Ces substances que nous cachent… les protections intimes

Une femme utilise plus de 10.000 serviettes hygiéniques, tampons et protège-slips au cours de sa vie. Mais savons-nous de quoi sont vraiment composées les protections intimes vendues dans le commerce ?

Rédigé par Elodie, le 20 Jul 2018, à 17 h 00 min

13 fois par an et 520 fois dans sa vie, les femmes voient le signe explicite que leur corps est prêt pour accueillir la vie : la muqueuse utérine se renouvelle et le sang menstruel fait son apparition. Depuis l’Antiquité, les femmes ont dû trouver le moyen de poursuivre leurs activités, même pendant la période des lunes. Les Égyptiennes utilisaient des bandes ouatées, les Romaines de la laine, les Japonaises du papier, et nos grands-mères des protections en chanvre pliées. Les serviettes hygiéniques jetables apparaissent au début du XXe siècle, les tampons dans les années 30.

La révolution des serviettes hygiéniques

Les progrès ne cessent dès lors de faire croître le marché : serviettes auto-adhésives, publicité, parfums… Sacré dans certaines civilisations, ce sang est aujourd’hui mal considéré en Europe où il est récupéré dans du plastique et jeté avec mépris. Summum du dédain qu’il inspire : on trouve dans les tampons et serviettes hygiéniques des résidus de nombreux produits toxiques, sans aucune mise en garde.

protections intimes

Protections féminines © matka_Wariatka

Des produits toxiques au plus près de l’intimité

La course à la matière la plus absorbante a obligé les fabricants à sophistiquer toujours plus leurs produits.

Certaines serviettes contiennent des gels dits « super-absorbants ». Il s’agit de cristaux de polyacrylate de sodium (ceux-là mêmes présents dans les couches ou les lingettes pour bébés), un polymère absorbant qui devient gel une fois humide et peut absorber jusqu’à 800 fois son poids en eau – on le trouve aussi dans les petits sachets blancs qui absorbent l’humidité.

Les tampons sont composés d’un mélange de coton (cultivé à grand renfort de pesticides toxiques) et de viscose (ou rayonne en anglais), une matière artificielle très absorbante, obtenue à partir de la pâte de cellulose des arbres.

De nos jours, les ingrédients toxiques contenus dans les tampons et les serviettes jetables incluent de l’aluminium, des alcools, des additifs de parfum (particulièrement irritants) et des hydrocarbures, sans oublier les pesticides. Pire encore, certains procédés de blanchiment des tampons laissent des résidus de dioxine.

La paroi vaginale étant très absorbante, les substances chimiques qui composent ces produits jetables n’ont alors aucune difficulté à pénétrer l’organisme. Le problème est que le corps ne sait pas s’en débarrasser et qu’il accumule au fil du temps, toutes ces toxines dangereuses pour la santé.

Une étude de l’ANSES visant à étudier la composition des produits intimes et à définir si leur utilisation régulière pouvait présenter un danger pour la santé et publiée le 19 juillet 2018, n’a mis aucun dépassement des seuils sanitaires en évidence, mais révèle qu’ « un certain nombre de substances trouvées dans les protections intimes sont des perturbateurs endocriniens suspectés (Lilial®, HAP, DnOP, lindane, hexachlorobenzène, quintozène, dioxines et furanes) ». Elle a également relevé d’autres substances considérées comme des sensibilisants cutanés connus ou suspectés (pouvant provoquer des réactions allergiques)(1).

Dans les protections externes, l’ANSES a prouvé la présence de :

  • du butylphénylméthylpropional ou BMHCA (Lilial®) : parfum de synthèse allergène et  perturbateur endocrinien probable
  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérogènes et perturbateurs du système immunitaire
  • des pesticides (dont le glyphosate, le lindane, l’hexachlorobenzène, le quintozène et le phtalate de di-n-octyl (DnOP)
Dans les tampons se retrouvent également :
  • dioxines
  • furanes
  • DnOP
 « Suite à la découverte dans certains produits potentiellement toxiques de  pesticides dont l’utilisation est interdite en Europe, tels que le lindane, l’hexachlorobenzène ou le quintozène ou de pesticides autorisés en Europe (glyphosate) ou encore de dioxines/furanes ou d’HAP pouvant venir des matières premières utilisées, l’Agence recommande une amélioration de la qualité des composants principaux des produits d’hygiène féminine ».

Lire page suivante : tampons et serviettes, le cas de la dioxine

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Elodie est naturopathe... inutile de préciser qu'elle partage bien des valeurs mises en valeur ici ! En tant qu'éducatrice de santé, elle est convaincue que...

76 commentaires Donnez votre avis
  1. on nous donne vraiment nimportequoi dans ce monde, c’est à cause de toute ses petites choses que nous avons de plus en plus de problème.(maladies, infections, etc)tout ce que l’on touche ou ce que nous mangeons est toxique . si j’avais les gens qui fabrique autant de merde en face de moi je les fume , bande de salopard

Moi aussi je donne mon avis