Tourisme spatial : quand les ultra-riches polluent pour voir les étoiles

Le tourisme spatial, une activité réservée à une poignée d’ultra-riches, mais dont les importantes pollutions impacteront l’ensemble de la population mondiale.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 8 Jul 2021, à 10 h 25 min
Tourisme spatial : quand les ultra-riches polluent pour voir les étoiles
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Deux milliardaires, Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, et Richard Branson, font la course à celui qui, le premier, aura la tête dans les étoiles. Les deux ont financé des projets visant à lancer l’ère du tourisme spatial, et les premiers vols habités et commerciaux sont prévus en juillet 2021. Ceux qui resteront en bas, eux, subiront surtout les conséquences de la pollution de cette énième extravagance de milliardaires.

Des vols de quelques minutes dans l’espace à prix exorbitant

Si, pour l’instant, aucun des deux milliardaires ne finira en orbite, le prix pour un billet dans la capsule New Shepard de Blue Origin, l’entreprise de Jeff Bezos, ou pour une place dans SpaceShip Two de Virgin Galactic, fondée par Richard Branson, est, lui, exorbitant.
Blue Origin a vendu le tout premier ticket pour 28 millions de dollars… et si on s’attend à une forte baisse du prix, le coût d’un voyage devrait être de plusieurs centaines de milliers de dollars (200.0000 pour le premier, 250.000 pour le deuxième). Le tout pour seulement quelques minutes.

Un loisir d’ultra-riche, donc, puisque ça représente plus de 10 ans de Smic, qui pose un autre problème : celui de l’environnement.
Car si aller dans l’espace, que ce soit sur la Station Spatiale Internationale (ISS) ou « simplement » mettre un satellite en orbite, pollue, reste que derrière, il y a un objectif scientifique (a priori) majeur…
Dans le cas du tourisme spatial, il n’y a aucun autre intérêt que le loisir.

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Les premiers vols habités et commerciaux sont prévus en juillet 2021 © Mike_shots

Lire aussi : Droit de polluer l’espace pour les jeunes mariés japonais ?

Des vols ultra-polluants pour le plaisir d’une poignée d’élus

Les critiques sur cette nouvelle manière de faire du tourisme ne manquent pas, avant même que les premiers vols, attendus les 11 et 20 juillet 2021, n’aient lieu.

Car selon plusieurs chercheurs ayant publié un article dans The Conversation, un seul vol de Virgin Galactic produirait 27,2 tonnes de CO2. « À raison de 6 passagers par vol, cela fait 4,5 tonnes de CO2 par passager. Cela équivaut à faire le tour de la Terre, seul dans une voiture moyenne », écrivent les chercheurs.

En comparaison, les scientifiques soulignent que pour respecter les engagements de l’accord de Paris, une personne ne devrait produire que moins de 2 tonnes de CO2… par an !

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Le tourisme spatial est en train de devenir une réalité © Alones

Lire aussi sur la pollution spatiale : Bientôt un mini-satellite nommé ‘RemoveDebris’ pour ramasser les déchets de l’espace

Et le CO2 n’est pas la seule pollution qui est crainte : dans l’article, publié le 24 septembre 2020, on apprend qu’un seul vol de SpaceShip Two produirait 600 tonnes de suies, soit l’équivalent de ce que produit l’ensemble de l’aviation civile mondiale en un mois…
Des suies qui, de plus, resteraient plus longtemps dans l’atmosphère car émises bien au-dessus de 10 kilomètres d’altitude (entre 30 et 50 km).

600 personnes provenant de 58 pays attendent déjà patiemment leur tour de fusée, selon le National Geographic !

Illustration bannière : Faire des photos sur la lune ! À quel prix ?- © DanieleGay
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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ecoeurant toutes ces personnes qui vomissent leur égo, riches ou pas

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