Vandana Shiva, femme courage en guerre contre les OGM et en faveur de la biodiversité

Rédigé par Eva Souto, le 28 Feb 2015, à 16 h 39 min

Ecologiste, écrivain et féministe Indienne, Vandana Shiva s’est fait un nom dans la lutte pour une semence libre en Inde. Mais elle est également porteuse d’un message fort à l’attention des femmes, dont le rôle est d’être gardiennes de la fertilité de la Terre. Portrait d’une femme engagée.

Vandana Shiva, une femme engagée

L’histoire de Vandana Shiva est peu commune. Alors qu’elle a 4 ans, son grand-père meurt suite à une grève de la faim après s’être battu pour que l’on crée une école de filles dans son village.

Une démarche insensée à une époque où la caste dominante refusait le droit de s’instruire aux femmes. Pourtant, sa demande trouvera grâce aux yeux du gouvernement, trop tard.

Vandana  Shiva

Crédit photo : Augustus Binu

Très jeune, elle s’engage pour ses convictions et défie les castes indiennes, au péril de sa vie. Dans les années 80, elle crée notamment les associations « Narmada Bachao Andolan », qui s’oppose à la création de barrages sur la rivière Narmadâ, dévastant l’écosystème et contraignant à la migration de millions de paysans et « Navdanya »(1). Les associations oeuvrent également pour la conservation de la biodiversité ainsi que pour la sauvegarde des droits des fermiers.

Ainsi, la ferme de Navdanya est devenue une banque de semences modèle, qui a permis à plus de 10 000 fermiers d’Inde, du Pakistan, du Tibet, du Népal et du Bangladesh de redécouvrir l’agriculture « organique ». La diffusion de ces semences a très probablement contribué à l’expansion de l’agriculture biologique en Inde.

Vandana Shiva : un parcours déterminant

Vandana Shiva a d’abord obtenu une licence en physique. Elle a ensuite poursuivi ses études et a obtenu un master (à l’université de Guelph), ainsi qu’un doctorat de philosophie des sciences décerné par l’Université de Western Ontario, en 1978.

Elle a également mené de nombreuses recherches dans le domaine des politiques environnementales à l’Institut Indien des Sciences.

Il est intéressant de noter ce parcours et de souligner la multiplicité des domaines étudiés par Vandana Shiva. Suite à cela, cette dernière est devenue l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial.

Vandana Shiva

Photo : Elke Wetzig (Elya)

Ses chevaux de bataille ? La promotion de l’agriculture paysanne traditionnelle et biologique, en opposition à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires. Vandana s’oppose également et au génie génique, c’est à dire au brevetage du vivant. Toujours dans la même optique de protection du vivant, Vandana s’oppose à la biopiraterie(2).

A noter que Vandana est également membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux ont débuté en mars 2009 et qu’elle dirige la « Fondation de recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles ».

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

9 commentaires Donnez votre avis
  1. Chère Eva,
    Je ne sais pas d’où vous tenez l’information suivante mais elle est fausse! « D’autres s’insurgent des tarifs jugés « exorbitants » que demanderait Vandana Shiva pour délivrer sa bonne parole. Selon l’agence de placement de conférenciers célèbres, il faudrait débourser entre 35 000 et 40 000 dollars (hors frais de voyage). »
    Je suis membre d’une petite organisation française qui a fait venir Vandana Shiva en France pour plusieurs conférences. Ils n’ont en aucun cas payé de telles sommes MAIS uniquement ses frais de transports et de logement, ce qui me semble être tout à fait juste!
    Attention à vos sources d’informations!

    • Voilà un commentaire d’une logique remarquable : « Je ne sais pas d’où vous tenez l’information suivante mais elle est fausse! »

      En fait l’information est tout à fait exacte.

