Les smartphones en cause dans la mortalité des insectes

Selon une ONG allemande, les réseaux sans fil sont nocifs pour les insectes au niveau de la reproduction et de l’orientation.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 18 Sep 2020, à 10 h 15 min

Alors que la France se préparer à autoriser à nouveau les pesticides néonicotinoïdes, reconnus comme étant dangereux pour les abeilles (et autres pollinisateurs) et interdits en 2018 par le gouvernement pour cette raison, une ONG allemande a analysé la littérature sur l’impact des ondes des téléphones portables sur les insectes. Mauvaise nouvelle : les ondes qu’ils émettent seraient dangereuses pour ces petites bêtes.

Le rayonnement des téléphones portables perturbe les insectes

L’étude, publiée jeudi 17 septembre 2020 par l’ONG allemande pour la conservation de la nature (NABU) en collaboration avec deux autres ONG allemandes et une ONG basée au Luxembourg, a analysé près de 190 études différentes portant sur le sujet.

La conclusion est malheureusement que les ondes émises par les smartphones seraient problématiques pour les abeilles, les guêpes ou encore les mouches. C’est en tout cas le résultat de près de 6 études sur le sujet sur 10 analysées dans le cadre de cette méta-analyse(1).

Les portables pourraient jouer un rôle dans la mortalité des insectes, selon une étude allemande © Daniel Prudek

Les effets néfastes sur les insectes, parmi lesquels des pollinisateurs, sont dus à l’ouverture des canaux calciques des cellules qui entraîne une importante introduction d’ions calcium dans l’organisme. Ils sont variés : certains sont désorientés à cause des changements dans les champs magnétiques qu’ils utilisent pour se repérer, d’autres auraient même vu une dégradation du matériel génétique des larves.
Résultat : la reproduction des insectes est perturbée… ce qui en réduit le nombre sur le long terme. 

Or, la disparition des insectes, surtout ceux qui pollinisent, est un enjeu majeur pour la survie de l’espèce humaine. On constate aussi une altération du sens de l’orientation, la perturbation du rythme jour-nuit et une mauvaise activation du système immunitaire.

Lire aussi : Sans les abeilles : les aliments voués à disparaître

Qu’en sera-t-il de la 5G, la nouvelle génération de réseaux mobiles ?

L’étude qui conclut que les rayonnements électromagnétiques liés aux technologies sans fil (le Wifi est également étudié) ont « probablement une influence sur le monde des insectes », pourrait relancer le débat sur la 5G.
Déjà en mai 2019, l’organisation suisse de protection de la nature Pro Natura alertait sur les dangers que ferait courir la 5G sur les insectes(2). En effet, contrairement aux ondes 4G, dont les fréquences n’excèdent pas 6 GHz, la 5G peut monter jusqu’à 120 GHz. Or selon cette étude, les fréquences à partir de 10 GHz sont absorbées par les antennes peuvent faire augmenter la température corporelle des insectes : ils développent alors une sorte de fièvre qui affecte leur comportement, leur physiologie et leur morphologie.

Si le 15 septembre 2020 le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), le conseil général de l’économie (CGE), l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’inspection générale des finances (IGF) ont rendu à Emmanuel Macron un rapport certifiant que la 5G ne présente aucun risque pour la santé, ce qui a sans doute motivé le Président à maintenir sa position favorable à ce nouveau type de réseau, en France aucune étude n’a été réalisée sur les effets négatifs pour les insectes.

La 5G un danger potentiel pour les insectes… Quid des humains ? © Monika Wisniewska

La nouvelle génération de réseaux mobiles, qui sera déployée en France à partir de la fin de l’année 2020, va certainement encore continuer de cristalliser les tensions entre le gouvernement et les citoyens.

Illustration bannière : Les smartphones joueraient un rôle dans la mortalité des insectes © Roman Zaiets
Références :
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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Il faut transmettre ces études à l’Union européenne

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