En Corse, le tourisme menace les balbuzards et la réserve de Scandola

Les balbuzards pêcheurs ne sont pas très connus sur le continent et pour cause : ces rapaces qui nichent en haut des falaises, se reproduisent peu. Et leur seul coin de tranquillité, dans la réserve de Scandola en Corse, est assailli par les touristes.

Rédigé par Maylis Choné, le 20 Dec 2018, à 10 h 25 min
En Corse, le tourisme menace les balbuzards et la réserve de Scandola
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C’est la première fois que l’Unesco met en garde la Corse : si les conditions ne sont pas réunies pour mieux préserver les balbuzards du tourisme, la réserve de Scandola pourrait perdre son titre de « patrimoine mondial de l’Unesco ».

Les balbuzards menacés au sein même de la réserve de Scandola

L’Unesco avait élevé au rang de patrimoine mondial la réserve de Scandola, écrin de verdure en Corse, riche en biodiversité et en espèces rares. Parmi celles-ci, le balbuzard pêcheur, un rapace migrateur qui niche sur le haut des falaises. Mais voilà, depuis quelques années, le nombre de couples et par conséquent, celui des oisillons, ne cesse de décliner.

Le balbuzard pêcheur en pleine action © Dennis Jacobsen

Le plus malheureux, c’est que cette population semblait parfaitement heureuse sur cette pointe de l’Île de Beauté : entre 1974 et 1990, le nombre de couples était passé de deux à huit. Mais à cause du développement massif du tourisme et des va-et-vient permanents des bateaux, les oiseaux ne s’y sentent plus en sécurité.

Changer les habitudes des touristes

Plusieurs problèmes sont pointés du doigt par une étude parue le 17 décembre 2018 dans la revue Animal Conservation menée par des chercheurs du CNRS(1). Le premier, c’est le bruit produit par le balai permanent des bateaux à 150 mètres des falaises. Le second, ce sont les poissons, nourriture principale des balbuzards qui pêchent en surface : toujours à cause des moteurs, ils fuient en eaux profondes.

La réserve de Scandola, un paradis menacé © knik

Les conséquences ne sont pas difficiles à comprendre : les mâles peinent à rapporter suffisamment de proies pour nourrir les petits ; les femelles, qui devraient rester près des oisillons, quittent le nid pour observer leurs prédateurs de plus loin et les petits, dont les taux de corticostérone (hormone du stress) grimpent, grandissent moins bien et prennent moins leur envol. Reste à la Corse de mieux réguler son tourisme pour le faire devenir plus vert.

Illustration bannière : Balbuzard pêcheur – © davidhoffmann photography
Références :
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