      Mme Shiva est inscrite dans des agences offrant les services d’orateurs censés être des « célébrités ». Mme Shiva est donc une « célébrité », une « World-Renowned Environmental Leader » :

      …://www.apbspeakers.com/speaker/vandana-shiva
      …://eviltwinbooking.org/speakers/dr-vandana-shiva/

      Quelqu’un s’est enquis de la disponibilité de Mme Shiva comme oratrice, ce qui a entraîné la révélation de ses honoraires. Une reproduction du courriel de réponse ici :

      …s://twitter.com/aegrw/status/525382271982133248

      Et si vous voulez en savoir plus sur les mauvaises manières de la dame, un commentaire sur :

      ….revistadelibros.com/articulos/el-mito-vandana-shiva

  2. Janrie: vous n’êtes pas très gentille vis à vis de la revue Nature ( datée Mai 2013 pour que vous puissiez retrouver cette étude) et du Premier Ministre Indien qui sont 2 sources d’information crédibles pour parler des suicides des agriculteurs indiens. J’ai aussi de nombreuses informations qui me sont communiquées par des scientifiques indiens avec qui je suis en relation et qui ne partagent pas du tout le point de vue de Vendana Shiva sur l’origine des suicides des agriculteurs en Inde. Je peux aussi vous faire parvenir une courbe démontrant que si la population augmente fortement en Inde, le nombre de suicides est en baisse depuis 5 ans.Ce sont des faits que vous pouvez vérifier vous même.

    • « …entre 1995 et 2012, quelques 291 000 suicides ont été constatés chez les fermiers indiens » ?

      Le cotonnier Bt n’a été introduit (officiellement) qu’en 2002. Il ne saurait être responsable des suicides qui ont eu lieu avant cette date. Il a dépassé la barre des 60 % de taux d’adoption en 2007… difficile de lui attribuer, les yeux fermés, l’intégralité des suicides des personnes engagées dans l’agriculture.

      On trouvera un graphique ici :

      ….://www.nature.com/news/case-studies-a-hard-look-at-gm-crops-1.12907

      Le nombre de suicides d’agriculteurs – sur l’ensemble de l’Inde, États cotonniers et non cotonniers confondus – est resté à peu près constant, entre 15.000 et 20.000 par an, entre 1997 et 2007. Le graphique peut même être lu comme indiquant une diminution avec l’introduction du cotonnier Bt…

      On trouvera des graphiques par États cotonniers ici :

      ….://www.ifpri.org/sites/default/files/publications/ifpridp00808.pdf

      L’image est contrastée, avec des diminutions importantes dans le Karnataka et Madhya Pradesh, une stabilité dans d’autres États, et une augmentation pour l’Andhra Pradesh (pour laquelle les auteurs disent ne pas pouvoir exclure un lien).

      Ces graphiques ont été établis à partir des statistiques du NCRB, qui sont très bien faites et très détaillées (ce qui ne signifie pas pour autant qu’elles sont fiables).

      Il est à relever que le taux de suicides pour 100.000 habitants était de l’ordre de 1,4 à 1,7 chez les agriculteurs entre 1997 et 2005 contre 10 à 11 dans la population générale.

      On a là divers éléments qui démontrent l’extraordinaire mauvaise foi de Mme Shiva (désolé pour ses adeptes , l’expression est manifestement trop faible. Et, il faut le souligner aussi, l’extraordinaire carence déontologique des perroquets médiatiques.

      Les suicides diminuent dans les milieux agricoles. Les derniers chiffres globaux sont bien en-deçà de ce que l’on a connu : 13.754 en 2012, et 11.772 en 2013. Dans l’Andra Pradesh, pour lequel on pouvait avoir des doutes, il y avait eu 2607 suicides en 2006 ; le chiffre est tombé à 2014 en 2013.

      Mme Shiva ne se remet jamais en cause. Et comme elle sait qu’elle ment, elle trouve l’astuce d’un chiffre cumulatif qu’on ne peut vérifier qu’au prix d’une recherche fastidieuse. L’auteur du billet ci-dessus avance 291.000 ? Dans sa réponse à l’article paru dans Nature, Mme Shiva annonce 284.694, chiffre mis à jour à 2012, mais sans préciser le point d’origine…

      .

