En solidarité avec les agriculteurs, des communes rurales « se mettent en vente »

Pour protester contre le remaniement de la carte des « zones défavorisées », où les agriculteurs touchent une compensation financière pour la pauvreté des terres, une quinzaine de communes s’est symboliquement « mise en vente » sur Leboncoin.fr

Rédigé par Anton Kunin, le 19 Feb 2018, à 11 h 30 min

Au 1er janvier 2019, 5.000 communes rurales se verront privées d’une aide publique spécifique aux zones où la pauvreté des terres ne permet pas une agriculture normale. Estimant que l’arrêt de cette aide va littéralement tuer leur commune, une quinzaine de maires ont déclaré « mettre leur commune en vente ».

Le nombre de communes bénéficiaires de l’aide augmentera de 13 %, mais 5.000 en sortiront

Fanjeaux, Orsans, Saint-Amans, Laurac, Ribouisse, Generville, Villautou Fanjeaux, Lacassaigne… et la liste continue ! Dans le Loiret, les Deux-Sèvres, l’Aveyron, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, mais aussi l’Aude, les maires font savoir leur inquiétude face au prochain remaniement du dispositif qui leur ouvre le droit au versement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN). Les agriculteurs de 52.500 communes en bénéficient actuellement et ce, depuis 1976.

© HUANG Zheng

Mais le gouvernement entend bien redessiner cette carte, afin qu’elle soit conforme aux exigences de la Commission européenne. À compter de 2019, 10.000 nouvelles communes devraient rejoindre le dispositif, les agriculteurs peuvent s’en féliciter. En revanche, 5.000 communes le quitteront. C’est cette nouvelle qui suscite le désespoir chez les agriculteurs et les maires des communes touchées. Résultat : depuis quelques jours, fleurissent sur Le Bon Coin des annonces de « mise en vente » de ces communes. Par ce geste désespéré, les maires espèrent faire entendre leur voix à Paris.

Communes sortantes de l’ICHN : l’étendue des mesures compensatoires n’est pas connue

Le nouveau périmètre des aides aux agriculteurs n’est pas encore connu. La nouvelle carte sera dévoilée par le gouvernement d’Édouard Philippe après validation par la Commission européenne, début mars 2018. D’ores et déjà, lors de ses voeux au monde agricole en janvier 2018, Emmanuel Macron a promis des mesures d’accompagnement pour les communes « sortantes ». Cependant, leur montant n’est pas connu, et leur durée est de toute façon limitée à deux ans.

Dans leurs petites annonces sur Le Bon Coin, les maires se disent preneurs uniquement d’« offres sérieuses ». Le maire de Cazalrenoux « propose à la vente » « des éleveurs d’ovins et bovins, une espèce en voie de disparition mais non protégée », un « éleveur de porc tout autant menacé », « des agriculteurs, a priori, considérés comme nuisibles ». La personne à contacter ? Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture en personne !

Illustration bannière : Le maire de Cazalrenoux « propose à la vente » « des éleveurs d’ovins et bovins, une espèce en voie de disparition mais non protégée » ©  tomasworks
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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