Gironde : la création d’une ferme à saumons fait polémique
A-t-on vraiment besoin de produire du saumon d’élevage en France ? Le projet de Port Médoc cristallise les mécontentements.

À Verdon-sur-Mer, les militants écologistes sont vent debout contre l’implantation d’un site visant à produire 10 000 tonnes de saumons par an.
Produire 40 tonnes de saumon par jour
Il est censé permettre demain de produire 10.000 tonnes de saumons par an dans des bassins à terre, à l’extrêmité de l’estuaire de la Gironde. Si la mairie y est favorable, les associations écologistes s’y opposent. En effet, afin de pouvoir produire 40 tonnes de saumon par jour, l’entreprise devra capter 6.500 mètres cubes d’eau dans la nappe phréatique par jour.
Si l’entreprise Pure Salmon affirme que le projet et ses bassins géants n’aura pas d’impact sur les nappes phréatiques, et devrait créer 250 emplois locaux, l’enquête publique aura permis aux opposants de dénoncer les risques pour l’environnement, un non-sens écologique à leurs yeux.
Un saumon importé à 99,8 %
« Usine à saumons dans le Médoc, stop à l’enfumage”, protestaient les manifestants ces derniers jours. Ce modèle d’élevage intensif pose question, même si l’entreprise entend rassurer sur sa capacité de traitement des eaux usées. Et ce alors que les consommateurs français consomment environ 300000 tonnes de saumon par an. Mais est-ce bien raisonnable ?
En effet, la France n’en produit à l’heure actuelle qu’environ 300 tonnes par an. Ainsi, 99,8 % de la consommation française de saumon est importée à l’heure actuelle, depuis l’Écosse, la Norvège voire le Chili. Si le projet de cette usine à saumon d’élevage finit par être validé par les autorités, le chantier pourrait débuter dès cette année, pour une mise en service du site en 2029.
Saumon d’élevage : quels impacts environnementaux ?
Souvent présenté comme une alternative à la surpêche, le saumon d’élevage soulève pourtant de nombreuses questions environnementales.
D’abord, il s’agit d’un élevage intensif : qu’il soit pratiqué en mer ou à terre, il concentre un grand nombre de poissons dans des espaces réduits, favorisant maladies et parasites. Cela conduit fréquemment à l’usage de traitements chimiques ou médicamenteux, avec des risques de rejets dans l’environnement.
Autre point clé : la consommation de ressources. Le saumon est un poisson carnivore, nourri à partir de farines et d’huiles issues de poissons sauvages. Résultat : plusieurs kilos de poissons pêchés sont nécessaires pour produire un kilo de saumon d’élevage, ce qui maintient une forte pression sur les écosystèmes marins.
Dans le cas des élevages à terre, souvent présentés comme plus « propres », les enjeux se déplacent : pompages massifs d’eau, consommation énergétique élevée pour filtrer, oxygéner et refroidir les bassins, et gestion complexe des effluents riches en azote et en phosphore, susceptibles de polluer les milieux naturels.
Enfin, le bilan climatique n’est pas neutre. Entre l’alimentation importée, l’énergie nécessaire aux installations et le transport du produit fini, le saumon d’élevage affiche une empreinte carbone significative, surtout lorsqu’il alimente une consommation de masse.
Si l’élevage de saumon limite la pression directe sur les stocks sauvages, il pose d’autres défis environnementaux majeurs, qui interrogent la durabilité de ce modèle à grande échelle.
Lire aussi
A lire absolument


