      Mais il y a pire : Mme Shiva met les suicides des agriculteurs au service de toutes ses diatribes.

      Mme Shiva Elle est contre les OGM… les suicides, c’est la faute aux OGM. Alors même qu’il y a des suicides partout en Inde, également dans les zones non cotonnières, et dans toutes les couches de la population [4]. Et que le cotonnier Bt – la seule PGM autorisée en Inde, l’aubergine Bt n’ayant pas pu franchir l’obstacle grâce à un autre activisme pathogène, auquel a contribué un certain Gilles-Éric Séralini ayant oeuvré pour Greenpeace [5] – a largement amélioré le sort de ceux qui le cultivent.

      Mme Shiva est contre Monsanto… les suicides, c’est la faute de Monsanto.

      Mme Shiva est contre les brevets… les suicides, c’est la faute aux brevets. Alors même que l’Inde exclut de la brevetabilité les plantes ainsi que les procédés essentiellement biologiques de production ou de multiplication de plantes.

      Mme Shiva est contre la protection des obtentions végétales… les suicides, c’est la faute des droits d’obtenteur. Alors même que, lorsqu’elle avait lancé sa diatribe, la loi n’était pas encore en vigueur.

      Mme Shiva est contre une loi sur les semences que le gouvernement envisageait de faire adopter… cette loi allait provoquer des suicides.

      Mme Shiva est contre l’insertion de l’Inde dans l’économie mondiale (et les règles de l’OMC sur le commerce)… suicides, suicides, suicides.

  3. Bon article qui, après avoir fait dans l’idolâtrie béate s’attaque au côté peu reluisant de la dame.

    Cette dame n’est une icône que pour la bien-pensance qui, précisément, ne pense pas. Ses discours sont souvent creux et convenus. Comme pour beaucoup d’activistes, les causes initiales – (présumées) généreuses se sont transformées avec le temps en fond de commerce qu’il faut préserver et si possible développer.

    J’ai eu l’occasion de suivre d’un peu plus près ses débuts dans le domaine des semences, des ressources génétiques, des OGM, de la propriété intellectuelle. Le constat est implacable : cette dame est, soit une fabrication, notamment de Pat Mooney, soit une suceuse de roues.

    Mais elle a fait son chemin vers les spots des projecteurs… Ce qui lui permet de raconter n’importe quoi avec le bénéfice de la bienveillance d’un public et d’un lectorat acquis.

    Y compris des monstruosités comme de comparer la culture d’OGMs au viol des femmes.

    .

    Mais prenons deux points du billet :

    .

    « Selon Vandana, aujourd’hui, 95 % de la semence de coton en Inde est génétiquement modifiée par la firme. »

    Mme Shiva ne s’est jamais interrogée – sauf à proposer des théories complotistes – sur la raison pour laquelle les cotonculteurs indiens utilisent quasi-exclusivement des semences GM.

    D’autre part, il n’y a pas que (Mahyco-)Monsanto sur le marché indien. Les premières semences Bt ont été illégales, produites et vendues – avec un très grand succès – à partir de 1998 par la firme Navbharat Seeds dans le Gujarat. Et il n’y a pas que les « événements de transformation » de Monsanto. L’un, en particulier, est d’origine indienne. Il a été développé par la firme JK Agri-Genetics, Ltd en collaboration avec un institut de recherche public. L’autre est d’origine chinoise et a été introduit par Nath Seeds.

    Évidemment, ce genre de fait n’a pas sa place dans un narratif fondé sur l’anticapitalisme et – en Inde – le nationalisme. Il est donc systématiquement occulté par la dame (et beaucoup d’autres).

    En fait, pas toujours ! Il lui arrive d’attribuer ces semences illégales à… Monsanto !

    .

    « Le prix de la graine a ainsi augmenté de 70 000 % ».

    Vous avez bien lu : ce qui, avant, coûtait 1 rand coûte maintenant 700 rand. Crédible ?

    Ça, là, c’est le fruit d’une altercation par médias interposés avec Michael Specter, du New Yorker. Avant, elle se contentait d’avancer 8000 % (voir ://vandanashiva.com/?p=105).

