour appuyer leur proposition, les signataires de la lettre ouverte (1)citent sur un certain nombre d’études. Selon l’une d’entre elles, réalisée en 2017, à l’échelle de la planète, l’agriculture est responsable de 25 à 33 % des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, l’élevage d’animaux ruminants a un impact 3 à 10 fois supérieur à l’impact de la production des autres types de denrées alimentaires, et 20 à 100 fois supérieur à l’impact de la culture de végétaux. Selon une autre étude citée par les signataires de la lettre ouverte, des 2,6 gigatonnes de CO2 émises en raison de la déforestation dans les pays tropicaux sur la période 2001-2014, 0,9 gigatonne sont attribuables à l’élevage de bovins.

Illustration bannière : Repas végétariens dans les cantines : une loi à adopter © MikeDotta / Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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