    Il est difficile de savoir d’où elle sort ses chiffres.

    Mais en voici d’autres. En 2004 – le cotonnier Bt occupait alors près de 5 % de la surface – le paquet de semences GM de 450 grammes était vendu entre 1650 et 1800 Rs. Les semences hybrides non Bt – alors près de 65 % de la surface – coûtaient 350 Rs, et les semences traditionnelles (non hybrides) moins de 100 Rs. Ce sont des chiffres de prix cités par indiagminfo, un site anti-OGM… peu suspect de complaisance envers la firme que la dame aime haïr.

    On peut trouver d’autres chiffres en cherchant bien. Difficile de se faire une idée précise, ne serait-ce que parce que la situation en Inde est très diverse. En tout cas, le 8000 % est déjà largement exagéré. Quant aux 70.000… Mais ne dit-elle pas qu’elle n’est pas « prédisposée à l’hyperbole » ?

    Juste un autre petit détail qui fait mal : en 2004, on utilisait 1,42 kg de semences hybrides d’origine privée par hectare, 2,66 kg pour les hybrides du secteur public et…  9 kilos pour les variétés traditionnelles.

    Et juste deux autres petits détails, puisque la dame affirme péremptoirement que « les brevets de Monsanto empêchent les gens pauvres de garder des semences » : il n’y a pas de brevets de Monsanto en Inde portant, directement ou indirectement, sur les semences de cotonnier. Et ça fait longtemps que la grande majorité des cotonculteurs indiens achètent leurs semences tous les ans.

    Cela illustre bien la phénoménale capacité de cette dame de mentir.

  4. J’ai rencontré cette femme extraordinaire en 2001…ce qu’elle fait pour son pays est exemplaire ….mais le Bien Naître l’emportera toujours sur le Bien Etre …et les lanceurs d’alertes sont parfois encensés ….mais rarement écoutés….il suffit de lire le commentaire ci dessus…qui met en exergue le mal que pourrait faire cette femme fondamentalement bonne ….toujours le pot de Terre contre le pot d’enfer ! Paysan bio sur le champ de bataille de la Somme , j’ai mal à ma terre …et Terre de liens s’en fout ….plein les poches ! Ah si j’osais …Allez Vandana….merci pour tes bio-divertissementS ,Jean Luc Poulain se gosse d’avoir clôturé un SIA de l’agriculture ou se sont pressés 691000 visiteurs …..3 fois plus que ce qu’il RESTE DE PAYSANS….made in FERME FRANCE…VOILÀ LE MÉRITE AGRICOLE à la française….sans caste et sans reproche….je me Meurs ,comme disait Coluche en inaugurant le premier Resto du Cœur !

    • MERCI pour ce commentaire « billet d’humeur » Galloo Bruno! Bien vu, bien dit !

  5. Vandana Shiva est en effet une personne très contestée et très contestable. Ses objectifs sont sympathiques et généreux mais sa vision de l’agriculture est trop centrée sur l’Inde et difficilement extrapolable aux autres pays agricoles d’Amérique du nord , du sud, d’Europe, voire d’Afrique….De plus ses arguments sont souvent démagogiques comme d’invoquer les suicides en Inde qui viendraient de l’achat trop couteux des OGM. D’une part les suicides d’agriculteurs en Inde ( Il y a des suicides d’agriculteurs dans tous les pays) ne proviennent pas de l’achat des semences comme le démontre très bien une étude parue dans la revue renommée « Nature ». D’autre part alors que les achats d’OGM en Inde sont en croissance régulière, le nombre de suisides en Inde reste au même niveau depuis plus de 10 ans. Les problèmes des agriculteurs indiens viennent qui s’endettent non aupres d’une banque ( Pas de crédit agricole en Inde) mais, selon le premier Ministre Indien, aupres de particuliers usuriers, donc à des taux exhorbitants.

    • renseignez vous avant de répandre autant d’âneries (inconcevable la bêtise des anti humanitaires)mr gilouc

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